Ecrit par l’auteur français Gérard Georges. Publié aux éditions Presses de la Cité, Collection Terres de France, le 13 septembre 2018.

Je remercie encore et encore (et ce n’est pas fini!) TERRES DE FRANCE pour l’envoi de ce livre charmant, frais à l’image de cette couverture adorable.


Résumé

« Dans la ferme familiale des Collange, la benjamine, Lucie, est la pièce rapportée, l’enfant adoptée de l’Assistance publique. Pas vraiment aimée, juste tolérée. Les Collange ont fait « fortune » grâce à la culture de l’ail rose ; le père est toujours dans ses champs ; la mère toujours après la bonne. Entre Roland, son grand dadais de « frère », et sa « sœur » Edith, adolescente disgracieuse, Lucie est un vent de liberté et de vitalité, qui n’aime rien tant que parcourir la nature et retrouver son ami Clément…
Chez elle et au village, depuis le café jusqu’à l’épicerie, partout on dit qu’elle a le diable aux trousses. En cette année 1963, Lucie a une révélation : un jour, c’est sûr, elle sera écrivain. »


L’avis de Caïtelhor

C’est l’histoire de Lucie, jeune fille de 12 ans adoptée toute petite par les Collange, une famille auvergnate. Ces agriculteurs cultivent l’ail rose, ils ont un fils et une fille… et cette pièce rapportée de Lucie qu’ils n’aiment pas. Lucie est trop jolie, plus que leur fille ; trop maligne, trop délurée, trop aguicheuse… C’est ça les gosses de l’assistance, et aucune reconnaissance en plus ! Lucie est tout sauf « ça », elle est intelligente, elle encaisse, ronge son frein, rêve de s’évader de là, jusqu’au jour où elle va découvrir sa vocation : c’est elle, Lucie, qui plus tard serait écrivain. Et même, quelqu’un de reconnu, dont on pourra voir les livres aux vitrines des librairies.

« Elle se mettrait à lire les grands auteurs et elle continuerait d’écrire. Et puis, un jour, elle aussi aurait son livre à elle avec son nom sur la couverture. »

Cette phrase m’interpelle et me fait penser à quelqu’un que j’aime énormément… Ça n’arrive pas que dans les romans, oui on peut avoir son nom sur une couverture… (n’brick benti diali L.A).

Bien sûr, c’est une histoire simple des années 60 dans une région chère à Gérard Georges « la Limagne » grande plaine au centre de l’Auvergne. Mais la plume de l’auteur a ce petit plus agréable, pleine de sensibilité et de poésie ; aussi fait-il ressortir de cette histoire une petite Lucie Lumière « lumineuse ». On s’attache à chacun des autres personnages, le père Arsène par exemple qui ne peut prononcer une phrase sans l’accompagner d’une injure « locale » ou Marcel, le garçon de ferme en pleine ébullition hormonale et qui allongerait bien la Lucie dans la paille !

J’avoue avoir pris un réel plaisir tout au long de ce roman qui est en quelque sorte la chronique d’un petit village (qui pourrait être le nôtre) et de ses habitants. L’école et sa salle de classe où trône le Godin ronflant et dégageant une douce chaleur ; le café où l’on se rend après la messe dominicale ; la secrétaire de mairie Marinette et sa machine à écrire Japy au ruban bicolore ; les petits commerces… et ses commères sur le pas de la porte ou derrière le rideau… les rumeurs, les jalousies… Que du bonheur ! Roland le fils qui va au bal pour la première fois et qui se voit apposer un coup de tampon encreur de couleur violette, souvenir, souvenir ! La fête foraine qui débarque en plein milieu de la place communale pour une semaine avec le plaisir de voir se monter les manèges et surtout la fameuse piste des autos tamponneuses. Je ne peux m’empêcher de sourire toute seule. Tellement vrai !

L’almanach Vermot que j’ai acheté pendant des années à ma maman pour Noël !

Gérard Georges est un amoureux de sa région qu’il connaît par cœur. Aussi nous la décrit-il avec tellement de poésie « française » et de métaphores que les amoureux de la langue (comme moi) ne peuvent être que séduits.

« Le ciel bâillonné sous un magma de nuages quasi immobiles pesait de toute son inertie, attendant peut-être une griffe de vent qui ne venait jamais. »

« Elle respirait maintenant à pleins poumons cette terre qui sentait les racines et la mousse. La main chaude de l’astre solaire la pénétrait par tous les pores et elle se laissait gagner par son flux bienfaisant. »

Que dire de plus sinon vous conseiller de vous laisser vous aussi gagner par ce bien-être et passer un bon moment de lecture au coin du feu ?