Ecrit par l’auteur français Nicolas Delesalle. Publié aux éditions Le Livre de Poche (Préludes) le 07 janvier 2015 et réédité au format poche le 06 janvier 2016.

Un grand merci aux éditions Le Livre de Poche pour cette lecture

Résumé

« « Le jour où mon père a débarqué avec son sourire conquérant et la GTS, j’ai fait la gueule. Mais j’ai ravalé ma grimace comme on cache à ses parents l’odeur de sa première clope. J’ai dit “ouais”, j’ai dit “super”, la mort dans l’âme, même si j’avais compris que la GTS pour la GTX, c’était déjà le sixième grand renoncement, après la petite souris, les cloches de Pâques, le père Noël, Mathilde, la plus jolie fille de la maternelle, et ma carrière de footballeur professionnel. »
Par petites touches qui sont autant d’instantanés de vie, Kolia convoque les figures, les mots, les paysages qui ont compté : la route des vacances, les filles, Totor le paysan aux cèpes et la maison de famille, des livres, quelques sauterelles, Raspoutine le berger allemand… Des petits riens qui seront tout. »

Mon avis

Avant de me projeter dans ce récit, j’en avais lu énormément de bien sur la toile. C’est ce qui m’a poussé à le lire sans doute, bien que ce ne soit pas vraiment le genre littéraire qui me plaît d’habitude. Mais comme j’aime les nouvelles découvertes et sortir de mes sentiers battus, je me suis dis, pourquoi pas ?

C’est assez difficile de noter et de discourir sur ce type de récit qui ne répond à aucune trame précise. Il n’y a pas de linéarité dans les chapitres, ce sont des anecdotes, des bribes de vie tantôt cocasses, tantôt vulgaires, tantôt émouvantes. La plume de l’auteur est fluide et riche, il réussit à nous faire passer pas tous type d’émotions. Kolia, s’adresse à son arrière-petite fille fictive Anna, il remet en question certains de ses choix, nous expose la banalité de son quotidien d’une façon si originale que la banalité devient tout sauf anodine, plutôt hors du commun.

Cependant, je n’ai personnellement pas été touchée comme je m’y attendais. J’ai été indifférente à la vie de Kolia et n’ai pas réussi à m’immerger dans ses souvenirs. Le fait que les différents chapitres n’est aucun lien chronologique a peut-être joué, Kolia est tantôt enfant, tantôt adulte, c’est déroutant et un peu décalé. Cela ne gêne aucunement la compréhension du texte mais cela m’a déplu.

Ce que j’ai aimé, c’est que l’auteur réussi à faire s’interroger son lecteur sur l’importance de ses propres souvenirs. Pourquoi notre mémoire se soucie-t-elle de tel ou tel détail de notre enfance ou de notre adolescence alors que ces instants n’ont rien d’extraordinaire ? Des instants nous marquent, malgré nous. Notre personnalité se construit grâce à tous ces moments qui forment notre vie, ils ne sont donc pas si banals que ça !

Cela reste une jolie découverte littéraire et j’aimerais beaucoup retrouver l’auteur dans un récit plus traditionnel. Ce récit m’a interpellé sans me plaire pour autant, cependant il est difficile d’y rester indifférent. Nul doute qu’il trouvera son lectorat sans problème.

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Nicolas Delesalle