Ecrit par l’auteure Joy Sorman – Publication le 21 août 2014

Résumé

« Le narrateur, hybride monstrueux né de l’accouplement d’une femme avec un ours, raconte sa vie malheureuse. Ayant progressivement abandonné tout trait humain pour prendre l’apparence d’une bête, il est vendu à un montreur d’ours puis à un organisateur de combats d’animaux, traverse l’océan pour intégrer la ménagerie d’un cirque où il se lie avec d’autres créatures extraordinaires, avant de faire une rencontre décisive dans la fosse d’un zoo.
Ce roman en forme de conte, qui explore l’inquiétante frontière entre humanité et bestialité, nous convie à un singulier voyage dans la peau d’un ours. Une manière de dérégler nos sens et de porter un regard neuf et troublant sur le monde des hommes. »

Un roman sans âme…

J’ai acheté ce livre à un ami, qui l’a lu, a eu un sentiment mitigé et me l’a prêté pour que je m’en fasse ma propre opinion… elle aussi, mitigée !

Le résumé me semblait intéressant, j’aime les histoire d’hommes et de bêtes, qui traitent d’une façon ou d’une autre de la souffrance animale. Le parallèle entre les sentiments humains de l’ours et sa vie d’animal de foire m’a beaucoup plu. Peut-être que je m’attendais à quelque chose de plus grand.

Selon moi, tout est dit dans le résumé du livre. D’abord il voyage aux côtés d’un montreur d’ours, on pourrait s’attendre a ressentir la douleur de l’animal lorsqu’il est dégriffé pour ne pas blesser les passants, lorsqu’on lui perce le museau pour y passer un anneau… mais non, cela parait gênant pour lui mais aucune trace de réelle souffrance. J’ai longtemps défendu la cause animale, je la défend toujours, je sais ce qu’il en est des montreurs d’ours et une chose est sûre, il ne sont pas tendre avec leurs bêtes !

Les combats d’animaux c’est le même principe. Je ne dévoilerais pas l’issu de ces combats mais rien de bien choquant quant on sait comment ça se passe dans la réalité…

La traversée est par contre très bien décrite, c’est un peu plus sordide et plus proche de la réalité je pense, on comprend que nos amis les bêtes n’ont pas le pied marin. On visualise très bien ce que peut-être un tel voyage pour un animal enfermé, stressé et malade. On se met à la place de ces animaux-là et toute leur souffrance est palpable. j’ai trouvé que l’auteure a été honnête sur ce point envers le lecteur.

Sa vie dans le cirque est intéressante mais bien longue, il accepte son sort d’ours patineur sans broncher et vit au gré des hommes, quelques rencontres féminines pertinentes pour lui mais rien de bien extraordinaire.

La vie au zoo est relativement bien décrite aussi quant à son ressenti dans un espace exiguë. Il sait qu’il mènera un fin de vie sans sans plus aucune  importance pour quiconque. La rencontre « décisive » pour moi ne l’ai pas, on se dit que c’est un peu bâclé et que la personne qu’il rencontre n’apporte rien de plus à sa vie ni tellement à sa mort au final…

Un conte, oui… mais !

Il s’agit en effet d’un conte qu’il ne faut pas prendre au premier degré, certes. Mais quand même ! Soit disant le livre explore la frontière entre l’humanité et la bestialité. Dans le livre il est vrai que c’est l’homme qui réagit davantage comme une bête. L’ours, lui se laisse faire dans toutes les situations, il ne se rebelle pas de peur de mourir c’est louable mais je refuse de croire que l’humanité c’est ça : être gentil et serviable et n’avoir que le droit de se taire. On a envie que l’ours au tempérament d’homme se batte, se rebelle, se délivre de l’emprise de l’homme-bête mais non.

« Au milieu de la foule anonyme se dissimulent nombre d’hommes aigris, mécontents du monde dans lequel ils sont nés et qui tracassent les bêtes désarmés pour se soulager »

Si l’histoire avec sa mère commence bien, elle s’estompe bien vite et on finit par un peu s’ennuyer…

Il s’agit d’un point de vue sur la société qui n’est pas le mien 🙂 Hormis ceci, l’écriture est fluide et agréable, le livre se lit rapidement mais s’oublie assez rapidement aussi.

12/20 pour la bonne plume de l’auteur et une idée originale !