warm bodies

Écrit par l’auteur américain Isaac Marion – Publication en France : 21 octobre 2011

Warm Bodies, précédemment publié sous le titre Vivant, raconte l’histoire de R, un zombie qui mène un combat acharné pour conserver une part d’humanité.

R vit dans un aéroport désaffecté, à l’extérieur de la ville, avec une multitude de ses semblables : les « Charnus ». Ils cohabitent avec les « Osseux », des zombies au stade ultime de leur décomposition.

Un jour, alors qu’un petit groupe de Charnus se réunit pour aller chasser en ville, R fait la rencontre de Julie.

Faisant partie de sa propre petite expédition avec son petit copain Perry, son amie Nora et quelques autres humains, le groupe se verra décimé par l’arrivée des Zombies. R dévorera alors le cerveau de Perry ce qui lui permettra d’avoir accès à tous ses souvenirs. Ainsi il reconnaîtra Julie et la sauvera en dépit de son envie de la dévorer elle-aussi.

Si au début la jeune fille est apeurée et réticente aux marques d’affections du zombie, elle lui accordera vite sa confiance et son amour.

De cette union et grâce à la complicité de son amie Nora, R et Julie seront à la tête d’un mouvement capable d’éradiquer l’épidémie et de rendre aux zombies leur humanité. Ceci sans compter sur l’appui du père de la jeune femme et des Osseux.

Une guerre éclatera alors et, malgré la fatalité de la maladie, la haine des humains et la colère des Osseux, R et Julie s’uniront pour leur deux mondes.

R, zombie des temps modernes

En effet notre personnage n’est pas comparable aux zombies de la littérature classique. Fini les clichés sur des créatures dépourvus d’une bel apparence, de pensées, d’émotions… Ici le zombie est le héros du roman, probablement trentenaire et ancien homme d’affaire au vue de ses vêtements, il fait craquer les filles malgré une apparence toujours un peu repoussante et il pense ! On a enfin un point de vue intra-monstre qui ne manque pas d’entraîner des scènes un peu cocasses et qui fait de ce roman davantage une comédie qu’un drame sentimental !

Outre ses propres pensées, R a aussi l’occasion d’avoir accès aux souvenirs des personnes qu’il massacre grâce à leur cerveau. En le dévorant il se connecte à sa victime, c’est pour cette raison que c’est la partie du corps qu’il préfère. De cette manière il a l’impression de pouvoir encore vivre et rêver. Malgré l’horreur de l’acte, c’est quelque chose qui le rend attachant pour le lecteur.

R est également un zombie émotif et sentimental qui aime la solitude et qui prend plaisir à écouter des artistes tels que Sinatra.

C’est un personnage atypique qui pour certains, dénature complètement le genre, personnellement je trouve qu’il le révolutionne.

Julie Grigio, un espoir pour tous

Belle, blonde, aventurière et optimiste. Il n’en fallait pas plus pour faire chavirer le cœur d’un zombie !

Si au début notre héroïne a choisi son camps ce ne sera pas le cas très longtemps. Julie est en effet une Vivante, fille du Général Grigio, qui vit dans une ville reconstruite et fortifiée. A l’opposé de son père, elle est rêveuse et croit encore en des jours meilleurs. Elle aime boire, la bonne musique, les citations pleines de bon sens qu’elle écrit sur les murs colorés de sa chambre et les avions qui symbolisent pour elle la liberté…

C’est aussi la petite amie de Perry Kelvin et meilleure amie de Nora Greene. Elle s’inscrira sur la liste des volontaires pour une expédition menée par son amoureux en dehors de la ville. Alors que bon nombre de ses camarades seront tués par un groupe de zombies, elle sera secourue par R. Celui-ci l’emmènera alors à l’aéroport et la cachera dans son habitacle : un boeing 747.

De là, elle exercera un pouvoir sur lui, l’amour, qui le guérira petit à petit.

Elle sera à l’origine d’une incroyable métamorphose chez les zombies qui seront de plus en plus nombreux à être sensible à son pouvoir attractif et à adhérer à sa cause à elle et à R.

Des personnages pas si secondaires que ça…

Perry Kelvin pourrait être à l’inverse du film, l’un des personnages principaux du roman.

C’est un adolescent malheureux qui a perdu son père, son unique parent, dans un accident de chantier. Malgré l’optimisme de Julie, il ne trouve pas sa place dans ce monde en ruine et souhaite au plus profond de lui rejoindre son père et ne plus avoir à lutter.

Même s’il meurt dès les premières pages, il reste présent en R jusqu’à la fin. Au début, sa présence est dû à des morceaux de son cerveau conservé par R, qui les déguste lentement pour toujours avoir des informations sur Julie. Lorsque le cerveau est terminé, R est encore habité par l’âme de Perry qui ne trouve son repos qu’à la fin, lorsqu’il sait Julie en sécurité.

Il guidera donc R dans son combat en lui soufflant des solutions et en l’aidant sa prise de conscience. Au final, R n’aura plus aucun regret à l’avoir tué et Perry, soulagé, lui pardonnera son geste. Malgré son caractère pessimiste et rongé par la fatalité, on verra que l’écriture était pour lui une échappatoire et c’est grâce à ses écrits que Julie pourra enfin faire le deuil de son amour perdu. Peut être est-ce aussi un petit éloge à l’écriture de l’auteur.

