Ecrit par l’auteur Gilles Abier. Publié aux éditions Actes Sud Junior le 7 février 2018.

Un grand merci à la maison d’édition pour cette lecture !

Résumé

« Après la quasi-destruction de l’humanité, les survivants ont mis en place une organisation personnalisée et égalitaire de la société, appelée la Synthèse. Dès sa naissance, chaque individu est testé pour déterminer son trait de caractère principal parmi neuf Types référencés. Le chiffre tatoué sur son poignet droit lui servira de guide pour toute sa vie, dans son éducation, son parcours professionnel et même sa sexualité. Car qui vit en harmonie avec sa personnalité profonde n’est pas enclin à faire le mal… Mais, les années passant, des Types dominants prennent le pouvoir, interdisant les relations entre Types différents. L’idéal d’harmonie de la Synthèse originelle devient apartheid. Aussi, des voix s’élèvent, des destins s’entremêlent et la résistance s’organise au nom du libre-arbitre et de la liberté d’aimer qui on veut. Quitte à user de la violence, autrefois si funeste ? »

Mon avis

J’ai reçu ce roman comme on reçoit une belle surprise : imprévue et magnifique.
Ce roman m’a fait penser à deux autres récits du même genre : Divergente de Veronica Roth dont la société est divisée en cinq factions et où les adolescents choisissent celle qu’ils veulent intégrer. Puis, Les âmes vagabondes de Stéphanie Meyer, où les esprits des hommes sont contrôlés et où une société secrète évolue sous terre.
J’ai beaucoup apprécié ces deux derniers et le thème me plaît également beaucoup. Avec Stéréotypes, on ressent ce brin de renouveau du genre. Les hommes, mêmes s’ils restent en pleine possession de leur identité, sont catalogués selon un type précis dès leur naissance. Pas question de choix.
L’auteur s’est inspiré de l’ennéagramme de l’Institut français pour nous présenter ces neuf types : le Perfectionniste, l’Altruiste, l’Activiste, l’Individualiste, l’Attentiste, le Loyaliste, l’Hédoniste, l’Elitiste et le Pacifiste.
Le roman commence par une mise au monde. Val enfante d’une petite fille, en pleine forêt avec l’aide d’une vieille femme. Son bébé ne sera pas tatoué, il sera libre et n’appartiendra à aucune caste. Mais cette naissance est aussi le commencement d’une aventure qui fixera l’avenir de la population. Val et Topher forment un duo très attachant, le jeune garçon de 13 ans m’a beaucoup plu, il est téméraire et intelligent. Val est plus dans l’empathie, sa vaillance ne s’est vraiment manifestée qu’avec sa grossesse. Autour de ce duo central, gravitent d’autres personnages, je pense à Hawa et son papa tatoueur Salif, je pense à Galien Roscoff, Aurora. La multitude de personnages nous aide à comprendre tous les enjeux de cette société. Nous avons des points de vue différents, le récit est travaillé sous différents angles pour qu’on puisse avoir accès à chaque pan de l’histoire.
Dans Divergente et Les âmes vagabondes, les avancées technologiques et la science sont des atouts précieux pour ceux qui souhaitent contrôler le monde et régir la société. Ici, la science est la cause de destruction de l’humanité et elle est proscrite. Evidemment, tout le monde ne respecte pas cet état de fait mais j’ai aimé l’audace de l’auteur. Dans Stéréotypes, ce qui aurait pu faire avancer la société, l’a faite reculer. C’est un point intéressant dont j’aurais aimé plus de détails.
C’est mon seul bémol dans ce roman. Nous avons un objectif final, nous comprenons lequel assez rapidement et le destin de nos personnages s’entremêlent jusqu’au bouquet final. Il n’y a pas de temps morts, mais du coup, ça manque parfois de profondeur. J’aurais préféré moins de personnages et qu’ils soient plus approfondis et que la société en place soit plus mise en valeur.
Cependant, cela reste une très bonne lecture. Je le recommande aux sceptiques qui pensent avoir fait le tour de ce genre de récit, car l’auteur propose quelque chose de nouveau.