Ecrit par l’auteure française Caroline Fabre-Rousseau, publié le 5 février 2015 aux éditions Chèvre-feuille étoilée

Un grand merci au forum Livraddict qui m’a permis d’obtenir ce partenariat

Résumé

« Marc travaille trop, Clémence craque la première. Son père né au Maroc ne parle jamais de son passé.
Madame Calvetti veut sauver sa fille des griffes d’un père alcoolique.
Halima, l’aide, douce et efficace, invite tout ce monde à son mariage à Meknès.
Une pause inattendue.
Là-bas, Clémence va aider son père à affronter ses fantômes : les massacres de Meknès le 23 octobre 1956. Du détournement de l’avion de Ben Bella aux moines de Tibhirine, l’auteur suit les destins croisés de Marocains et de Français.
Passant du fol univers de l’entreprise aux fastes d’un mariage marocain, elle épingle les excès de notre civilisation occidentale. Ses personnages nous renvoient à nos propres fêlures et nous parlent d’espoir et de réconciliation. »

Mon avis

Ce roman est divisé en deux parties : avant le départ et après le départ. Nous suivons les destins entremêlés de deux familles et plusieurs thèmes sont mis en avant par le biais des personnages.

D’abord le Burn Out. Sous les traits de Marc et Clémence on comprend ce que peut être la dépression nerveuse au travail comme à la maison. L’acharnement, le refoulement et enfin l’épuisement total. C’est Clémence qui en fait les frais la première et qui sera donc internée dans un hôpital psychiatrique pendant deux mois. L’histoire commence avec son retour à la maison. Son mari vivra une descente aux enfers plus longue et tout aussi dangereuse que sa femme. L’auteure ponctue son roman par quelques définitions pour que le lecteur s’approprie l’histoire et la comprenne bien.

Un autre thème abordé : l’Histoire du Maroc. Là encore, l’auteure nous offre des faits avérés qu’elle incorpore à sa fiction. Les massacres de Meknès ont malheureusement bien eu lieu et quelques détails assez sordides nous sont racontés par le père de Clémence. C’est captivant et très enrichissant. Là encore, un personnage devient la clé de l’intrigue. Le père de Clémence, Bernard, est toujours choqué même 50 ans après les faits. L’auteure nous permet d’avoir accès à l’une des failles de la psychologie humaine : la fuite du passé, le refoulement.

Ensuite, le choc des cultures. C’est au Maroc que tous les personnages prennent conscience des choix qu’ils doivent faire, des décisions qu’ils doivent prendre pour être heureux. Le Maroc est représenté sous les traits de Halima, l’aide de ménage de Clémence et Marc qui a été recrutée par le biais de Madame Calvetti. C’est une jeune femme positive et pleine de vie qui nous invite, nous aussi les lecteurs à son mariage. On est plongé au cœur de la cérémonie, de la musique et des effluves des repas. La bonne humeur est contagieuse !

Tous les personnages sont ici essentiels à l’histoire car chacun d’eux apporte au lecteur une source de réflexion : Marc et Clémence face au burn out, son père face aux démons de son passé, Madame Calvetti face à la violence d’un époux dégoûtant et pervers, Halima qui refuse un mariage arrangé… J’ai trouvé que le roman tendait aussi vers la psychologie tant les problèmes des protagonistes sont sérieux et alarmants. On réfléchit nous aussi beaucoup à leur condition et on devient au fil des pages un personnage à part entière tant on souhaite leur donner des conseils. L’empathie est très présente ici.

J’ai été très agréablement surprise par ce livre et par la richesse de l’histoire. On pourrait penser que certains passages sont un peu long mais la prise de conscience d’une personne l’est tout autant.

En définitive, je le conseillerais avec plaisir! C’est une très jolie plume qui mérite d’être lue, d’autant que l’histoire est très riche.

Je vous laisserais découvrir le pourquoi du comment de ce titre farfelu 🙂

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