Nora Greene joue elle aussi un rôle important. Meilleure amie de Julie, elle l’aidera à vivre son amour avec R et à accomplir sa mission. Elle aura le rôle de confidente et de protectrice quitte à se sacrifier pour que les deux tourtereaux réconcilient leur deux mondes.

M, ami de R, sera celui autour duquel se rassembleront les zombies qui se rallieront à leur cause. Il couvrira R lors des combats contre les humains comme des osseux. Si au début il ne comprend pas les choix de son ami, ce sera la deuxième créature à retrouver peu à peu son humanité. Il joue également un rôle un peu comique de part son obsession pour les femmes avec qui il aimerait avoir des relations sexuelles.

Le Général Grigio, père de Julie, est un homme tourmenté par la mort de sa femme et animé par un désir de vengeance contre les zombies. Il aime sa fille mais ne le montre pas et semble même s’en foutre par moment. Dépourvu d’espoir et de goût pour la vie, il sera un obstacle pour Julie et R et ne connaîtra pas le même sort dans le roman que dans le film.

Le Colonel Rosso, mentor de Perry et figure paternelle par excellence pour Julie, il l’aidera dans son combat pour sauver R et les siens.

Il reste peu présent mais apporte aux différents personnages un peu de réconfort, sentiment absent pour les humains qui doivent survivre au jour le jour.

Des zombies peu communs…

En effet, les zombies dans Warm Bodies ne répondent à aucun code classique.

D’abord les Charnus : certes ils avancent au ralenti et tuent pour se nourrir mais ils se marient, adoptent des enfants zombies et tentent les rapports sexuels ! Seules quleques exceptions à un stade pas trop avancé dans la décomposition peuvent encore prononcer quelques mots mais dans ce roman, tous sont capables de se repentir et de redevenir les hommes qu’ils étaient autrefois.

Ensuite les Osseux : ce sont les zombies en phase finale de décomposition. Impossible pour eux de pardonner aux hommes ou d’être secouru par quelconque émotion. Ils sont là pour entraîner les enfants à dévorer efficacement les humains et à rappeler à tous que ce sont eux les chefs !

Ils seront un obstacle majeur pour Julie et R qui devront non seulement, éviter la guerre homme/zombie mais aussi stopper la guerre Charnus/Osseux.

Warm Bodies un remake de Twilight version zombie ?

 Beaucoup de fans du genre verront des similitudes entre les deux films car en effet, il s’agit d’une histoire d’amour entre une humaine et un être surnaturel.

Or R et Edward n’ont rien en commun. Si le second lutte contre sa condition de vampire, R assume sa condition de zombie. Edward attendait l’amour depuis longtemps alors que R se surprend à pouvoir aimer. Si les vampires ont en plus des pouvoirs extraordinaires et de bonnes conditions de vie, les zombies sont dans une situation beaucoup plus médiocre.

Julie et Belle n’ont elles n’ont plus rien à voir l’une avec l’autre. Bella fait toujours une moue désespérée, ne sourit que rarement et semble constamment coincée. Julie est pleine de vie, elle aime l’aventure et sait être optimiste, elle ne passe pas tout le roman à se poser 1001 questions existentielles.

Alors le parallèle entre les deux semble mince. Il est vrai que les deux romans surfent sur une même mode et que la trame de base se ressemble mais entre tous les films d’un même registre la base est la même : les films d’horreur, les films sentimentaux…

Là les deux genres sont en plus bien distinct, l’un est davantage une comédie, l’autre un drame sentimental… Donc non, pour ma part je ne pense pas que l’on puisse affirmer que Warm Bodies est un copié collé de Twilight.

 

Histoire
15/20
En un mot : originale ! Un peu sceptique au début de peur d’avoir du lu et relu avec d’autres romans du même genre, celui-ci se démarque de part le point de vue interne accordé au zombie. Seul bémol, peu de détails sur le commencement de « l’épidémie », est-ce une maladie ou un fléau dû à la connerie humaine comme le pense Julie ? A chacun son opinion !
Personnages
18/20
Tous sont bien détaillés, chacun joue un rôle bien précis, peu de personnages mais aucun ne sert à rien. L’avantage est que le lecteur peut toujours s’identifier à certains d’entre eux : on a les rebelles, les rêveurs, les belliqueux, les passionnés… Un beau mélange de personnalités !
Ambiance
12/20
C’est là que ça pèche… Les souvenirs de Perry sont trop envahissants dans l’histoire, l’auteur aurait dû parler davantage des origines de la maladie plutôt que de s’éterniser sur lui. Pour le coup ça tourne parfois en rond et on a bien envie de sauter quelques paragraphes… De plus dans le livre français on retrouve des paroles de chansons anglaises qui ont leur importance mais qui ne sont pas traduites… Pour les non-anglophones comme moi c’est dommage, on est un peu mis à l’écart de l’ambiance romantique du moment !
Qualité d’écriture

18/20 

Rien à dire, c’est plus un roman pour adolescent, très facile à lire, aucun mot compliqué à chercher dans le dictionnaire ! Abordable et accessible à tous type de lecteurs !
15.75/20