Ecrit par l’auteure française Emilie de Turckheim. Publié aux éditions Héloïse d’Ormesson le 02 octobre 2014. Réédité aux éditions Le Livre de Poche le 04 mai 2016.

Je remercie chaleureusement les éditions Le Livre de Poche pour cette très bonne lecture.

Résumé

« Dés l’instant où elle découvre le trait bleu sur le test de grossesse, Emilie se confie â son journal. Avec une sincérité sidérante, elle partage tout, les anecdotes du quotidien, ses amis, ses amours passées et présentes, son fils de deux ans qui babille… Et surtout l’émouvante rencontre avec la « petite prune » qui grandit jour après jour dans ce ventre qui lentement s’arrondit et s’alourdit jusqu’à faire disparaître son nombril.
Emilie a mille vies, elle est écrivain, modèle, visiteuse de prison, maman, aime le sexe, les voyages, les cactus et les gâteaux aux amandes. On rit, on pleure, on la suit aveuglément dans ce roman d’une vie où elle livre sans détour ni tabous son univers intime qui résonne comme une expérience universelle. »

Mon avis

C’est le premier livre que je lis de cette auteure et c’est une très bonne découverte !

Etant moi-même en train de constater la disparition de mon nombril pour la seconde fois, je ne pouvais que ressentir une attirance pour cette histoire, entre fiction et réalité, un journal proche d’un roman on ne sait jamais trop. J’ai ressentis beaucoup d’empathie sur ce personnage et pour les anecdotes qui parfois font vraiment mouche !

Nous rencontrons une Emilie emprunte de douceur et de folie, une femme déterminée qui vit avec le papa de son petit Marius de bientôt deux ans. Nous rencontrons également une femme qui aime le sexe, sujet tabou et présent partout dans ce récit de vie. Une femme qui pose comme modèle pour des passionnés d’arts plastiques et qui est également visiteuse de prison. Au gré des nausées, véritables ennemies de la grossesse alors qu’on a faim, elle nous raconte son quotidien d’auteure, de maman et de femme.

L’écriture est fluide, les anecdotes sont courtes et vont droit au but. Pas de détours, Emilie de Turckheim nous livre ses impressions telles qu’elle les reçoit, de manière crue et spontanée.  On peut, ou non, s’identifier à elle, à ses émotions. Même si le lecteur est indifférent à cette grossesse, ou s’il ignore tout de ce que l’on peut ressentir durant ces neuf mois là, la plume de manque pas d’originalité. C’est tellement innée que ça en est bouleversant de sincérité.

Ces neuf mois sont comme une préparation à une nouvelle vie. Emilie nous parle de son appartement trop petit, des déboires amoureux de sa meilleure amie, d’un magnifique voyage au Japon avant que la famille ne s’agrandisse, d’un démon caché qui s’appelle « Trisomie 21 ». J’ai eu la petite larme, déjà parce que moi-même enceinte, les émotions sont au garde à vous, prêtes à sortir par vos yeux à la puissance 10, mais aussi parce que j’ai également eu un doute lors de ma prise de sang concernant cette maladie génétique. Le stress m’a rongé un mois durant et j’ai parfois eu l’impression que l’auteure s’était inspirée de ma propre expérience. Je réalise que nous sommes nombreuses à appréhender la grossesse de la même manière.

J’ai entamé mon septième mois de grossesse avec ce journal et j’ai vraiment été touchée. C’est frais, c’est drôle et optimiste. Les mêmes questions nous taraudent toutes, est-ce un garçon ou une fille ? Quel prénom choisir ? Ni trop long, ni trop court, qui sonne bien… C’est vraiment du vécu et j’ai adoré l’authenticité de ce texte.

Le seul petit bémol c’est qu’Emilie nous parle beaucoup de son quotidien mais finalement et bizarrement, il m’a manqué davantage d’anecdotes concernant la grossesse en elle-même. Cependant c’est un très beau témoignage, une très belle hymne à la vie.

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Emilie de Turckheim