Nov 182018
 

Ecrit par l’autrice allemande Hanni Münzer. Publié aux éditions L’Archipel le 08 novembre 2017.


Résumé

« 2012. Le destin semble tout tracé pour Felicity : elle vient de terminer ses études de médecine, et s’apprête à quitter Seattle pour rejoindre une mission humanitaire en Afghanistan. Jusqu’à ce qu’elle reçoive un appel de son père : sa mère Martha a disparu. Forcée d’abandonner ses projets, Felicity part à sa recherche. Et ses traces la conduisent à Rome. Si elle finit par retrouver sa mère dans un hôtel de la capitale italienne, elle apprend également le décès récent de sa grand-mère Deborah. Dans les mains de Martha, tremblante, une lettre laissée par la défunte. Ce qu’elle contient est sur le point de bouleverser la vie de Felicity. Commence alors pour elle un voyage dans les pas de ses ancêtres, à la poursuite de la mémoire de sa mère et de sa grand-mère. Car un secret les unit toutes trois. Celui-ci démontre que l’amour n’a pas de limites… Ni la guerre ni le nazisme ne sauraient les briser. »


L’avis de Caïtelhor

Une intrigue riche et mystérieuse…

2012, Felicity se voit reporter une seconde fois son vol pour Kaboul où elle a décidé d’aller travailler pour médecins sans frontière. Elle veut tout quitter, sa famille, son fiancé Richard qui l’adore, elle n’en peut plus de ces attaches qui l’asphyxient. D’ailleurs cette phrase « l’amour restera une terre étrangère pour moi » a son sens, ses relations avec sa mère sont tellement compliquées. Elle vient d’assister à l’enterrement de sa grand-mère morte six jours plus tôt et là, elle attend sa propre mère qui doit la conduire à l’aéroport, mais Martha se fait attendre. Un coup de fil inquiet de son père lui confirme ses appréhensions : sa mère a disparu.

Felicity va réussir grâce à la géolocalisation de son portable à retrouver sa trace : elle est en Italie avec pour seul bagage une bien mystérieuse boîte. Une lettre est à l’intérieur signée Maria, la mère de Martha. Felicity la lira en premier.

1923, on plonge malgré le contexte avec délice dans l’histoire des grands-parents de Martha, Gustav et Elizabeth et de leur fille Déborah, la mère de Martha.

Gustav a du sang juif dans ses veines et a très peur de la montée en pouvoir du régime. Elizabeth, plus naïve, honore ses engagements de cantatrice, peu importe son public. Mais les jours sombres arrivent, Gustav disparaît en voulant mettre sa famille à l’abri en Angleterre. Rien ne se passera comme prévu. Un an plus tard, Elizabeth se remariera avec un homme manipulateur Albrecht Brunnmann. Celui-ci à la mort de sa femme n’aura qu’un but, mettre Deborah dans son lit. Il y parviendra sans mal et lui fera vivre une vie luxueuse et débridée tout en continuant ses activités malfaisantes. Il changera son nom et l’appellera « Maria ». Lorsqu’elle rencontre Marlène, la résistante, le choc est terrible, elle comprend le rôle d’Albrecht et va changer de camp. Son combat ne s’achèvera qu’à la mort de celui-ci du moins tel sera son désir le plus vif.

2012, Felicity a terminé la lecture de cette lettre et n’est pas au bout de ses surprises. Car il y a un survivant…

Un beau coup de cœur

C’est une histoire bien structurée liant deux périodes, l’une contemporaine en 2012, et la seconde en 1923, en pleine montée du nazisme. Je découvre Felicity et Martha, sa mère, de nos jours, et la famille que forment Gustav et Elizabeth et leurs deux enfants, aux portes de la guerre. Il y a cinq chapitres drôlement construits, parfaitement construits devrais-je dire. Le premier et le dernier comportent à eux deux moins de cinquante pages. Les trois autres plus de trois cents. L’autrice nous donne juste le temps (et elle a raison) de faire la connaissance de Felicity et de sa mère. C’est ainsi que je l’ai ressenti. Puis immersion totale dans la vie de Gustav, médecin et définitivement un homme bon, et sa femme Elizabeth cantatrice ainsi que leur fille Deborah et son frère Wolfer.

Ce père modèle qu’était Gustav et dont la philosophie de la vie se résumait en une seule phrase « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît. » Voilà ce qu’il voulait enseigner à son petit Wolfer, 5 ans, qui sera privé de son père trop tôt pour l’unique raison de ses origines juives. À méditer…

L’écriture d’Hanni Münzer est belle, incisive et captivante. Les trois pages « postface » sont les bienvenues, car il y a beaucoup de personnages ainsi on ne s’y perd pas. Elle va nous faire revivre ces années d’horreur sans détour, mais avec un immense respect. Le contexte est dramatique, Hitler monte en puissance et certains passages sont difficiles. La peur grandissante de la population est palpable et on sait que la machine est en marche et que rien ne l’arrêtera. On découvre Hitler avant qu’il ne devienne le Führer, terrifiant déjà.

« Cette nuit-là, elles se tourna et se retourna dans son lit et rêva de l’allégorie de la mort dont le visage rappelait trait pour trait celui d’un homme blême au regard de fanatique et à la minuscule moustache. »

Telle une palette de couleurs, nos sentiments s’envolent et passent de la colère à l’espoir, du dégoût à l’amour, de la peur à l’espérance.

J’oublie presque Felicity et sa mère et à un moment je me demande comment l’autrice va terminer son roman ! Aucune déception lorsque je lis la dizaine de pages (plutôt court peut-on penser !) il n’en est rien, c’est un condensé de sentiments d’amour, de pardon et d’acceptation d’un lendemain qu’on espère heureux et libérateur. Je n’en dirai pas plus !

C’est un grand coup de cœur que je souhaitais partager. À lire, à offrir. Noël approche, pensez-y !!!

Hanni Münzer

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