Roman écrit par l’autrice Elsa Roch. Publié aux éditions Calmann-Lévy le 09 octobre 2019.


Résumé

« Paris, en pleine nuit. Amaury Marsac, chef de groupe à la Criminelle, découvre dans le hall d’un immeuble sa plus jeune équipière, Lise Brugguer, gisant entre la vie et la mort. Près d’elle, un cadavre d’homme à la tête explosée, mais pas d’arme.
Avant de sombrer dans l’inconscience, Brugguer lui révèle qu’elle a une fille de trois ans, qui est peut-être en danger, et que lui, Marsac, doit veiller sur elle.
Marsac est stupéfait d’apprendre l’existence de cette enfant. Et quand il la rencontre, petite fille muette aussi mystérieuse qu’attachante, la protéger devient son obsession. Mais pourquoi Brugguer était-elle dans ce hall ? Quelles étaient ses relations avec la victime, vermine criblée de dettes ? Et qui pourrait en vouloir à cette petite fille ?
Marsac va devoir démêler les faux-semblants et déterrer les secrets du passé de son équipière pour percer la vérité. Et vaincre l’Ogre… »


L’avis de Caïtelhor

Je remercie les Éditions CALMANN LEVY NOIR pour l’envoi du roman d’Elsa Roch « Le baiser de l’ogre ». C’est une auteure que je découvre avec plaisir. Je lis que son goût du « polar » lui vient d’écrivains américains tels que Lehane ou James Lee Burke, mais aussi de l’auteure française Fred Vargas la seule que je connaisse et que j’ai lue. Toutes et tous baignant dans l’univers du « rompol »… abréviation de Roman Policier of course !

Marsac, chef du groupe de la Crim » est ébranlé. Que fait Lise Brugguer sur cette scène de crime non pas comme témoin ou comme flic (puisqu’elle est sa jeune équipière), mais comme victime ? Une balle dans le dos, elle gît à côté d’un homme à la tête explosée. C’est lui Amaury Marsac qu’elle a appelé à l’aide avant de sombrer dans le coma. Ses derniers mots sont incompréhensibles, il ne faut pas qu’on sache qu’elle se trouvait là et pire elle le supplie de prendre soin de sa petite fille Liv trois ans qu’il faut protéger alors qu’il ne connaissait même pas son existence la veille !

Marsac fait une chose qu’il n’avait jamais faite jusqu’à ce jour. Il accepte d’aider Brugguer et décide de cacher la vérité à ses coéquipiers. Pas facile alors qu’un nouvel homicide se profile à l’horizon. Cloîtré chez Brugguer il reste en contact avec son équipe, mais la situation est électrique. Il faut découvrir qui sont ces cadavres et il doit avancer dans le passé de Brugguer pour éclaircir les zones d’ombres qui l’entourent. Il lance un code d’urgence à son meilleur ami et collègue Raimbault parti loin se ressourcer « Napoléon s’enflamme ». Celui-ci quitte à regret son havre de paix et saute dans le premier vol pour Paris. C’est ça aussi l’amitié.

Et puis, ils ne seront pas trop de deux pour s’occuper de Liv. Ha ! Liv, petite fille diagnostiquée autiste qui remue ses petits doigts devant son visage comme deux jolis papillons. Marsac la surnommera « Miss Butterfly ». Il tombe raide dingue d’elle. Liv dans sa tête l’appellera Amaury-douceur. Bel hommage que rend ici Elsa Roch à la petite fille dont elle s’est occupée à l’adolescence. Le ressenti d’un auteur, son lâcher-prise sur ses sentiments personnels, sont essentiels parfois pour l’écriture d’un roman. Le message est bien passé, reçu en plein cœur. J’ai été très émue de la relation Marsac-Liv qui n’est que douceur, sécurité et amour.

« Viens, Miss Butterfly, je t’emmène écouter les rires des mouettes de Paris sur les bords de la Seine. »

La plume d’Elsa Roch m’a séduite par son style poétique presque lyrique. Une écriture contemporaine jeune et enlevée :

« Dehors, le ciel a perdu de sa superbe estivale et se nappe d’un entrelacs gris monochrome qui ressemble comme un frère à un matin de rendez-vous d’autopsie. »

Elle tient en haleine le lecteur tout au long d’une enquête… complexe, par de petits chapitres vifs, chacun dégageant les infos nécessaires pour suivre les péripéties de Marsac autant sur le terrain qu’auprès de la petite fille. On ressent la compréhension et la solidarité au sein de son équipe malgré les non-dits de leur chef.

J’ai beaucoup aimé sa façon d’aborder chaque partie par une phrase sortie du texte telle que : « Portée par la nuit, une nuit qui lui évoque les fonds sous-marins qui ont peut-être englouti et Solène et ses amours perdus… » Oui, je suis fan ! « La nuit, je mens » de Bashung a accompagné ma lecture qui de surcroît s’achève sur une bonne note, tel que j’espérais ! Que du bonheur !