Ecrit par l’auteur français James Osmont. Roman auto-édité publié le 16 février 2016.

J’ai eu la chance de rencontrer l’auteur au Salon du Livre 2016 de Vannes, très sympathique !

Résumé

« Régis aime la littérature et l’automne, les décibels et l’errance. Il n’a pas choisi le mal qui le ronge. Vivant la plupart du temps en lui-même, il perçoit une réalité déformée et angoissante, où tout fait sens. Dans sa psychose, il s’accroche à de fragiles repères : des personnages sans nom, des impressions sans fondement, des chansons sans espoir… Pourtant, peu de temps avant les attentats du 13 novembre 2015, le retour d’un mystérieux persécuteur va faire vaciller son équilibre précaire. Jusqu’au point de non-retour… »

Mon avis

Ce roman m’intriguait beaucoup de part sa couverture déjà que je trouve vraiment obsédante, ensuite, je n’ai pas l’habitude de lire d’histoires en rapport avec la psychiatrie donc l’occasion était belle ! J’ai pu échanger quelques mots avec l’auteur lorsque j’ai acheté ce roman au Salon du Livre, il est vraiment proche de son public et très sympathique, ce qui rajoutait à mon envie de découvrir son univers. En effet, James Osmont est infirmer en psychiatrie, donc il sait de quoi il parle 😉

L’intrigue nous transporte donc dans l’univers d’un hôpital psychiatrique où se superposent la vie de plusieurs personnages. Regis, pour commencer, est un homme frêle et dangereux, à éviter mais auquel on s’attache malgré nous, très vite ! Enfant, il a vécu la violence et le rejet, de sa famille notamment mais a subi l’horreur de la part d’un inconnu également. Jusqu’au jour où sa première crise et les voix dans sa tête le pousse à commettre l’horreur. C’est un homme schizophrène et malheureux qui restera confiné dans cet hôpital sans espoir de sortie. Sandrine est la soignante qui suit son « cas », un femme esseulée de 46 ans, attachée à Regis mais épuisée psychologiquement. Son humeur varie beaucoup en fonction de celle de son patient. Elle a conscience de cette promiscuité qui n’a pas lieu d’être mais les sentiments sont parfois incontrôlables… Le prédateur est l’un des personnages essentiels à ce roman, mi-fou mi-délinquant si je puis dire, c’est un homme intelligent qui sait où il veut être, si au départ on ne comprend pas trop ce que sa présence apporte à l’intrigue, le dénouement nous l’explique de manière implacable ! Enfin, l’Etudiante est elle aussi un personnage fort malgré sa présence plus faible, c’est elle le point de non-retour, celle que craint Regis et qui fera ressortir en lui des émotions qu’il n’arrive plus à gérer. Enfin, Amine, est l’unique ami de Regis. Le roman débute lors des attentats du 13 novembre 2015, c’est lui qui incarne le contexte politique dans lequel évolue Regis et les autres patients. Avec ce que l’extérieur a de dangereux, avec les tragiques événements qui n’aident pas les patients ni le personnel à se sentir mieux.

Vous l’aurez compris, tous les personnages de ce roman sont forts et intéressants, leur psychologie à tous est très bien développée, très bien travaillée. Le contexte des attentats n’était pas nécessaire pour moi dans cette intrigue, peut être une volonté de l’auteur d’exorciser ses propres démons je ne sais pas. Je n’ai malheureusement pas bien saisi en quoi ce contexte-là était nécessaire. Amine est utile car il représente la seule forme d’amitié que connait Regis, hormis cela, je n’ai pas trouvé sa présence aussi forte que celle des autres personnages.

J’ai énormément apprécié de découvrir l’univers de cet HP, c’est un roman très bien ancré dans le réel. Nous ne sommes pas dans un thriller digne d’un film hollywoodien avec du macabre à tout va, non ! Nous sommes aux côtés de patients dérangés, dont les idées noires mûrissent progressivement au fur et à mesure des pages. Nous apprenons à connaître en profondeur nos personnages et leurs histoires respectives, à comprendre leur quotidien, leur lot de médicaments, d’isolement, de salle commune et de micro-liberté dans le parc de l’hôpital. Leur rapport les uns aux autres, patients-patients, patients-personnel hospitalier, est un point que j’ai également beaucoup aimé. Ce roman nous offre une immersion dans un monde que l’on connaît peu et qui attire la curiosité.

Pour un premier roman j’ai trouvé la plume de l’auteur juste et efficace. Je n’ai pas eu de difficultés à comprendre ce récit car les termes un peu savants sont bien expliqués et parfois même tournés un peu en dérision. La musique est un élément très important ici, très présente dans la vie de Regis, les paroles traduites traduisent aussi le fond de sa pensée. J’ai compris toute l’utilité de celle-ci dans le roman bien que parfois cela ai un peu cassé le fil de ma lecture. Je ne suis pas sensible à la poésie voilà tout 🙂

Ce roman est proche du coup de cœur, une très jolie découverte que je ne regrette absolument pas et que je vous conseille vivement de découvrir !

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