Roman publié par l’autrice Elise Fisher. Publié aux éditions Presses de la Cité, collection Terre de France le 07/03/2019.

Merci Angel

Merci aux Presses de la Cité, Collection Terres de France pour l’envoi de ce roman qui fleur bon le terroir.


Résumé

« Entre Nancy et Champigneulles, les vies d’Odile et de sa fille Isabelle reflètent les grandes mutations de la seconde moitié du xxe siècle. 
Odile, épouse d’un ouvrier de métallurgie, connaîtra la difficulté d’élever seule ses enfants et la pénurie de logements ; Isabelle, forte de ses convictions, sans jamais renier ses origines populaires, aura à coeur de travailler comme journaliste. 
Des hauts-fourneaux lorrains aux premiers logements sociaux, de l’appel de l’abbé Pierre en hiver 1954 à la guerre d’Algérie, Odile et Isabelle traversent ces décennies, courageusement, avec leurs choix de femmes. Avec, en filigrane, un hommage aux grandes figures emblématiques lorraines : l’abbé Pierre et Jean Prouvé, architecte, designer, qui a rêvé d’une « maison des jours meilleurs » pour les plus démunis. »


L’avis de Caïtelhor

C’est avant tout deux portraits de femmes à travers deux générations. En plein milieu du XXe siècle, 1945 c’est la fin de la guerre. Élise Fischer me fait traverser la France puisque de l’Ouest où j’habite je vais aller faire un tour à l’Est, entre Nancy et Champigneulles.

Odile n’a pas eu de chance. Mariée à Henri (et à sa belle-mère Zélie), elle se retrouve vite enceinte, vite reléguée au second plan et vite seule à élever ses deux filles. Les difficultés pour se loger sont telles qu’Odile va subir l’insalubrité, le froid et les cafards, mais mieux vaut ça aux coups et à la violence de son mari volage de surcroît.

On est en pleine période où surgissent de terre les premiers logements sociaux (HLM). L’Abbé Pierre multiplie aussi les appels en ce février 1954 pour dénoncer la pauvreté, les exclus de la société et les abris de misère. Un homme Jean Prouvé trouve une place particulière tout au long du roman. Je découvre cet architecte designer qui a fantasmé toute sa vie sur « une maison des jours meilleurs » pour les plus nécessiteux, d’où peut-être le titre de ce roman ?

Sa fille Isabelle a plus de chance, elle a le bonheur de poursuivre ses études et exercer le métier de son choix le journaliste qui lui ouvrira la porte vers sa liberté si chère, elle ne sera pourtant pas épargnée par le destin.

L’autrice par le choix de ses mots nous donne un bel exemple de tolérance, de courage et d’acceptation. Isabelle n’ira pas contre les choix de sa mère, lui pardonnera même, car elle a compris que la vie est ainsi, pas égale, pas juste pour tous. Mais elle ne fera pas les mêmes erreurs et choisira d’aller vers l’avant. Elle s’accrochera à un principe fondamental : serrer les dents, étudier et aller de l’avant. Isabelle est la génération montante bénéficiant des nouveaux droits de la femme. Elle compte bien s’en servir pour progresser et ce contraste entre deux époques… de femmes est excellent ! J’ai adoré le survol des différents événements survenus dans cette région de l’est, on revisite l’Exposition universelle de 1889, les Jeux Olympiques d’hiver à Grenoble, la venue du Général de Gaule à Champigneulles… Souvenir souvenir ! Mais surtout le parcours de Jean Prouvé que je ne connaissais pas. Une quête créatrice presque maladive et toujours, toujours au service de l’homme : construire avec l’esprit de son époque, tel était son raisonnement.

« L’homme est sur terre pour créer. Donc, ne jamais plagier, toujours regarder vers l’avenir, quel qu’il soit. »  J. PROUVE 1982.

Merci, c’est un joli voyage que j’ai vraiment apprécié. Les auteurs « Terres de France » ont ce petit plus qui provoque un vent de fraîcheur et de découverte tant régional que culturel, un attachement à nos racines et vous en faites partie Élise Fischer !

Elise Fischer