Nov 072018
 

Ecrit par l’autrice Françoise Bourdon. Publié aux éditions Presses de la Cité le 11 octobre 2018.

Je remercie les éditions Terres de France pour l’envoi du roman de Françoise Bourdon que j’ai dévoré l’espace d’un week end.


Résumé

« Dans les années 20 à Berlin, David et Hannah grandissent ensemble dans le quartier résidentiel de Schlossstrasse. À l’adolescence, l’amitié des jeunes voisins se transforment en amour tendre et sincère. Mais la montée de l’antisémitisme rend le quotidien de leurs familles de plus en plus éprouvant.
En 1933, les parents et la sœur de David quittent l’Allemagne pour trouver refuge la Drôme. Hébergé chez sa tante, le jeune étudiant quitte à son tour Berlin aux prémices de la guerre, laissant derrière lui Hannah et la promesse d’être un jour réunis.
Séparés par les épreuves de ces années de guerre, David et Hannah sauront-ils se retrouver et offrir une nouvelle chance à leur amour ? »


L’avis de Caïtelhor

Martin et Renate Steiner forment une famille juive allemande dans les années 20. Ils vivent dans le quartier aisé de Schlossstrasse. Ils ont deux enfants, la fille Philippa, mariée à Thaddée, heureux parents de jumeaux Ralf et Greta. Le fils est uni à Ruth et ils ont un fils David et une fille Sarah. Leurs plus proches voisins sont les Ritter, Lisa et Peter et leur fille Hannah. Hannah et David grandissent à l’ombre d’un tilleul qui sépare les propriétés. Complicité, amitié puis amour tels sont les sentiments qui se développent chez les deux adolescents. Mais la vie se complique dans les années 1933 pour la famille Steiner avec la montée de l’antisémitisme. Ils sont obligés de s’exiler en France dans la Drôme et c’est la mort dans l’âme que David quitte sa bien-aimée. Ils se jurent de se retrouver… Après… Les années passent, mais ils ne seront pas épargnés et auront tous leur part de malheur d’un côté comme de l’autre de la frontière. Qu’adviendra-t-il d’Hannah et David, de leur amour sincère, leur restera-t-il une chance, un espoir de poursuivre leur belle histoire ? De 1920 à 1970, Françoise Bourdon nous propulse dans la vie d’une famille qu’on n’est pas prêt d’oublier.

C’est un roman magnifique empreint d’une telle nostalgie et qui dégage un élan d’humanité et d’amour si fort qu’on est happé dès les premières pages. J’ai eu envie dans mon résumé de rendre hommage à tous les membres de la famille car tous ont leur place et jouent un rôle important. L’autrice a su mettre en valeur chacun des protagonistes. Il y a les grands-parents, pilier solide – Renate l’apaisante « C’est la grâce de l’âge » dira-t-elle. Philippa en manque de son pays, de ses amis qui ne comprend plus son peuple, Walther, père de David qui voit sa femme Ruth abjurer sa propre religion pour glisser côté nazi, mais est-elle pour autant à bannir ? Pour elle, Walther était atteint du syndrome du « juif bouc émissaire » alors qu’il est prêt à tout même à se battre pour la France « le Reich nazi n’a rien à voir avec mon pays natal ». La rupture est consommée, la guerre est déclarée :

« Dans l’Allemagne du IIIe Reich les voisins, les amis d’avant pouvaient devenir vos ennemis, vous dénoncer, vous tabasser, même, par haine de la — souillure juive — ».

Françoise Bourdon nous plonge dans une page historique difficile, mais avec beaucoup de tact, il n’y a pas « sur-information ». Un peu à la manière d’un manuel scolaire, on se rappelle l’assassinat de Walter Rathenau et l’impact immédiat sur le peuple juif, les libertés qui s’amenuisent pour disparaître totalement et les élections avec la victoire du parti nazi. Et cette citation de Heinrich Heine criante de vérité :

« Là où on brûle les livres, on finit par brûler les hommes. » (Phrase prémonitoire)

On pense à l’autodafé du 9 mai 1388 devant l’Opéra et la tragique nuit de cristal six mois plus tard… On vit toutes ces tragédies de l’intérieur, par les personnages eux-mêmes et la population juive terrorisée complètement sous le joug des nazis. C’est très poignant, on ne peut pas rester indifférent.

L’autrice revient aussi sur une page de l’histoire absolument inconnue pour moi, plutôt étouffée par les Allemands à la fin de la guerre. L’arrivée des Russes « les Ivans » dans Berlin qui prennent leur « dû » : les femmes. Violeurs des femmes allemandes, ces femmes qui devront tout le restant de leur vie, vivre avec cette honte.

Arrivée à ce stade de lecture, je me suis posé la question. Qu’advient-il d’Hannah et de David ? L’autrice va nous tenir en haleine jusqu’à la dernière page, on espère bien sûr que nos amoureux puissent relire ensemble le poème de Goethe « der Erlkönig »… le roi des Aulnes… Laissez vous tenter, vous ne serez pas déçu(e)s, c’est une merveilleuse lecture, merci Terres de France, merci Françoise Bourdon.

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