Ecrit par l’auteur américain Edgar Rice Burroughs. Réédité aux éditions Archipoche le 06 juillet 2016.

Un grand merci aux éditions L’Archipel pour cette r(e)découverte

Résumé

« xixe siècle. John et Alice Greystoke sont à bord du Fuwalda, au large de l’Afrique équatoriale. Suite à une mutinerie, ils sont débarqués sur la côte. Là, Alice met au monde un fils, John Clayton III, comte de Greystoke. Un an plus tard, elle meurt.
Deux mois ont passé quand un grand singe vivant dans la forêt voisine pénètre dans la cabane de John et le tue. Kala, une jeune femelle, s’empare alors du bébé humain et s’en occupe comme si c’était le sien. Elle lui donne le nom de Tarzan, « peau blanche ».
Il est élevé comme un singe et ce n’est qu’à 10 ans qu’il prend conscience de sa différence. En découvrant des livres dans la cabane abandonnée de ses parents, il est fasciné et apprend seul à lire.
À 18 ans, il voit ses premiers êtres humains, des Noirs de la tribu Mbonga. L’un d’eux tue sa mère adoptive, et Tarzan se venge…
Puis il assiste à l’arrivée d’une équipe de zoologistes anglais, le professeur Porter et sa fille Jane, venus là pour étudier la faune locale, plus particulièrement les singes. C’est alors la rencontre entre deux mondes, celui de la jungle et de la civilisation. Et de ce choc des cultures pourrait naître l’amour… »

Mon avis

Autant je n’ai pas vu la nouvelle adaptation cinématographique qui ne m’inspirait pas tellement, autant j’étais curieuse de découvrir l’un des classiques de la littérature que j’ai connu grâce aux studios Disney, comme beaucoup ! Eh bien je peux vous assurer que si comme moi vous êtes curieux, vous ne serez pas déçus !

L’intrigue se déroule donc en Afrique équatoriale, c’est un récit qui nous offre un incroyable dépaysement ! Je craignais que la plume de l’auteur soit trop soutenue, comme beaucoup d’écrivains de cette époque dont les textes sont généralement riches en structures de phrases complexes. Ce n’est pas du tout le cas, l’auteur nous dépeint un magnifique pays avec ce qu’il a de plus sauvage : la jungle. Il apporte beaucoup de précisions sur l’environnement et les animaux qui peuplent ces terres mais également sur les tribus aborigènes qui côtoient cette nature sauvage. Aussi, ce n’est pas seulement l’histoire de Tarzan qui est mise en avant ici mais aussi celle d’une époque et d’un paradoxe entre la civilisation qui nous apporte confort et protection et l’instinct de survie.

J’ai beaucoup aimé le début du roman dont Disney s’est inspiré bien qu’ici elle soit beaucoup plus développée : la venue de Tarzan au monde. A savoir comment ses parents se sont retrouvés perdus et livrés à eux-même, comment des aristocrates ont pu construire une habitation et s’offrir une nouvelle vie avec un bébé au beau milieu de la jungle. Comment, enfin, Tarzan s’est retrouvé orphelin et adopté au sein d’une famille d’anthropoïdes. Il faut vraiment se détacher du dessin animé qui fait de Tarzan un héros notamment grâce à la venue de Jane. Ici, elle et son équipe arrivent bien plus tard et ne sont pas au cœur de l’intrigue. Ces personnages de la bonne société sont surtout la clé de la remise de cause de la vie sauvage de Tarzan. C’est grâce à eux qu’il deviendra l’homme davantage civilisé que l’on connaît. Il n’est pas beaucoup question d’amour passionné bien que grâce à Jane il découvre de nouvelles sensations et de nouvelles émotions. Il n’est pas non plus question de braconnage à la fin ! Mais ça je vous laisse découvrir le dénouement !

J’ai hâte de découvrir la suite des aventures de notre héros, j’espère que les prochains volumes apporteront des éléments essentiels à la psychologie de ce personnage. C’est un excellent roman d’aventures qui tient ses promesses, on ne s’ennuie pas ! Autant l’action est omniprésente, autant l’humour l’est également ! Tarzan à un caractère très affirmé, c’est un homme sauvage mais qui se détache des animaux de part sa curiosité plus exacerbée. Il est tenace et apprend de ses erreurs, il retient également les éléments qui lui permettent de survivre plus facilement. Je n’ai pas du tout été séduite par l’image sulfureuse et sexy que l’on nous fait de ce personnage, en cela je craignais qu’il soit trop caricatural mais non ! L’auteur dose parfaitement ses descriptions, tout comme il le fait avec les tribus noirs. Le colonialisme est dénoncé et aucun cliché ne persiste dans leurs mœurs sauvageonnes : cannibalisme et croyances farfelues. Pas question de se moquer de quiconque ni de faire des amalgames racistes, l’auteur est réellement efficace pour cela.

Je le recommande donc à tous les sceptiques qui penseraient que Tarzan est trop « cliché ». C’est un roman complexe et passionnant !

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