Roman écrit par l’auteur français François-Guillaume Lorrain. Paru aux éditions Sarbacane le 04 janvier 2017.

Un grand merci à la maison d’édition pour cette belle lecture

Résumé

« En 1936, Kee-Chung remporte le marathon aux Jeux Olympiques de Berlin sous les couleurs du Japon. Le jeune Coréen, dont le pays a été annexé, a dû courir sous les couleurs de l’ennemi. »

Mon avis

Ce roman retrace avec justesse me semble-t-il, le parcours d’un jeune coréen éduqué sous le joug des japonais alors que son pays est annexé. L’auteur nous conte l’enfance de ce sportif de renom qui a réussi à poursuivre son rêve malgré la terreur dans laquelle il a grandit.

Pas à pas nous suivons notre jeune héro Sohn Kee-Chung, qui prend conscience de sa faculté à la course alors que lui et son frère aîné sont pourchassés par les japonais. Ils ont en effet préparé une révolte dans leur école le jour de la remise de leur certificat d’études. Son père perd beaucoup à cause de ce peuple ennemi qui raflent les vivres et s’approprie le territoire. Il confiera alors une mission périlleuse à son petit dernier : aller chercher de la nourriture sur le marché de l’autre côté du fleuve, pour la revendre aux japonais. Sohn Kee-Chung, n’a même pas dix ans qu’il parcours chaque matin une cinquantaine de kilomètres pour permettre à son père de gagner de l’argent en revendant fruits et légumes. Son professeur s’intéressera alors de près à ce jeune prodige et sera le deuxième, après sa jolie copine de classe, à l’encourager dans la voie du sport de compétition. 

1936 sera une année décisive pour cet enfant devenu homme et vainqueur du plus grand marathon mondial. Deux sud-coréens seront sur le podium, lui en première place, un concurrent en troisième position. Sohn Kee-Chung, devenu aux yeux des japonais « Son Kitei ». Lors de l’hymne japonais les deux coureurs baisseront la tête et tenteront de dissimuler au maximum leur drapeau japonais. Sohn Kee-Chung stoppera alors sa carrière d’athlète ce jour là, préférant se battre pour l’indépendant de son pays natal, la Corée. 

Sohn Kee-Chung tête baissée, cachant son drapeau japonais.

J’ai trouvé que ce roman était vraiment original de par le thème abordé. Voilà un pan de l’histoire peu traité dans les récits, fictif ou non, pour les adultes. Alors j’ai été surprise de découvrir ce texte pour la catégorie jeunesse. C’était un pari audacieux, mais un pari réussit. D’autant que la lecture est fluide et plaisante, les chapitres sont courts, il n’y a pas de temps mort. Le rythme est bien soutenu et j’ai aimé la façon dont la prise de conscience de cet enfant intervient, progressivement, mais avec évidence pour le lecteur.

Nous apprenons beaucoup de choses, c’est un fait que j’aime beaucoup dans la littérature jeunesse : que l’enfant en ressorte instruit (même un tout petit peu). Evidemment la lecture doit rester un immense plaisir mais nous retrouvons souvent une petite morale dissimulée malgré tout. Ici l’auteur pointe la persévérance et l’espoir, deux thèmes dont nos jeunes lecteurs ont bien besoin aujourd’hui.

Sohn Kee-Chung 1936

 

François-Guillaume Lorrain