Mai 122018
 

Ecrit par l’autrice américaine Kij Johnson. Publié aux éditions Le Bélial le 15 février 2018.

Un grand merci à Babélio et Le Bélial pour cette découverte.


Résumé

« Clarie Jurat a disparu. Nul ne sait où, mais il semblerait qu’elle se soit enfuie en compagnie d’un homme… un homme venu du monde de l’éveil. Au sein du Collège de femmes d’Ulthar, c’est la consternation : pareille fugue pourrait remettre en cause l’existence même de l’institution. Pour Vellitt Boe, le temps est venu d’abandonner ses atours confortables de professeure vieillissante au profit de sa défroque oubliée de voyageuse émérite ; retrouver son élève est impératif. Une quête qui la conduira loin, bien plus loin qu’elle ne l’imagine, d’Ulthar à Celephaïs, au-delà même de la mer Cérénarienne, jusqu’au trône d’une ancienne connaissance, un certain Randolph Carter… »


Mon avis

Premièrement, je trouve le livre réellement mis en avant par la couverture, avant d’en découvrir le résumé. L’illustration de Nicolas Fructus m’évoque un monde mystique et étrange, dont on ne sait pas trop s’il faut en penser du bien ou en avoir peur. Le chat n’est pas très avenant, les tentacules en arrière m’évoquent Chtulhu bien qu’il n’y ait aucun rapport avec le récit. Et enfin les astres et les étoiles… Les millions d’étoiles du monde de l’éveil qui questionnent tant notre héroïne…

Vellitt Boe est professeure dans la cité d’Ulthar, mais avant cet ancrage dans un quotidien sans folies, Vellitt était une intrépide voyageuse. Elle a visité les contrées du rêve de part en part, a fait des rencontres incroyables et a vécu mille dangers. Le seul endroit qu’elle n’est pas vu est Le monde de l’Éveil. Elle a pu s’en faire une image grâce à son amour de jeunesse Randolph Carter, ancien habitant de ce monde sans Dieu, qui a décidé de rester vivre dans le monde de Vellitt (le protagoniste principal de Lovecraft). Ce qu’elle en sait se résume à la présence de millions d’étoiles alors que chez elle il n’y a en a que dix-sept, et que les Dieux n’ont pas autant de pouvoir sur les hommes que chez elle.

« Sur un coup de tête, elle entra dans sa chambre et se mira dans sa psyché. Une inconnue infiniment familière lui rendit son regard sévère: tenue de marche en tweed, lourdes bottes lacées, cheveux noirs et argent tirés en arrière, visage ridé bien dégagé. Une femme âgée sans rien de doux – ou plutôt, pensa-t-elle avec un petit ricanement silencieux, une femme pas si vieille que cela et plus douce qu’elle ne l’avait jamais été. »

Un matin, la rumeur gronde dans les murs de l’institut pour femmes dans lequel enseigne Vellitt. Clarie Jurat, l’une de ses plus brillantes élèves s’est enfuie pour le monde de l’Eveil avec l’un de ses habitants venu la chercher. Malheureusement, Clarie est la fille de l’un des mécènes de l’université qui pourrait faire fermer l’institut. De plus, elle est aussi la descendante d’un Dieu endormi, qui, s’il se réveille et découvre la disparition de cette dernière, pourrait bien détruire la ville.

Vellitt décide de se lancer à sa poursuite et de la ramener. Pour cela, elle devra renouer avec une vie qui n’est plus la sienne. Elle a cinquante ans, mais au fond, elle redécouvre en elle, la flamme qui brûlait jadis en son cœur et son esprit aventurier. À ses côtés, un chaton décide de l’accompagner dans son périple. J’aurais d’ailleurs aimé comprendre pourquoi le chat est maître dans les contrées du rêve ?

Ce que j’ai appris en lisant ce récit c’est la misogynie dont faisait preuve Lovecraft dans ses textes. La femme est invisible, fade et sans intérêt. Elle doit d’ailleurs, comme Vellitt, se réjouir de ne pas avoir été violée dans sa vie, ou si peu… Les femmes ne sont pas instruites car l’éducation est faite pour les hommes et ne voyagent pas. Elles restent s’occuper de leur maison et de leurs enfants. C’est ce que dit Carter a un moment donné, qu’elles ont des rêves si petits… L’autrice a réussi une réécriture de l’oeuvre de Lovecraft en y intégrant comme personnage principal, une femme ! Et pas n’importe laquelle, elle est forte, déterminée, intelligente et plus audacieuse que les hommes.

Ce que j’ai moins aimé, c’est l’aspect un peu linéaire du récit. On traverse avec elle la forêt des zoogs, Ilek Vad… Nous rencontrons au détour de notre voyage, des goules et toutes sortes de monstres, mais on ne prend pas le temps de s’arrêter. J’ai éprouvé quelques difficultés à m’immerger dans ce récit qui pourtant m’a beaucoup plu !

« Pourtant plus gros, les ghasts et les gugs l’épouvantaient beaucoup moins. Ces êtres monstrueux avaient l’avantage de ne présenter aucun caractère humain, et on ne voyait nul trace d’intelligence dans leurs yeux effrayants. Quand on observait les goules, du point de vue de leur morphologie comme de leur comportement, rien n’était plus simple que d’envisager la possibilité de sa propre dégénérescence; comme si la seule chose qui les séparait des humains, en définitive, se résumaient aux articulations grotesques de leurs jambes. »

Il reste à mes yeux une belle découverte et rend justice aux femmes lovecraftiennes 😉

  One Response to “La quête onirique de Vellitt Boe – Kij Johnson”

  1. Oui, quelques pages de plus (le roman est très court !) auraient permis de mieux découvrir ce monde. Mais c’est une très belle lecture !

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