Essai écrit par l’écrivain Salvatore Di Palma, docteur en sciences politiques. Publié aux éditions Société des écrivains le 20 novembre 2014.

Un grand merci pour ce partenariat qui me permet de diversifier davantage mes chroniques 

Résumé

« L’apposition des premiers signes distinctifs sur les produits manufacturés et les récipients de marchandises a été la manifestation primitive de ce que nous appelons aujourd’hui la propriété intellectuelle. Plus de 8 000 ans avant J.-C., longtemps avant les Sumériens, les artisans et les commerçants de Çatal Hüyük en Turquie, Jéricho en Palestine, Harappa, Mehrgarh, Mohenjo-Daro et Lothal dans la vallée de l’Indus utilisaient déjà des signes, des marques verbales et figuratives lors des échanges commerciaux… De la propriété collective sacrée de l’Antiquité aux corporations de l’Europe médiévale, cet ouvrage part à la recherche des marques à travers l’histoire. Fortis : yaourt bio ou marque de poterie pendant l’Antiquité ? Pour être sûr de ne plus se tromper, Salvatore Di Palma nous offre une véritable leçon qui ferait mourir de jalousie Culture Pub. Se « limitant » ici aux civilisations fluviales du vieux monde développées dans la vallée de l’Indus, dans les plaines du Tigre et de l’Euphrate et dans la vallée du Nil, ainsi qu’aux civilisations thalassocratiques du pourtour méditerranéen et de l’Europe du nord, ses recherches historiques et archéologiques, généreusement illustrées, viennent nous éclairer sur le long chemin vers la propriété intellectuelle et la société de consommation d’aujourd’hui. Un travail colossal pour un ouvrage fascinant. »

Mon avis

Cet essai n’est pas une fiction qui se lit très rapidement. C’est un vrai travail de recherche que l’on doit lire partie par partie pour bien assimiler toutes les informations que nous livrent l’auteur. Cet ouvrage est composé de plusieurs chapitres qui sont disposés par ordre chronologique dans le temps. D’abord l’auteur nous explique d’où vient cette nécessité de marquage d’un produit, les types de marques dont il s’agit et leurs origines. Ensuite nous avançons dans l’oeuvre par période historique : l’Antiquité, l’âge du chalcolithique, l’âge du bronze, l’âge de fer, l’Empire romain et enfin le Moyen Age. Tous ces grands chapitres sont divisés en sous-chapitres concernant essentiellement les différents pays concernés par cette étude. Le tout est agrémenté d’illustrations et de dessins qui permettent au lecteur de visualiser et de comprendre l’impact de tous ces marquages dans les échanges commerciaux.

Petit à petit, le lecteur comprend la valeur de ces marques, qui tour à tour vont permettre de distinguer le fabricant, son atelier de fabrication, le commerçant, « ainsi que la nature et le lieu de production de ces objets. » C’est un vrai voyage dans le passé qui nous permet de comprendre le monde dans lequel on évolue. Nous constatons qu’actuellement nous sommes submergés par le flot d’informations concernant les marques, la concurrence est rude et chaque producteur doit, sous un logo quelconque nous démontrer qu’il est le mieux adapté à son consommateur. Au fur et à mesure de cet essai, le marquage devient ceci, je cite l’auteur : de « véritables marques de fabrique véhiculant un message de propriété, de qualité et d’origine du produit. »

C’est un essai très intéressant que je recommande vivement aux passionnés d’archéologie et d’histoire. Ici l’auteur ne prend pas partie sur les nombreuses controverses qu’alimentent tous ces dessins. Sur la base de ces illustrations et de ces photographies, il tente de nous raconter une vérité possible, aussi objective que possible. Les théories avancées concernant Fortis, une marque de yaourt bio mais également une marque de poterie pendant l’Antiquité m’a beaucoup intéressée. Il manquait peut-être un glossaire à la fin pour accéder directement aux informations recherchées. En tout cas c’est un excellent ouvrage pour les étudiants en Histoire de l’Art et Archéologie dont je faisais partie il y a quelques années.