Ecrit par l’auteur islandais Arnaldur Indridason. Publié aux éditions Métailié le 03 mars 2016.


Résumé

« Reykjavík, 1979. Le corps d’un homme est repêché dans ce qui va devenir le lagon bleu. Il s’agit d’un ingénieur employé à la base américaine de l’aéroport de Keflavik. Dans l’atmosphère de la guerre froide, l’attention de la police s’oriente vers de mystérieux vols effectués entre le Groenland et l’Islande. Les autorités américaines ne sont pas prêtes à coopérer et font même tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher la police islandaise de faire son travail. Dans un climat de tension, conscients des risques qu’ils prennent, Erlendur et Marion Briem poursuivent leur enquête avec l’aide d’une jeune femme noire, officier de la base. Le jeune inspecteur Erlendur vient d’entrer à la brigade d’enquêtes criminelles, il est curieux, passionné par son métier, soucieux des autres, mais il ne cache pas son opposition à la présence américaine sur le sol islandais. En parallèle, il travaille sur une vieille affaire non résolue. Une jeune fille disparue sur le chemin de l’école quarante ans plus tôt, à l’époque où la modernité arrivait clandestinement dans l’île, portée par les disques de rock et les jeans venus de la base américaine. Indridason construit un univers particulier, une atmosphère pénétrante et sans nostalgie, un personnage littéraire de plus en plus complexe, et le roman noir, efficace, est transformé par la littérature. »


Mon avis

Premier roman de l’auteur que je lis et premier tome que je découvre. Je n’ai pas été gênée par le fait de ne pas avoir lu d’autres enquêtes d’Erlendur, car dans ce tome-ci nous faisons un saut dans le passé qui nous entraîne à la prise de poste de notre policier à la brigade criminelle. Le personnage est ainsi plus jeune et, a priori, moins taciturne que dans des enquêtes postérieures à celle-ci.

Reykjavik, de nos jours

J’ai apprécié découvrir un univers que je lis peu. Même si j’entends beaucoup de bien des enquêtes se déroulant dans les pays nordiques tels que l’Islande ou la Norvège, je n’avais pas encore sauté le pas. Je lis cependant peu de polar et de romans policiers. J’ai donc été ravie d’avoir eu celui-là entre les mains. J’ai découvert avec plaisir ce que l’on retrouve dans les séries ou films adaptés de ces romans : une lenteur et un souci méticuleux du détail. Il ne faut certes pas s’attendre à des péripéties à chaque page tournée. Cependant, cela nous permet de nous immerger dans les enquêtes, nous ne sommes pas dans un roman surréaliste, ainsi, le lecteur se représente parfaitement le déroulement classique d’une affaire criminelle.

J’ai moins apprécié l’enquête principale en soi : celle d’un homme retrouvé immergé dans un lagon isolé. Un meurtre sans aucun doute, dont la victime serait tombée de plusieurs mètres de hauteur. Par contre, le contexte politique qui entoure cette histoire est très intéressant. Nous sommes en pleine guerre froide, l’Islande étant un territoire peu à peu « colonisé » par l’Amérique, d’où la présence de bases américaines. On ressent l’amertume des islandais, représentés par Erlendur, à l’encontre des américains. Le racisme est aussi évoqué.

J’ai davantage aimé la seconde enquête, celle que reprend à titre personnel Erlendur. Il s’agit d’un cold case qui date de vingt-cinq ans. Une jeune fille de quinze ans mystérieusement disparue. J’ai été plongée dans cette histoire, j’ai ressenti beaucoup d’empathie pour Erlendur qui agit avec passion et dévouement. Il est méticuleux, n’oublie aucun détail pour comprendre ce qu’il s’est passé.

C’est en somme une très bonne lecture. Comme je l’ai dit j’ai moins apprécié l’enquête principale peut-être parce qu’il me manquait des informations qui auraient pu m’aider à mieux comprendre la psychologie d’Erlendur. Cependant, le lecteur peut parfaitement commencer par ce tome-ci. C’est un ressenti purement personnel. C’est une ambiance froide, idéale pour les lectures d’hiver.

Arnaldur Indridason