Ecrit par feu l’auteur suédois Henning Mankell, décédé ce 05 octobre 2015. Publié aux éditions Seuil puis aux éditions Point le 03 septembre 2015.

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Résumé

« C’est l’automne en Scanie avec son lot de pluie et de vent. Désabusé, Wallander aspire à une retraite paisible et rêve d’avoir une maison à la campagne et un chien. Il visite une ancienne ferme, s’enthousiasme pour les lieux, pense avoir trouvé son bonheur. Pourtant, lors d’une dernière déambulation dans le jardin à l’abandon, il trébuche sur ce qu’il croit être les débris d’un râteau. Ce sont en fait les os d’une main affleurant le sol. Les recherches aboutissent à une découverte encore plus macabre.
Au lieu d’une maison, Wallander récolte une enquête. Jusqu’où devra-t-il remonter le temps, et à quel prix, pour identifier cette main ?
Concis et vif, ce court roman est suivi d’une réflexion de l’auteur sur la genèse et l’évolution de sa série Wallander. »

Mon avis

J’ai reçu ce roman le jour même où l’on apprenait sa mort, cela à quelque chose d’assez triste en soi je trouve. Pensait-il seulement qu’une jeune chroniqueuse bretonne aurait son roman entre les mains et découvrirait ce fameux Wallander pour la première fois le jour du décès de son créateur ? J’y vois un signe peut être un peu bête mais un signe quand même 😀 Le destin avait donc mis Wallander sur mon chemin !!

Ce récit est sans prétention, je découvre l’officier Wallander pour son avant dernière enquête mais j’ai énormément apprécié ce personnage ! Nous rencontrons un policier à l’aube de la retraite qui vit seul avec sa fille et qui n’a désormais plus qu’un seul rêve : acheter une maison de campagne et un chien. Il est las de son travail, las des nouvelles technologies qu’il ne maîtrise pas et las de sa vie trop monotone. C’est avec curiosité qu’il va un dimanche matin, visiter la maison de campagne que vend l’un de ses collègue. Alors même qu’il envisage les premiers travaux, la réalité le rattrape et il trébuche sur quelque chose qui dépasse de la terre, et ce n’est pas rien ! : une main pointe dans sa direction. S’en suis ainsi, deux squelettes.

Nous voilà plongé dans une enquête très terre à terre, nous ne sommes pas dans un thriller digne d’un blockbuster américain mais dans un commissariat actuel avec des éléments qui tardent à se mettre en place. Les investigations sont longues et l’enquête piétine, ce n’est pas simple car les deux victimes, un homme et une femme âgés d’une cinquantaine d’années à leur mort, sont enterrés depuis plus de cinquante ans.

J’ai trouvé l’intrigue intéressante, il m’a manqué peut être quelque chose d’un peu plus macabre pour titiller davantage ma curiosité mais au final je me dis que l’histoire est parfaite telle qu’elle est. J’ai vraiment adoré le personnage de Wallander, il est triste et mélancolique et d’une incroyable douceur. Il m’a beaucoup fait penser à Bill Hodges, le flic à la retraite de Mr Mercedes de King 🙂

Ce court récit m’a vraiment donné envie de lire les débuts de l’inspecteur Wallander et je pense acheter les premiers romans d’ici peu ! D’autant que l’épilogue retrace ce personnage depuis ses débuts. L’auteur nous livre quelques confidences sur la façon dont Wallander à vu le jour et sur ce succès inattendu. Probablement du fait de sa mort le jour même mais j’ai été très ému. J’espère pouvoir vous chroniquer la saga entière au fur et a mesure !

Je souhaite en tout cas rendre un bel hommage a Mr Henning Mankell, en cette période d’Halloween, suivi de la Toussaint, ses romans sont un bon moyen de lui rendre hommage.

Paru dans LeMonde.fr

« Henning Mankell se souvenait très bien de ce jour de mai 1989 où Kurt Wallander est né. « Je peux même retrouver, dans mon journal, la date exacte. Je voulais écrire sur les émigrants, la xénophobie, confiait-il au Monde des livres en 2010. Je me suis dit que le racisme était un peu comme une attitude criminelle, et que le roman policier était le décor idéal pour en parler. Mais pour cela, j’avais besoin d’un détective. » Sa première apparition a lieu dans Meurtriers sans visage (1991, paru en France chez Bourgois en 1994), distingué par les prix du meilleur roman policier suédois et scandinave. »

« « Je suis venu au monde pour raconter des histoires. Je mourrai le jour où je ne peux plus le faire. La vie et l’écriture ne font qu’un », déclarait-il le 2 mars 2003 au quotidien britannique The Guardian. »

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Henning Mankell

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