Ecrit par l’auteure anglaise Paricia Ann Granger – Publication en France le 20 juin 2013

Résumé

« Nous sommes en 1864 et Lizzie Martin accepte un poste de dame de compagnie à Londres auprès d’une riche veuve qui est aussi une propriétaire de taudis. Lizzie est intriguée d’apprendre que la précédente dame de compagnie a disparu, apparemment après s’être enfuie avec un inconnu. Mais quand le corps de la jeune fille est retrouvée dans les décombres de l’un des bidonvilles démolis récemment autour de la nouvelle gare de St Pancras, Lizzie commence à se demander ce qui s’est passé. Elle renoue avec un ami d’enfance, devenu l’inspecteur Benjamin Ross, et commence à enquêter avec son aide, au péril de sa vie, pour découvrir la vérité sur la mort de la jeune fille dont le sort semble étroitement lié au sien. »

L’univers du roman

Le roman se situe à l’époque victorienne. Pas question ici de steampunk même si c’est ce genre là qui m’a poussé à lire d’autres histoires liées au XIXème siècle. J’aime beaucoup le personnage de Sherlock Holmes et je n’avais jamais réussi à trouver une enquête digne de ce nom hormis celles de Conan Doyle. Je suis convaincue avec celle-ci !

On retrouve tout l’univers des riches familles londoniennes et leurs bonnes manières. La riche veuve qui accueille une dame de compagnie, le prêtre, le neveu dandy… Ici les bonnes familles vont à la messe, portent de belles toilettes, les jeunes gens prennent un brandy et fréquentent les bars malfamés et les prostituées. L’auteure décrit à merveille toutes les mœurs de cette époque là, jusqu’au plus sombres incidents.

On retrouve des éléments liés à l’évolution ferroviaire et aux machines à vapeurs ce qui aide le lecteur à se situer dans le 19ème. Ici il s’agit de la construction d’une nouvelle gare par la Midland Railway Company. Elle fut une société qui a réellement existé de 1844 à 1922.

Armoiries de la Midland Railway Company

L’histoire se situe à Marylebone, un quartier dans le centre de Londres dans le district de la société de Westminster. Quartier qui a également vu naître un autre héros qui est… Sherlock Holmes !

Dorset Square, London

Scotland Yard a aussi beaucoup d’importance dans ce roman vu qu’il s’agit d’une enquête; l’ancienne dame de compagnie de Tante Parry est portée disparue et un cadavre est retrouvé mutilé dans les décombres de ce qui sera la nouvelle gare. C’est vraiment agréable de retrouver tous ces éléments là, l’histoire n’en ai que plus crédible.

Les personnages

Notre héroïne est Lizzie Martin, jeune dame de compagnie de près de 30ans (considérée comme vieille fille à cette époque là). Elle se retrouve sans aucune famille et cherche un emploi. Elle est donc recrutée dans la capitale par Tante Parry, riche veuve, soeur de son défunt père, qui se retrouve sans dame de compagnie car la précédente est portée disparue.

C’est une jeune femme téméraire, qui ne sait pas tenir sa langue. Elle vient de la campagne anglaise du Derbyshire et n’a que faire des bonnes manières de la haute société londonienne. Elle fait des efforts pour conserver son emploi mais refuse de voir la réputation de la jeune disparue Madeleine Hexham salie sans raison valable. C’est pourquoi elle mènera son enquête parallèlement à celle de l’inspecteur Benjamin Ross, vieille connaissance d’enfance. Ainsi elle n’hésitera pas à se mettre dans de faucheuses postures pour découvrir la vérité.

Benjamin Ross, notre inspecteur mériterait d’avoir plus de consistance. C’est un personnage attachant qui n’a pas eu une enfance facile mais qui a tout de même réussi grâce a son bienfaiteur, le docteur Martin, père de Lizzie.

Les occupants de Dorset Square sont également tous crédibles, de la riche tante Parry, peu soucieuse de la vérité si la réputation de sa maisonnée est entâchée, à son neveu Franck Carterton, jeune dandy qui aime l’alcool. Nous avons également le Le Dr Tibbett, homme d’église, cher ami de Tante Parry, qui est très froid, a des idées bien arrêtées et que l’on déteste tout le long du roman ! Et on adore ça !

Les hommes de la Midland Railway Company ont également toute leur importance, certains auront un rôle majeur dans le déroulement de l’enquête !

Plusieurs profils d’assassins ressortent tout au long du livre, mais jusqu’à la fin, le doute persiste : qui a donc tué et défiguré la pauvre Madeleine Hexham ?

Cluedo Littéraire

L’intrigue est réellement bien menée, on ne sait pas qui pourrait avoir les meilleurs d’assassiner Miss Hexham alors qu’elle était enceinte de 4 mois.

Est-ce le Dr Tibbett qui ne l’aimait pas pour ses petites moeurs de jeune fille amoureuse alors que lui-même fréquente les femmes frivoles ?

Est-ce le jeune Frank qui part travailler pour le gouvernement russe avec empressement ?

Est-ce l’un des dirigeants du chemin de fer qui fait tout pour continuer les travaux de la gare et veut ralentir l’enquête ?

Est-ce le jeune voisin qui l’a déjà rencontré à plusieurs reprises et parle d’elle avec cette étrange sympathie ?

La pauvre miss Hexham était alors enceinte lorsqu’elle a été assassinée, lequel de ces hommes aurait donc bien pu la conquérir alors qu’ils n’étaient pas mariés ?

On suit l’enquête de la Scotland Yard et de miss Martin avec empressement. Peu de temps morts, il en faut cependant pour développer la psychologie des personnages et tout cela est rondement bien mené ! A chaque fin de chapitre de nouveaux indices, et comme Sherlock on s’imagine très bien la loupe à la main sur tous les indices perdus dans le brouillard londonien…

Histoire
15/20
 L’enquête est crédible, le meurtre est bien détaillé sans basculer dans quelque chose de trop noir ou trop horrible. La trame de l’histoire est menée jusqu’au bout avec un style époustouflant !
Personnages
18/20
Les personnages sont tous bien développés, on aimerait en apprendre davantage sur certains mais le tome 2 existe ! Les domestiques sont eux-même sacrément crédibles alors quant aux personnages principaux on est pas déçu ! Aucun personnage n’est superflu ou inutile, tous ont un rôle à jouer dans l’enquête. On se croirait dans un cluedo littéraire !
Ambiance
18/20
Du suspens, de la sympathie pour certains personnages, de la haine pour d’autre, du mystère, du macabre … Tout cela réuni dans le 19ème siècle londonien, un pur régal !
Qualité d’écriture18/20   Le roman se lit vite, aucune ambiguïté, pas de termes difficiles. On s’immerge parfaitement à côté des personnages. On s’attache à eux et on en redemande !
17.25/20

 On veut lire la suite !