Ecrit par l’auteur espagnol Eduardo Jauregui. Publié aux éditions Presses de la Cité le 19 mai 2016.

Je remercie chaleureusement les éditions Presses de la Cité pour cette lecture

Résumé

« Sara a presque quarante ans et des tas de problèmes… jusqu’au jour où elle rencontre un chat qui parle. Chaque matin, Sara se réveille avec la nausée. Enceinte ? Impossible, cela fait bien trop longtemps que son compagnon ne l’a pas approchée. Surmenée ? Plus probable. D’ailleurs, le matin même où elle doit présenter un dossier important au travail, elle se met à avoir des hallucinations : Sybille, un drôle de chat abyssin, vient frapper à sa fenêtre et lui parle. Et pas pour dire n’importe quoi ! L’animal lui pose des questions étonnamment sensées : est-elle vraiment heureuse ? Qu’attend-elle de la vie ? La psychatnalyse commence ! »

Mon avis

Je ne pensais pas être le public visé pour ce roman. Je suis assez hermétique aux récits qui abordent de près ou de loin la psychologie ou la psychanalyse, tous les romans qui nous permettent d’être heureux et autres… Cependant, l’auteur mêle habilement son travail de psychologue spécialisé dans la psychologie positive et la fiction dans laquelle évolue ses personnages.

L’intrigue se déroule à Londres, ou Sara, jeune quarantenaire voit sa vie s’effilocher peu à peu. Son couple part à vau l’eau et son travail ne lui apporte plus les satisfactions et le plaisir d’antan. Lorsque ses doutes sur son couple deviennent fondés, Sara perd pied. Elle ne voit plus en quoi sa vie vaut le coup d’être vécue et le soir au bord d’un pont, pour la première fois elle hésite. Des pensées sombres lui traversent l’esprit. Elle est trahi par l’amour de sa vie, insatisfaite professionnellement. Elle a peu de contacts avec sa famille, d’autant qu’avec son frère les relations sont plus que tendues. Qu’est ce qui la raccroche vraiment à cette vie dont elle ne trouve plus aucun intérêt ?

Un jour, à sa fenêtre une petite chatte se présente, Sybille, un magnifique abyssin au poil doré. D’abord réticente, Sara refuse de lui ouvrir, et puis après tout ? Elle se repose sur le diagnostique de sa dépression pour commencer un dialogue avec elle.

De là, Sara commence un véritable travail sur soi. Elle est en repos et suit assidûment les conseils de Sybille pour reprendre goût à la vie. Cela se fait par des séances de yoga ou de jeun. Le lecteur apprend ce qu’est la psychologie positive à travers les exercices de Sara : se promener en faisant travailler sa vue et la perception des couleurs mais aussi des bruits. Avoir conscience de l’environnement qui nous entoure. Déguster un aliment aussi banale qu’une fraise et en ressentir tous les bienfaits. Des petites choses du quotidien dont nous n’avons plus conscience tellement le stress peut parfois envahir nos vies. Sara apprend aussi que l’excuse « Je ne peux pas » ne vaut rien : quand on veut on peut !

Peu à peu, elle remet sa vie en question, son travail, ses amours mais aussi ses liens familiaux. Grâce à Sybille elle parviendra à briser les murs que son propre cerveau à ériger.

J’ai lu ce roman très rapidement, c’est prenant, émouvant. Parfois les quelques tirades de Sybille m’ont un peu lassées mais vraiment très peu. L’histoire est captivante et on souhaite vraiment que Sara s’en sorte, on souhaite voir jusqu’où elle peut repousser ses propres interdits. La plume de l’auteur est fluide, il arrive à rendre la psychologie attrayante et parfois cocasse. Il a réussi à subjuguer une réfractaire telle que moi alors chapeau !

Je le recommande vivement aux lecteurs qui veulent voir la vie en rose l’espace de 352 pages.

4_coeurs

Eduardo Jauregui