Reportage écrit par le journaliste suédois Hannes Rastam. Publié aux éditions Denoël le 4 juin 2014 puis aux éditions Le livre de poche le 27 mai 215

Un grand merci aux éditions Le livre de poche pour ce partenariat

Résumé

« Thomas Quick est reconnu coupable de huit meurtres, et en confesse vingt-cinq autres. Il est considéré comme le violeur, cannibale et tueur en série le plus impitoyable de l’histoire scandinave. Printemps 2008. Hannes Râstam, journaliste d’investigation, décide de lui rendre visite à Sater, un hôpital psychiatrique de haute sécurité où il est interné à vie. Après l’entrevue, Râstam commence à inspecter tous les documents liés à l’enquête. Il décortique chaque interview, épluche les déclarations du serial-killer, étudie en profondeur les verdicts et les nombreuses reconstitutions des crimes par la police. Il réussit même à accéder au dossier médical de Sater – pourtant supposé disparu – et à des rapports policiers sur l’affaire jusque-là inaccessibles. Rapidement, le doute s’installe en lui: il finit par reconstituer le puzzle et par découvrir l’impensable … Thomas Quick est innocent. Le mystère de l’affaire s’intensifie et devient plus sombre encore. Car si Thomas Quick n’est pas coupable, qui est donc le véritable et terrifiant meurtrier? Et comment un homme innocent a-t-il pu être reconnu coupable de tels crimes? L’Affaire Thomas Quick est la véritable histoire d’un homme déroutant, instable et ambigu, un coupable idéal, et d’un assassin sauvage qui, lui, court toujours. Et l’histoire a prouvé que Hannes Râstam avait raison puisque, en août dernier, Thomas Quick a été blanchi de toute accusation et s’apprête à commencer une nouvelle vie. »

Mon avis

Thomas Quick/ Sture Bergwall Foto: AP / Yvonne Asell / NTB scanpix

Lorsque j’ai vu ce livre il m’a de suite interpellé. L’affaire me paraissait tellement scandaleuse ! Et pourtant je n’en avais encore jamais entendu parler. Thomas Quick (Sture Bergwall) a confessé trente-tois meurtres qui impliquent viols, pédophilie et cannibalisme. Il a été inculpé pour huit d’entres eux.

Nous suivons progressivement l’affaire, depuis son enfance, aux premiers aveux. Son histoire est à la fois triste et choquante. Mentalement dérangé et se sentant délaissé et isolé, Thomas Quick s’est rendu compte qu’auprès des médecins il avait un peu plus de valeur qu’aux yeux des autres personnes de la société. Il utilise la psycho-thérapie pour avoir de l’importance au moins pour une seule personne. Lorsque les thérapeutes jugent sont cas « non-intéressant » et qu’ils estiment inutile de multiplier les séances, Thomas Quick invente. Il invente des choses atroces pour remonter dans leur estime, il veut gravir les échelons pour devenir un patient à suivre, pour devenir une personnalité intéressante auprès du corps médical et judiciaire.

Il commence par inventer une enfance malheureuse auprès de parents sans cœur qui le maltraitent, le violent et veulent le tuer. Il confesse par la suite une série de meurtres. Malgré les incohérences dont nous lecteur, nous nous rendons compte au fur et à mesure des pages, il est quand même inculpé. C’est tellement jouissif pour les policiers d’élucider des meurtres vieux de vingt ans ! Comment résister à l’envie de boucler toutes ces affaires ? D’autant que Thomas Quick a le profil idéal, avant lui on avait jamais vu un tueur en série aussi célèbre, ayant tué autant ! Même Jack l’Éventreur ne fait pas le poids dans la balance de l’horreur ! Une alliance implicite a ainsi vu le jour entre les médecins et les enquêteurs, plus Thomas Quick avouera des meurtres non résolus, plus les médecins lui accorderont la dose de médicaments auxquels il est devenu accro, la grande majorité étant des psychotropes, il n’a pas été difficile pour lui de s’approprier des scènes de crime.

Le déroulé du roman est vraiment choquant, c’est hallucinant de constater à quel point la justice et la médecine se sont posés aussi peu de questions face aux incohérences de Thomas Quick. S’il ne se rappelle pas, ce n’est pas qu’il ne sait pas : il refoule. Voilà la logique des thérapeutes.

Concernant le roman en soi, j’ai été un peu lassée de ma lecture. Les gros livres ne me dérangent pas mais celui-là manque parfois un peu de profondeurs. Il y a trop de détails, je sais qu’ils sont obligatoire pour comprendre réellement tout ce qu’il c’est passé mais je me suis tout de même un peu ennuyée. Outre cela, l’histoire est formidablement bien écrite, l’écriture est fluide et les chapitres courts, ce qui rend la lecture assez rapide.

Je le conseille vivement aux amateurs d’histoires criminelles, celle-ci est le summum de toutes celle que j’ai pu lire !

Hannes Rastam & Sture Bergwall

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