Roman écrit par l’auteur Julien Dufresne-Lamy. Publié aux éditions Actes Sud Junior le 04 avril 2018.

 Merci aux Editions  ACTES SUD JUNIOR pour le partage de ce roman ado d’actualité. Julien Dufresne-Lamy est l’auteur de plusieurs livres adultes et aussi en collection junior dont celui-ci « BOOM ». En ce qui me concerne, c’est le premier livre que je découvre le concernant et j’avoue que le texte ne peut que nous toucher, nous parents de collégiens.

Résumé

« Étienne était l’ami fêtard, l’incorrigible. Timothée, le garçon bien éduqué aux drôles de tics – il disait boom tout le temps. Une belle aventure de trois ans jusqu’à ce voyage scolaire à Londres. Jusqu’à ce que Timothée soit fauché par un fou de Dieu sur le pont de Westminster. Depuis la tragédie, Étienne cherche les mots. Ceux du vide, de l’absence. Étienne parle à son ami disparu en ressassant les souvenirs, les éclats de rire »

L’avis de Caïtelhor

 J’ai reçu ce livre en pleine figure puisque mon fils, très excité, attendait avec impatience son départ…pour l’Angleterre, prévu depuis la rentrée avec sa classe de quatrième. Je respire fort, je souris « Oui mon chou tu as de la chance, je suis contente pour toi » et je regarde avec ton père le car s’éloigner ce lundi soir, il est 22h30. Gros pincement au cœur. Voilà ce que les livres peuvent provoquer lorsqu’ils arrivent à un moment particulier. Des émotions fortes mais surtout être plus fort que ses émotions !
         Nous avons tous en tête les attentats de Londres, le pont de Westminster où trois élèves (entre autres évidemment mais tel est le contexte du livre) de Concarneau en Bretagne, sont percutés par la voiture du terroriste, juste blessés par miracle. Je pense à mon petit breton de fils. Dans « BOOM » Timothée n’est plus. Il est mort dans l’attentat et son copain Etienne s’en veut car ils auraient du être ensemble et pas à cet endroit. Tim, « devenu mon meilleur pote à la vie, à la mort. Indécent de dire ça. »
        L’auteur, par un monologue réservé et intime donne la parole à Etienne. Il va décrire le dernier matin, les dernières pensées, la mauvaise humeur de Tim il en est certain, pour leur rendez-vous manqué, il regrette tant mais c’est trop tard. Pourtant deux fois, Tim a insisté la veille  : « Je compte sur toi ! ».
       Il va décrire leurs fous rire, leurs souvenirs, l’aventure anglaise, on ressent la douleur vive et profonde du jeune homme. Julien Dufresne-Lamy nous traduit toute la détresse d’Etienne, telle une confession car si…si …  Mais non a t-on envie de lui dire, ce n’est pas ta faute. Tim était au mauvais endroit au mauvais moment. Mais Etienne n’accepte pas, il retrace « non stop » leur 3 ans d’amitié, lui le déluré, Tim le p’tit gars parfait qui ponctuait toutes ses phrases par « BOOM » Prémonition ?  La descente aux enfers d’Etienne est vertigineuse, il ne sera plus jamais un enfant. La mise à mort de Tim en 23 secondes  « BOOM », qualifiée de mort « low cost », de tuerie « hard-discount » par les journaux, est insupportable. « Tu méritais plus que de mourir à la va-vite par une bagnole pourrie. »
        Mais il se doit de rebondir, et malgré sa douleur profonde il va se rapprocher de son ami en pratiquant le même sport que lui, la natation. Il veut copier sur lui. Il va se donner de tout son corps pour souffrir aussi physiquement mais au lieu de cela il sera récompensé en trouvant un allié : son propre père.  Puis les examens approchent qu’il passe avec tous les autres, pas de favoritisme, non. Et l’oral d’anglais avec la question de l’examinateur, banale : « Vos projets l’an prochain ? » : « Rester vivant, Monsieur, rester vivant ».
        C’est une lecture que je n’oublierai pas. Petit livre au format particulier à la couleur blanche dominante. Il m’a fait penser à un recueil de poésie, c’est un peu ça d’ailleurs. En tout cas, je l’ai lu comme tel, comme du Prévert « Rappelle-toi Barbara, il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là… ».