Récit écrit par Nadia Ghulam et Agnès Rotger. Publié aux éditions l’Archipel le 13 février 2019.

Résumé

« Tous les matins, il conduit la prière à la mosquée. Tous le respectent et l’écoutent avec attention, bien que sa voix soit fluette et son corps fin. C’est un bon musulman, généreux et droit. Ce qu’ils ignorent, c’est que sous ce turban ne se cache pas un imam, mais une jeune fille qui tremble à chaque fois qu’un taliban l’approche, craignant que son secret ne soit éventé.

Cachée sous mon turban raconte l’incroyable histoire de Nadia Ghulam. Défigurée, à huit ans, lors du bombardement de sa maison, cette jeune Afghane se voit très vite dans l’obligation de subvenir aux besoins de sa famille. Mais comment faire, sous un régime qui interdit aux femmes de sortir de chez elles ?
Sous l’identité de son frère mort, Nadia va se faire passer pour un garçon, accédant ainsi à l’instruction et à une certaine indépendance… au risque de tomber amoureuse. Une double vie périlleuse qui durera dix ans. Une histoire de courage et de renaissance, dans un pays dévasté par la guerre. »

L’avis de Caïtelhor

Nadia c’est un parcours que je salue. C’est un courage que beaucoup n’ont pas. Nadia, tu es lumineuse. Ton livre est un exemple pour toutes les communautés réunies. Il prouve que tant qu’il reste une once d’espérance, aussi infime soit-elle, on a le choix (ou pas) de la saisir, de s’y accrocher, d’y croire et de prier comme toi Nadia.

Merci infiniment aux Éditions L’Archipel de permettre à de belles personnes comme cette jeune femme de coucher sur le papier leur combat personnel. Merci de votre confiance pour l’envoi de ce livre que je chronique avec beaucoup de respect et d’humilité.

Le 17 février dernier, j’ai découvert un article dans notre journal local des Côtes-d’Armor en Bretagne « Ouest-France » :

« Nadia Ghulam, l’Afghane au turban d’homme. »

C’est une histoire tragique, faite de bombardement et de misère, du manque de nourriture et d’eau. C’est l’histoire d’une petite fille, Nadia, au cœur du pays à feu et à sang qu’est l’Afghanistan. Aujourd’hui la jeune femme qui vit à Barcelone à ces mots magiques pour sa patrie en ruine :

« J’ai la nostalgie du grand jardin de mon enfance, à Kaboul. Des pins et des grenadiers. Des roses parfumées. Et aussi du pain frit au sucre et de la crème de lentilles rouges au yaourt servie au dîner du vendredi. »

Ces quatre phrases pleines de soleil et de senteurs m’ont captivée. J’ai eu envie de découvrir qui se cachait sous le turban. Qui peut parler avec autant d’amour de son pays « malgré tout ». Qui est cette belle personne qui n’a pas oublié les beaux jours d’avant, les jours heureux dans un Afghanistan où l’on pouvait vivre et non survivre après une guerre sans merci qui a tout foutu par terre. C’est émouvant d’entendre dire que Nadia « pardonne » malgré son histoire hors du commun que je découvre au fil des pages.

« La guerre est finie ! Les Moudjahidines sont partis ! »

Nous sommes en 1992, Nadia immerge d’un coma de plusieurs semaines pour découvrir que l’innommable a remplacé sa vie d’enfant. C’est l’Enfer qu’elle va vivre et il a deux visages aussi terribles l’un que l’autre. Son univers, symbole d’une enfance heureuse à volé en éclat en même temps que la maison familiale bombardée. Mais il y a pire, Nadia n’est plus que brûlure sur tout son corps et son visage est dévasté, brûlé, défiguré par l’explosion.

Commence une vie d’errance dans des camps de fortune insalubre surtout dans l’état de Nadia qui nécessite régulièrement des soins et de l’hygiène. La famille ne possédant plus rien c’est sa mère qui s’occupera d’elle le mieux possible. Le père est anéanti par la disparition de son fils adoré qu’il a caché à ses proches. 1996 signe le retour à Kaboul. Les choses évoluent et Nadia décide de prendre la place de son frère mort Zelmaï pour nourrir sa famille, elle n’a pas le choix. Elle va vivre dans la peur d’être démasquée et ne se séparera plus de son turban noué fortement qu’elle ne quittera même pas pour dormir. La peur d’étaler au grand jour la preuve de sa féminité : sa tresse. Elle découvre par la même occasion les privilèges accordés aux hommes comme aller à la mosquée ou au cinéma, ouvrir sa boutique. Que d’injustice… quand on lit ceci : « Les femmes meurent deux fois, le jour de leurs noces et le jour où elles quittent ce monde. Chaque fois vêtues de blanc. »

Ce récit écrit par Nadia en collaboration avec Agnès Rotger est tout simplement humain. Le style bien structuré est à la portée de tous lecteurs (trices), simple avec des petits chapitres dont chacun porte un titre. On sait où on s’aventure, le chemin est long et difficile. Mais nous montre une Nadia courageuse et battante. Elle ne capitulera pas et vit désormais en pays catalan. Elle garde la nostalgie de son beau pays aujourd’hui réduit à l’état de ruine et de cendre.

Oui c’est un très beau roman, merci Nadia continue ta route, et sois heureuse tu le mérites.

Nadia Ghulam