Ecrit par l’auteur français Michel Moatti. Publié aux éditions HC le 31 mars 2016.

Un immense merci aux éditions HC pour leur confiance renouvelée. 

Résumé

« Alice Hoffman, nerveusement détruite après la disparition de son fils de 11 ans lors d’une terrible catastrophe fluviale, a décidé de mourir. Mais elle se réveille dans une clinique, cinquante-trois jours après sa tentative de suicide. Ses souvenirs reviennent en même temps que sa douleur. Dans cette ambiance suspendue, où on l’incite mollement à vivre, elle fait la connaissance de Van Dern, un officier de police en convalescence, victime d’une grave blessure reçue en opération. Une étrange complicité va naître entre ces deux naufragés. Car tout ne s’est peut-être pas passé comme Alice l’avait cru : qu’est-il vraiment arrivé ce jour-là près de l’écluse n°9 ? « Alice la suicidée », et Van Dern, le flic « en longue indisponibilité » vont se lancer à la recherche d’une terrifiante vérité. »

Mon avis

Ce roman est le troisième de Michel Moatti, j’avais beaucoup apprécié les deux précédents : Retour à Whitechapel et Blackout baby c’est donc avec un immense plaisir que j’ai reçu celui-ci à chroniquer.

L’auteur explore ici les méandres de la mémoire en exploitant ses failles avec brio.

Alice Hoffman est une jeune femme hospitalisée dans un service dit « de suite ». Elle se réveille d’un coma de trois mois après avoir fait une tentative de suicide par voix médicamenteuse. En effet, alors qu’elle se trouvait aux écluses, un jour d’orage avec son fils de onze ans, ces dernières lâchent et se déversent alors une quantité d’eau semblable à un déluge. Ce jour-là Alice perd son fils et un couple de jeunes mariés alors présents pour une séance de photos meurt noyé également. Alice ne se remet pas de ce traumatisme.

Surgit alors le capitaine de police Van Dern, hospitalisé dans le même service alors qu’il s’est pris une balle lors d’une intervention. Cet homme va émettre la supposition que Franck, le garçon d’Alice n’est peut-être pas mort noyé. En effet, une femme a semble-t-il prit la fuite ce jour-là. Aurait-elle kidnappé l’enfant ? Ensemble ils vont alors s’enfuir de l’hôpital, sur les lieux de l’accident.

Enfin ça, c’est ce que l’auteur veut bien nous faire croire … Mais chut ….

Michel Moatti met en avant dans ce récit les failles psychologiques dont sont atteintes certaines personnes suite à un traumatisme de grande envergure.

Pour éclairer la pathologie dont souffre son personnage, l’auteur entrecoupe son récit par les passages d’un roman que lit Alice. Un roman dont nous découvrirons peu à peu beaucoup trop de similitudes avec l’histoire personnelle d’Alice.

C’est un récit déconcertant, la plume est fluide et ainsi les maladies psychologiques évoquées ne sont pas compliquées à assimiler. L’auteur entrouvre très doucement  les portes du dénouement final, peu à peu le lecteur comprend que par rapport à l’intrigue énoncée il a peut-être été floué.

Le bémol de ce récit est la langueur avec laquelle les événements apparaissent, c’est un peu long et l’action, bien que l’intrigue ne s’y prête pas forcément, est trop peu présente. Les rencontres avec les « témoins » sont intéressantes mais peu exploitées, je pense que l’auteur aurait pu ajouter beaucoup plus de suspens à l’histoire avec des rencontres plus percutantes. De même, si la pathologie d’Alice avait été exploitée plus en amont du récit, je pense que l’ensemble aurait fait de ce roman, un thriller psychologique beaucoup plus intense.

Cependant, ma curiosité a été piquée au vif dès le départ et le duo Alice/Van Dern fonctionne bien, suffisamment pour que le lecteur soit curieux de l’évolution de leur relation. D’autant que le rapport avec le roman que lit Alice n’est pas clair, j’ai eu envie de comprendre pourquoi l’auteur avait choisi d’incorporer à son récit autant de passage de ce livre.

En comparaison de ses deux premiers romans : Retour à Whitechapel et Blackout Baby, je l’ai trouvé un peu en deçà, cependant ce fut une plaisante lecture. Je continuerais à suivre l’actualité de Michel Moatti avec autant d’enthousiasme !

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Voir aussi :

 

Syndrome de Cotard ©Shawn Coss