Roman écrit par l’autrice Alafair Burke. Publié aux éditions Presses de la Cité le 19 septembre 2019.


Résumé

«  » EN UN INSTANT, JE SUIS DEVENUE CELLE QUE J’ÉTAIS CENSÉE ÊTRE DEPUIS LE DÉBUT : L’ÉPOUSE QUI MENT POUR PROTÉGER SON MARI. « 

Angela Powell est en apparence une femme comblée. Elle mène une vie confortable avec Jason, un brillant professeur d’économie devenu une personnalité médiatique, et leur fils de treize ans. Mais leur bonheur de façade se lézarde lorsque l’une des stagiaires de son mari dépose plainte contre lui pour comportement déplacé, puis qu’une de ses collaboratrices l’accuse de viol. De quoi donner à Angela l’impression qu’elle ne connaît peut-être pas si bien celui qui partage sa vie. Pourtant, face à l’obstination d’une enquêtrice coriace, elle choisit quand même de jouer son rôle d’épouse et de le défendre, envers et contre tout.
La disparition soudaine d’une des deux jeunes femmes donne cependant une autre dimension à l’affaire. Tandis que la presse se repaît du scandale, Angela est tiraillée entre la honte, le doute et le besoin de préserver un sombre secret… »


L’avis de Caïtelhor

Partager un livre c’est inviter l’autre à une découverte soit d’auteurs soit de nouveautés littéraires vers lesquels on n’irait peut être pas d’un prime abord. C’est souvent mon cas et je suis très rarement déçue lors de ces échanges. Cette fois-ci ne déroge pas à la règle.

Issue de la génération #BalanceTonPorc et #MeToo, ce thriller est brûlant d’actualité et mené tambour battant. Alafair Burke, ayant une formation juridique spécialisée dans les affaires de violences conjugales entre autres, mène le bal avec brio !

À la manière de N-Y police judiciaire la série policière américaine, l’auteure entre dans le vif du sujet dès la première page, trois lignes suffisent pour mettre en place et le scénario et les protagonistes. Il est évident que ce roman sera porté à l’écran. Captivant et subtil, on hésite jusqu’au bout… Coupable, non coupable ? Ce vieil adage « il n’y a pas de fumée sans feu » sera-t-il une nouvelle fois confirmé ?

D’un clic, le monde d’Angela Powell vole en éclat. Mère d’un ado Spencer et mariée à un éminent professeur à NYU, de surcroît auteur à succès, elle apprend que l’homme de sa vie est accusé de « harcèlement sexuel » par Rachel Sutton une jeune stagiaire de SON Jason. La nouvelle fait l’effet d’une bombe. L’inspectrice Corrine Duncan, magnifique dans son rôle, est chargée de l’enquête qui prend rapidement des dimensions démesurées. Le lynchage du professeur est instantané.

Pourtant à l’origine, Jason a fait part de ce « contretemps » malencontreux à Angela ne se sentant pas vraiment en faute. Une parole, un geste rien d’alarmant. C’est trois jours plus tard qu’Angela découvre le nom de la jeune femme sur son iPad. Le bandeau qui défile au bas de l’écran affiche la photo de son mari et une légende explicite : « Un célèbre économiste est accusé d’agression sexuelle sur une stagiaire ».

Accusation suivie bientôt par une seconde plaignante. L’affaire sent mauvais et les preuves contre Jason s’accumulent. Angela le soutient au grand dam de son fils qui ne comprend pas la réaction de sa mère face à son « faux » père qui l’a trompée !

« Toi qui veux toujours qu’on suive les règles pour avoir une petite vie “bien agréable et ennuyeuse” il nous démolit et tu voudrais faire comme si tout allait bien ? »

Elle préfère éloigner Spencer de cet imbroglio judiciaire, car si elle soutient son mari c’est aussi pour se préserver. Oui Angela a un passé tragique, trois ans de sa vie qu’elle a gommés, enterrés. Mais avec cette affaire, il est certain que ces fouineurs de journalistes vont à un moment ou à un autre s’intéresser à elle… la femme du « pervers sexuel » ! Déjà, son nom commence à apparaître sur le web. Seule Ginny sa mère connaît la vérité, elle est prête à tout pour qu’Angela ne soit pas mêlée indirectement à cette histoire. Commence alors le jeu du chat et de la souris et pire encore lorsqu’une des plaignantes disparaît !

L’auteure accélère la cadence et Jason s’enlise. Sa notoriété sombre suivie de sa mise en examen et de la caution exorbitante qu’il faut aligner pour le faire sortir. Évidemment, les problèmes d’argent arrivent et se greffent sur son couple qui s’étiole. Jusqu’au moment où… car en fait je ne vous ai rien dévoilé, le roman amorce des rebondissements spectaculaires !

J’aimerais poser une question à l’auteure :

« Il y aura une suite ? Il faut qu’il y ait une suite ! Comme Brian King (l’adjoint du proc ») lorsqu’elle lui demande d’organiser une rencontre avec Olivia Randall (l’avocate de Jason Powell), je lui pose la même question : « Vous n’allez pas abandonner, hein ?

Corrine Ducan a percé le secret d’Angela, elle doit poursuivre ses investigations. Les trois dernières phrases ne peuvent pas rester des points de suspension… !

‘Un couple irréprochable’ est sans aucune hésitation mon coup de cœur d’octobre.