Ecrit par l’auteure française Estelle Tharreau. Publié aux éditions Taurnada le 21 mars 2016.

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada pour cette lecture.

Résumé

« Si vous éleviez seule une fille de seize ans et que votre petit ami devenait trop encombrant, refuseriez-vous un travail et une belle maison dans un village de carte postale où tout le monde semble prêt à vous aider ? Il est probable que non. Pourtant, vous auriez tort !
Les nuits d’orage peuvent s’avérer mortelles pour qui ne sait pas lire entre les lignes du présent et celles d’un passé enfoui depuis plus d’un siècle dans un cahier d’écolier jauni et écorné. »

Mon avis

J’étais un petit peu sceptique concernant ce roman car la couverture ne m’inspirait pas… Oui je sais ce n’est pas une bonne excuse 😀 Mais après avoir lu le roman, je la trouve un peu inappropriée, on ne retrouve pas le petit village de Sauveur que l’auteure nous dépeint 🙂 Cependant, ce récit à été une très bonne découverte, une agréable surprise !

Nous partons donc à la découverte de ce petit village, Sauveur, pittoresque et amical, bordé d’un bois. C’est dans ce joli cadre rustique, que Béatrice, comptable, emménage avec son adolescente de seize ans, Célia. Toutes deux sont très proches et aspirent à un quotidien reposant, loin des mauvais amants et des galères de la grande ville. Les mauvaises surprises commencent cependant avec l’attitude étrange de certains habitants : un boucher menaçant, une vieille dame hystérique et la mécène du village que personne n’a jamais vu… Beaucoup de mystères donc, Célia et sa mère en apprennent chaque jour davantage sur Sauveur et ses habitants, sur les guerres de famille et le maire intouchable. Un jour, Célia découvre le journal d’une habitante de Sauveur, Marthe, qui relate sa vie de 1910 à 1940. Commence alors une quête de la vérité. Le duo mère-fille a déjà eu vent d’un accident et d’un suicide qui aurait coûté la vie à l’ancienne comptable et à sa fille de seize ans également. Mais serait-ce les seules disparitions étranges ?

L’auteur manipule très bien son lecteur, plusieurs points de vue nous permettent d’appréhender cette histoire. Tantôt celui de Béatrice, tantôt celui de sa fille. Mais aussi celui de Marthe à travers son journal. Les destins des grandes familles de Sauveur s’entremêlent autour de morts suspectes depuis 1940. J’ai trouvé que les profils des personnages étaient très bien construits, j’ai ressenti beaucoup d’empathie pour cette mère esseulée, pour Marthe également et le sort des femmes du début du siècle. Plusieurs thèmes sont abordés, les violences conjugales, le pouvoir des hommes sur les femmes, la vengeance, mais aussi la sorcellerie. Il y a beaucoup d’éléments auxquels on ne s’attend pas dans ce récit, qui en font une belle découverte.

Mon seul petit bémol lors de ma lecture, c’est un début assez long. Certes, l’auteur plante le décors et les personnages mais j’ai trouvé cela long par rapport au dénouement de l’intrigue qui lui est allé un peu vite. Nous rencontrons dans ce texte une multitude de personnages et à la fin, c’est rapide et je me suis perdue dans les prénoms. D’autant que pour certains personnages, un chapitre ne m’a pas suffit pour comprendre leur changement de position. Cela a été un petit peu brouillon pour moi.

Ce premier roman reste malgré tout, une très bonne surprise. Je découvre une maison d’édition et une auteure dont je souhaite lire les prochains récits, d’autant plus que la Bretagne serait peut être le prochain décors de son histoire…(Entretien avec Estelle Tharreau)

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Estelle Tharreau © Aurélie Pétri

Estelle Tharreau
© Aurélie Pétri