Juil 122018
 

Ecrit par l’autrice turque Elif Shafak. Publié aux éditions Flammarion le 10 janvier 2018.

Un immense merci aux Editions « Flammarion » pour le partage de ce roman car je suis une fervente lectrice de l’auteure Elif SHAFAK. La couverture m’a avant tout comblée de joie, elle est sublime !


Résumé

« Mariée à un riche promoteur, Peri assiste à un grand dîner dans une somptueuse villa du Bosphore. Au cours du repas, chacun commente les événements dramatiques que traverse la Turquie pendant qu’elle repense à sa jeunesse, à l’affrontement entre son père laïc et sa mère très pieuse, puis étudiante à Oxford entre ses deux amies : Shirin, Iranienne émancipée, et Mona, musulmane pratiquante et féministe. Elle se remémore aussi sa rencontre avec Azur, le flamboyant professeur de philosophie qui les a réunies. Cette soirée pas comme les autres fera ressortir les contradictions de la femme d’aujourd’hui et les impasses dans lesquelles se débat une société coincée entre tradition et modernité. »


L’avis de Caïtelhor

Le roman d’Elif Shafak met en scène trois jeunes femmes musulmanes d’horizon et de mentalité complètement contraires les unes aux autres. D’ailleurs on dira d’elles pour les nommer : « La pécheresse » (Shirin l’Iranienne), « la croyante » (Mona Egyptienne voilée) et « la déboussolée » (Péri la Turque).

2006. Péri assiste à un dîner « bourgeois » tout ce qu’elle rejette, dans une villa somptueuse du Bosphore, normal quand votre mari est un riche promoteur. Ils attendent tous avec impatience la venue imminente d’un médium. Mais elle s’ennuie et est surtout bouleversée suite à une agression dont elle vient d’être victime (personne ne s’en soucie vraiment…). Alors son esprit s’évade. Elle a onze ans et une enfance compliquée entre un père militant et une mère sous l’emprise du prédicateur Üzümbaz Efendi, entre eux deux c’est la guerre perpétuelle. Se greffe son frère aîné Umut nationaliste qui déteste son père. À la suite d’une descente de police, un pistolet est découvert dans le berceau de la poupée de Péri. Torturé, il avouera comploter contre les membres de l’État et sera condamné à huit ans de prison. Son second frère plus calme posera moins de problèmes et se mariera.

Péri, quant à elle travaille bien à l’école, c’est une élève douée, perturbée car toujours entre deux feux, mais douée. En 2000 elle arrive en Grande-Bretagne à Oxford. En cette soirée riche sous tout rapport de 2006, tout se bouscule dans sa tête. Elle n’a jamais oublié ses deux amies avec qui elle formait un bon condensé de la société musulmane. Mais celui à qui elle pense avant tout c’est au professeur de philosophie Azur. Elles suivront toutes les trois avec passion ses cours tellement particuliers ; des séminaires sur Dieu et non sur la religion. Pour lui, il y a un « troisième chemin » entre théisme et athéisme. C’est LA recherche de Péri, « la troisième voie » elle qui subit depuis son enfance le déchirement entre son père athée et sa mère dévote au possible (ils étaient aussi incompatibles que la taverne et la mosquée), elle qui ne peut choisir, ni un côté, ni l’autre, juste par amour de ses parents.

                  « La certitude est à la curiosité ce que le soleil est aux ailes d’Icare. »

     Ce que le mystérieux Azur reprendra et affirmera :

               « Avec la certitude vient l’arrogance ; avec l’arrogance, l’aveuglement. »

 Mais à ce stade autre chose motivera Péri, elle est amoureuse du professeur…

Mon ressenti :

J’ai adoré ce roman, la manière dont l’auteure aborde le parcours de Péri. On passe d’une période à l’autre de sa vie, de la petite fille à l’étudiante puis mariée et mère de famille avec un réel plaisir. Tout est délicatesse et poésie et puis le petit plus les métaphores qui embellissent l’histoire. J’en ai cité une déjà, mais je ne peux m’empêcher d’en faire partager une autre voire deux !

« Un yaourt liquide blanc et mousseux comme des lampées de nuages versés par un Dieu généreux. »

« Tout comme le haricot, la voix de l’étranger se cachait, changeait, germait. »

Ma préférée va pour la métaphore des « maisons »… Je laisse le plaisir aux futurs lecteur(trices) de la découvrir !

J’ai beaucoup apprécié la réflexion sur Dieu que propose à ses élèves le « fameux » professeur Azur. La manière subtile dont il les utilise aussi pour les pousser encore plus loin dans leurs débats, leurs confrontations, leurs affrontements même. Et la touche finale, pas la moindre, car Péri tombe amoureuse du ténébreux Azur, sa jalousie est exacerbée lorsqu’elle apprend que Shinin a eu une aventure avec lui… Pourquoi pas elle ? La tension monte !!

Tout y est, je suis prête. J’attends le médium et ses révélations… Azur et ses relations amoureuses… les trois jeunes filles et leurs divergences en 1998 lors de leur cohabitation et Péri en 2016 (cachée car des voleurs viennent de s’introduire dans la demeure) qui tente de reprendre contact avec Azur. Je me fais le scénario, j’anticipe, j’ai hâte de poursuivre ma lecture ! Mais pas de coup d’éclat, on survole plutôt les différentes situations, la pression retombe comme un soufflé sorti du four et qu’on tarde à déguster… (j’incorpore ma petite métaphore !!) et je reste sur ma faim, c’est un peu dommage, mais malgré tout j’ai vraiment apprécié comme à chaque fois l’écriture d’Elif Shafak.

Elif Shafak

  One Response to “Trois filles d’Eve – Elif Shafak”

  1. Hooo ce roman a l’air vraiment sympa :O Je n’ai jamais lu de livres écrit par d’autrices turque ! Je vais m’empresser de me le procurer pour le lire. Merci pour la découverte.

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