Ecrit par l’auteure australienne Kate Morton. Publié aux éditions Presses de la Cité le 14 avril 2016.

Je découvre au fil des mois des auteurs que je ne connaissais que de nom.  Merci  aux Presses de la Cité pour l’envoi de ce livre très attachant.

Résumé

« 1933. Comment Theo Edevane, adorable poupon de onze mois, a-t-il pu disparaître durant la nuit de la Saint-Jean ? Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l’enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour les filles Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l’abandon.
Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune détective londonienne en vacances dans les Cornouailles, curieuse et momentanément désœuvrée, s’intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l’enquête, au grand dam de l’une des sœurs aînées de Theo, Alice, devenue écrivain à succès. »

L’avis de Caïtelhor

Cornouailles, Angleterre

Cornouailles, Angleterre

Me voici face à  Sadie Sparrow, enquêtrice mise à l’écart par ses supérieurs pour « fautes graves » et  qui se réfugie chez son grand-père dans la campagne anglaise sans toutefois lui avouer la raison de sa retraite provisoire chez lui.

Elle court chaque matin dans les bois pour évacuer son malaise du à cette enquête qui lui a valu son éviction. Elle est accompagnée des chiens de  son grand-père,  qui eux , sont bien contents de l’aubaine et profitent de ces moments de liberté.  Ils l’entrainent plus loin à chaque fois et un après midi elle découvre un lac puis une immense bâtisse toute à l’abandon. Elle en parle à son grand-père qui lui révèle qu’il y a 70 ans, le fils de la famille Edevane, Théo , bébé de 11 mois, a disparu. A ce jour, cette mystérieuse disparition n’a jamais été élucidée.  Sadie va se plonger à cœur perdu dans cette énigme qui fait ressurgir en elle l’affaire douloureuse de Caitlyn et plus encore celle de Charlotte…

 « Sadie se leva d’un pas hésitant,  secoua la tête histoire de retrouver les idées claires. Elle avait la tête pleine de bébés, des bébés perdus, des bébés adoptés, des bébés abandonnés. Peut-être même un bébé assassiné. »

Ma seule note négative serait peut-être le trop d’histoires dans l’histoire. Je n’ai pas vraiment accroché  sur l’histoire personnelle de Sadie et Charlotte, sujet trop grave à mes yeux pour lui laisser si peu de place ainsi que l’enquête Sadie et Caitlyn pour les mêmes raisons d’ailleurs car elles ont été trop vite solutionnées.

Par contre, Kate Morton m’entraîne sans mal dans la campagne anglaise, chez le grand père de Sadie, comme dans la belle demeure des Edevane. On voit les lieux par la plume de l’auteure,  petite maison accueillante de Bertie, chaude, pleine d’amour ; Bâtisse majestueuse des Edevane,  remplie  de rire d’enfants, de ballades en barque, d’amour familial au début du siècle pour s’achever dans la tristesse d’un passage secret, d’un loquet grinçant s’ouvrant sur une chambre d’enfant et se refermant ne laissant que peine, chagrin et abandon.

On vit l’histoire, on reste en haleine car la plume de Kate Morton court sur le papier autant que Sadie court dans les bois.  On passe d’un siècle à l’autre,  des personnages du présent et à ceux du passé, facilement. J’aime tous les personnages, particulièrement Alice, la sœur de Théo qui fait le lien entre ces deux époques. Enfant au moment du drame, peut-être un peu coupable aussi ? Aujourd’hui vieille dame, écrivaine de renom reconnue qui n’a jamais oublié son petit frère. Et puis, il y a Eléanor, la maman du petit Théo, femme aimante et dévouée à son mari jusqu’au jour où…

 « Une idée fixe, disait Nounou Bruen, c’est le démon. Le démon s’en va lorsqu’il trouve la porte fermée à clé. » (…) ma nouvelle idée fixe s’appelait Ben. Simplement elle était adulte et Nounou Bruen n’était plus là pour faire brûler le cerf volant et fermer la porte au diable. Rien n’empêchait plus Eléanor de la franchir. (…)  Eléanor qui  n’avait aucune illusion. Elle était comme la reine d’Eleanor sur le seuil magique dont le désir d’enfant était si vif qu’elle avait pactisé avec le diable pour l’assouvir. Elle avait ouvert la porte, franchi le seuil, aimé celui qu’elle ne pouvait pas aimer. A présent, il fallait en payer le prix. Le monde est régi par une justice naturelle. Quoiqu’on fasse, il faut en assumer les conséquences. Il était trop tard pour fermer la porte. »

  Et puis, qu’est donc devenu Théo ? On s’impatiente, on pense avoir la solution, une fois, deux fois puis un nouvel élément remet tout en question.  Bon petit polar oui, Kate Morton joue  avec nos nerfs, s’amuse avec notre imagination. J’ai adoré les cent dernières pages, plus vives, plus concrètes où tout s’accélère et se dénoue naturellement. Pourtant…je n’ai pas deviné la fin ! Donc surprise totale. J’ai été émue aux larmes mais je n’en dirai pas plus car je préfère laisser aux lectrices (eurs) le plaisir de découvrir ce livre !

Vrai coup de cœur pour ce livre même s’il y a quelques longueurs. L’écriture est fluide, les passages descriptifs un vrai régal , les personnages émouvants. Je vais d’ailleurs me laisser tenter par un autre ouvrage de cette auteure « les brumes de Riverton ».

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Kate Morton