Ecrit par l’auteur français Ayerdhal. Publié en 2009 aux éditions Au Diable Vauvert, réédité aux éditions Le Livre de Poche le 16 mars 2016.

Un grand merci aux éditions Le Livre de Poche pour cette lecture

Résumé

« Il était moitié médecin moitié technocrate, à Genève. Il avait un nom. Il n’en a plus : on le lui a retiré un soir, avec le reste de son existence. Une limousine devant, une derrière, un coup de freins, des portières qui claquent, un pistolet-mitrailleur, deux baffes bien assénées, une cagoule, des jours dans une cave sous perfusion et somnifères… Normal pour un kidnapping !
C’est au réveil que ça commence à clocher, quelque part dans un désert africain, à côté d’un vieillard gravement gangrené, quand un commando humanitaire lui confie la responsabilité médicale du village dans lequel il l’abandonne… »

Mon avis

Je ne suis pas une grande adepte de science-fiction au sens vaisseaux et planètes lointaines du terme. Ce roman nous permet d’appréhender la science-fiction différemment. Entre imaginaire et réalité il est vrai que l’on peut se poser la question : cette histoire pourrait-elle être vraie ?

L’Interne, comme il se fera appeler durant tout le récit, est un bureaucrate qui travaille dans le domaine spatial. Sans savoir pour quel motif et pensant à une grossière erreur il se fait kidnapper un soir. Il sera enfermé durant plusieurs jours, affamé et transporté dans le tiers-monde africain, en plein désert où survivent des réfugiés dans des camps de fortune. Pendant longtemps il se demandera, pourquoi lui ? Il a des connaissances en médecine mais pas suffisamment, il ne fait pas parti de ces humanistes actifs, lui il gère simplement de la paperasse concernant les engins que l’on envoie dans l’espace, quel rapport ?

L’intrigue est très active dans le premier tiers du roman, l’incompréhension du personnage est palpable, personne ne lui donne la moindre information, il se retrouve entouré par la misère humaine sans comprendre quoi que ce soit, c’est vraiment prenant. Ensuite, l’action est moins présente. On nous donne peu à peu les ficelles du dénouement final, des bribes d’informations pour nous permettre de faire le lien entre l’industrie spatiale et la famine en Afrique, pour comprendre les motivations de ce groupe que l’interne qualifie de terroristes humanitaires. Car ce groupuscule kidnappe les plus fortes têtes pour avancer dans son ambition d’une oasis en enfer, quitte à tuer.

Quant aux personnages, je les ai trouvé très attachants. Les plus dénués de moral finissent pas devenir les plus humains à nos yeux. On se surprend à soutenir leur organisation et leur but bien que condamnable. L’Interne est un personnage en constante évolution, qui mûrit au contact de la misère et qui prend conscience du monde qui l’entoure. Son expérience le changera à jamais mais il ne retrouvera cependant plus jamais la paix intérieure, bien qu’il trouve un sens à sa vie.

Je n’ai pas compris toutes les informations qui concernent l’industrie de l’espace, il y a des termes pour une novice dans le genre qui ne me sont pas du tout familiers mais cela n’a pas gêné ma compréhension du texte. Je n’ai cependant pas réussi à l’apprécier à sa juste valeur. Je pense lire d’autres romans de cet auteur afin de comprendre sa plume et son langage. J’ai été un peu mitigée pendant ma lecture mais je garderais ce livre sur mes étagères car le potentiel de réflexion qu’il offre est énorme.

Je le recommande vivement à tout type de lecteur, habitué ou non de la science-fiction car je pense qu’il peut ouvrir de nouveaux horizons littéraires à beaucoup d’entre- eux.

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Ayerdhal