Ecrit par l’auteur israélien Eshkol Nevo. Publié aux éditions Gallimard le 25 février 2016.

Résumé

« Quand le riche Américain Jeremiah Mendelstrum décide de faire un legs à la Ville des Justes, en Galilée, afin que la municipalité y édifie un bain rituel à la mémoire de son épouse décédée, il ne sait pas encore que ce don va tout changer pour Anton et Katia, nouveaux immigrants russes dans un quartier excentré de la ville. Ni que les vies de la séduisante professeure de clarinette Yona et de Naïm, un jeune Arabe israélien chargé des travaux, seront bouleversées par ce chantier. Ni que leurs chemins croiseront celui de deux anciens kibboutzniks, Ayélet et Moché, venus dans la Ville des Justes après leur retour à la religion mais dévorés par une passion jamais éteinte. Tous se cherchent, se fuient, se retrouvent – parfois – pour mieux se perdre. Car les personnages de ce truculent roman sont tous en quête de l’autre moitié de leur âme. Mais il est aussi question d’espionnage militaire, de miracles, d’ornithologie, de musique et de religion, des premiers chagrins d’amour et des érections perdues, de pérégrinations en Inde ou au Costa Rica, puis de ces jours de miel que la vie nous accorde parfois, « quand deux êtres humains se rencontrent au bon moment et se transforment en un lieu, un lieu authentique, chacun pour l’autre ». »

Mon avis

Ce livre m’a interpellé car j’apprécie les intrigues qui se déroulent dans des pays que l’on a pas l’habitude de rencontrer dans beaucoup de romans, ici Israël. De plus, la couverture est tape-à-l’oeil, pari réussi pour les éditeurs, elle m’a donné envie de le lire. Et le résumé laissait présager une lecture sympathique donc je n’ai pas vraiment pas hésité à me le procurer !

L’intrigue se déroule donc dans la Ville des Justes. Cette ville est prospère grâce aux pèlerinages des religieux sur les tombeaux des Justes et sur les autres édifices Saints. Le but de ce déplacement est de quémander à l’oreille du Juste qui se trouve dans le tombeau : l’amour, la richesse, la fertilité… En Amérique se trouve un juif qui avait prévu de se rendre en pèlerinage dans cette ville avec sa femme malheureusement décédée avant leur départ. Il décide d’offrir une somme conséquente d’argent pour la construction d’un mikvé, un bain rituel destiné à se purifier. Autour de cette construction graviteront plusieurs personnages et plusieurs destinées.

L’un des thèmes majeur abordé ici est l’incompréhension qui règne entre des civilisations différentes : les juifs d’Israël (les sabras), les arabes et les immigrés russes (retraités de surcroît !) qui emménagent dans la ville dite de « Sibérie », là où le bain sera construit et peu renseignés sur les pratiques religieuses du pays. Un autre thème important est le retour à la religion des deux protagonistes du roman : Moché et Ayélet. Deux anciens amants désormais mariés qui vont se retrouver autour du mikvé ; lui l’a construit, elle, elle en est la gardienne.

Mais le roman, drolatique, n’aborde pas que des sujets sérieux loin de là ! Les immigrés russes nous offrent ici notre dose d’humour et d’ironie. Se mêlent les problèmes d’érection des uns, les parties d’échec des autres et les rendez-vous amoureux à deux ou à plusieurs… Mais également les problèmes de couple, l’infidélité, l’amour pur, l’ornithologie et l’armée ? Un régal pour le lecteur qui n’a pas le temps de s’ennuyer !

Ce roman est une jolie satire sociale, politique et culturelle, j’imagine, de la société israélienne. Je n’ai pas l’habitude de lire des récits qui abordent ce pays et je le découvre avec délice, à travers le regard d’Eshkol Nevo.

3_coeurs

Eskol Nevo