Ecrit par l’auteure française Emilie Frèche. Publié aux éditions Points le 03 septembre 2015.

Un immense merci à cette maison d’édition pour ce magnifique partenariat et ce gros coup de cœur !

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Résumé

« Joseph, orphelin de dix-sept ans, débarque dans une cité de Mulhouse pour vivre avec son grand-père. Entre ce jeune israélien et le vieil homme, rescapé des camps nazis, qui a rejeté en bloc le judaïsme, le climat est électrique. Pour fuir ce foyer étouffant, Joseph sort aussi souvent que possible. Au lycée, il se lie d’amitié avec deux musulmans, Mélik et Leila. Mais le Proche-Orient s’enflamme et les relations entre les communautés juives et musulmanes de France se dégradent. Alors que les actes antisémites se multiplient, Joseph commence à s’inquiéter de la radicalisation de Mélik. »

Mon avis

J’ai choisis ce roman, non pas au hasard car toutes les histoires qui racontent l’antisémitisme m’interpellent. Cependant, l’auteure m’étais jusque là inconnue et ce fut une incroyable découverte.

Nous somme plongée à une époque qui pourrait être n’importe laquelle, où les religions s’affrontent dans les quartiers les plus défavorisés, où l’intolérance entre les jeunes est très présente. Joseph est le fils unique d’un père algérien et d’une mère israélienne. Alors que la vie en Israël se passait relativement bien pour ce jeune homme, il perdra subitement ses parents lors d’un bombardement. Le conflit israélo-palestinien fait rage est Joseph se retrouve contraint de revenir en France, chez un grand-père qu’il n’a jamais vu.

Le choc est rude pour l’un comme pour l’autre, son grand-père est rescapé des camps et ne souhaite en aucun cas être assimilé aux juifs de son quartier. Il se veut français et communiste et demande à Joseph de modifier son identité pour cacher ses véritables origines. Pour un adolescent en deuil et fière de sa patrie, la demande est aberrante. Il lui faudra beaucoup de courage pour renier son pays et accepter les bavardages de tous ses camarades qui défendent la Palestine de tout leur cœur. Il se liera malgré lui à Mélik et Leila en leur cachant la vérité sur son identité. Si Leila fait chavirer son cœur, Mélik à des fréquentations très radicales qui ne seront pas en adéquation avec ce qu’il pense.

Je vous rappelle que « Le sourire de l’ange » est une pratique barbare et sadique qui consiste à entailler la commissure des lèvres et à verser du jus de citron ou du sel sur la blessure. Le but est que la victime crie et qu’un sourire se forme à vie sur son visage.

Cela en dit beaucoup sur ce qui attend Joseph s’il révèle qu’il est israélien.

Beaucoup de thèmes sont abordés ici. La religion est le fil conducteur du roman et l’auteure apporte à son récit de véritables anecdotes sur la manière dont les pro-palestiniens considéraient les israéliens. L’amour est également présent, rythmé par le quotidien de misère de ces adolescents sans repères. Sont associés à ces jeunes : la drogue, l’alcool, les conflits et la domination. En effet, les séjours en prison permettent d’être un caïd respecté et Mélik sera le bras droit du plus gros caïd du quartier…

J’ai trouvé que ce roman était vraiment d’actualité. Il mérite d’être connu car la plume incisive de l’auteure reste bouleversante. Le racisme et l’intolérance que l’on connaît dans certains quartiers est ici bien raconté et nous permet de porter un regard neuf sur les faits divers qui passent à la télévision. Malheureusement, c’est un vrai sujet de société dont il est important de parler.

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Emilie Frèche

Tatiana de Rosnay en parle…

« Du haut de ses 27 ans, Emilie Frèche aurait pu, comme bon nombre de ses consœurs, nous livrer ses amours, ses galères, ses doutes. Elle a choisi une voie bien plus ardue, dont on ne peut que saluer la témérité.
Son roman raconte l’histoire de Joseph, 16 ans, Israélien, qui vient de perdre ses parents dans un attentat. Il arrive dans la banlieue de Mulhouse pour retrouver l’unique membre de sa famille, son grand-père. L’auteur nous livre un panorama impitoyable de la jeunesse d’aujourd’hui, soumise à un nouveau racisme, à un nouveau sexisme qui ne sèment que haine et discorde. Certaines scènes sont d’une barbarie insoutenable.
Rien de drôle, rien de léger dans le parcours de Joseph, qu’on lit le ventre noué, mais à chaque page du talent à revendre. Et une lueur d’espoir. »

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