L’anniversaire est un roman écrit par l’auteur algérien Mouloud Feraoun (1913-1962), publication française au Edition du Seuil en 1972. Il fut victime à Alger le 15 mars 1962, avec cinq de ses collègues inspecteurs de l’Education Nationale, de l’assassinat de Château Royal attribué à l’OAS, à quatre jours seulement du cessez-le-feu.

Résumé

« Les murs tremblent. L’atmosphère est empoisonnée de haine et de fureur. Claire est parmi les siens. Moi, je me cache jusqu’à la fin des négociations. Elle est française, je suis algérien…

Quelques jours avant son assassinat, Mouloud Feraoun compose les premiers chapitres de ce roman inachevé, suivis ici d’études, de récits et de trois textes autobiographiques. »

Mon avis

J’ai découvert cet auteur dans une librairie à Marrakech, comme à chaque déplacements, j’aime y ramener des petites trouvailles littéraires. C’était à ce moment là : Le fils du pauvre : « Une enfance et une adolescence dans une famille kabyle, pendant l’entre-deux-guerres. C’est, à peine transposée, la jeunesse même de Mouloud Feraoun que nous découvrons. Ce témoignage plein de vérité et d’une émotion qui se teinte volontiers d’humour est d’un admirable conteur, qu’on a pu comparer à Jack London et à Maxime Gorki. »

On y voyait ce jeune garçon devenir un homme grâce à une bourse et a son entrée dans une école supérieure pour y devenir instituteur. Un roman autobiographique très touchant et dont on ressentait son amour pour sa Kabylie natale. Sa plume est très fine et très élégante et c’est avec plaisir que j’ai commencé ce second roman en ma possession. Les quatre premiers chapitre sont ceux d’un roman qui devait voir le jour, celui d’une histoire d’amour impossible entre un algérien et une française pendant la guerre. Une histoire que j’ai trouvé compliquée à lire, dont on a du mal à suivre le fil conducteur. On passe du pronom « on » à « je » à « il » et au final on ne sait plus trop de qui on parle. Les tournures de phrases sont également très élaborées et très recherchées. Il maîtrise la langue française à la perfection mais pour ma part, une relecture n’est vraiment pas superflue pour tout situer. Ensuite nous avons des extraits de sa correspondance avec Albert Camus dont on apprend beaucoup de chose, pour ceux qui comme moi ne sont pas très attirés par sa bibliographie. Cela m’a donné envie de lire L’étranger… Nous avons également des extraits de son journal, où il nous parle notamment d’un voyage en Grèce qui l’a beaucoup touché.

Et enfin ce que l’on attend avec impatience lorsque l’on a lu Le fils du pauvre, trois chapitres inédits qui devaient constituer le second tome de son autobiographie. On retrouve dans ces trois chapitres, sa plume légère et passionée. Il est passionné par son récit qui est l’histoire de sa vie et de sa famille. Il semble ne plus se contenir autant que lors des précédents écrits ou l’écriture était tellement soutenue… On retrouve le plaisir de le lire et on ressort de ce petit roman le sourire aux lèvres malgré un début compliqué et peu prometteur 🙂

13/20 pour les trois quart du livre que j’ai eu du mal à lire:) Ce qui ne m’empêchera pas d’en lire d’autre de cet auteur !

« Je suis de ceux qui n’éprouvent nul regret pour leur jeunesse et qui ne voudraient pas revivre les temps écoulés : en bref, j’aime regarder en avant, non en arrière, me réservant une fois arrivé au mur, de m’arrêter un long moment, si possible, d’accomplir un demi-tour sur place afin de revoir tout d’un seul coup d’oeil et de constater définitivement que je n’avais en effet rien à regretter de tout le passé. Rien. Rien. »