Jan 312018
 

Ecrit par l’auteur pakistanais Omar Shahid Hamid. Publié aux éditions Presses de la Cité le 19 octobre 2017.

Un immense merci pour votre confiance et pour l’envoi de ce livre.


Résumé

« Derrière les murs de Karachi.
Un soir de décembre, un journaliste américain est enlevé à Karachi. Ses geôliers ont l’intention de filmer son exécution puis de diffuser la vidéo le soir de Noël. Allié des États-Unis, le gouvernement pakistanais est en mauvaise posture. La course contre la montre est lancée. Seuls deux hommes peuvent la remporter : le commissaire D’Souza, chrétien placardisé devenu directeur de prison, et son acolyte d’autrefois, Akbar, un ancien policier détenu à la suite d’une affaire qui a mal tourné. Au coeur d’une société encrassée par la corruption, entre djihadistes et dignitaires véreux, prostituées au grand coeur et politiciens assoiffés de sang, le duo de choc reforme équipe. Et tente de venger les injustices du passé.
Dépaysement garanti et immersion dans une des villes les plus dangereuses du globe avec ce thriller haletant, explosif et plus vrai que nature, qui met en scène deux flics davantage soucieux de loyauté que de légalité. S’inspirant de son expérience, Omar Hamid Shahid donne à voir un monde où la frontière entre les bons et les mauvais n’est jamais aussi claire qu’on ne le souhaiterait. »


L’avis de Caïtelhor

Avant de lire le résumé en quatrième page, je me suis attardée sur la couverture. J’avais déjà le coup de cœur. J’ai touché délicatement le mur délabré ocre pour qu’il ne s’effrite pas plus au contact de mes doigts. Envie de monter les deux marches et caresser le bois lisse et vieilli de la porte et lever les yeux vers cette fenêtre grillagée en espérant apercevoir un signe de vie, un regard se détournant du mien.

Omar Shahid a écrit ce premier roman en s’inspirant de ses expériences dans la police lors d’un repos sabbatique de cinq ans…un peu obligatoire. En effet, en 2011 alors qu’il servait à la tête de la cellule de contre-terrorisme de Karachi, il a été placé sur une liste des Talibans. En 2016, Omar est retourné à Karachi et a rejoint le département de lutte contre le terrorisme de la police du Sindh en tant que surintendant principal de la police. C’est bon de connaître le vécu de nos auteurs. Dans ce cas par exemple, on sait qu’on à affaire à  un homme de terrain et que ce qu’on va vivre au travers de sa plume sera sans concession, incisif et donc très intéressant.

Synopsis : Décembre, un journaliste américain Jon Friedland vient de se faire enlever en plein Karachi au Pakistan. Son kidnapping a eu lieu à Zamzama, un quartier tellement chic qu’on a même pas l’impression d’être au Pakistan ; boutiques de créateurs, gastronomie internationale… C’est l’oasis des élites de la ville. Alors pourquoi enlever un américain au vu et au su de tous dans un tel endroit ? Les autorités sont sur le qui vive car ils craignent que les Etats Unis viennent fourrer leur nez dans leurs affaires. Et pour cause, les geôliers ont choisi la date du 25 décembre pour diffuser l’exécution du prisonnier. Le compte à rebours est lancé.

Karachi

C’est là qu’interviennent deux pointures locales, le commissaire Constantine D’Souza, chrétien devenu directeur de prison, et son acolyte d’avant, Akbar ancien policier aujourd’hui au « trou » dans ladite prison. On les adopte sur le champ. Constantine toujours sur ses gardes, la peur au ventre pour sa famille et Akbar qui n’a peur de rien et qui, malgré son isolement, sait bien des choses…On devine qu’on ne va pas s’ennuyer avec eux.

Parallèlement à l’intrigue on va vivre le quotidien des karachites dans une société corrompue, du plus petit commerçant du coin de la rue aux plus hauts dignitaires véreux. Il n’y a aucune limite, aucun interdit. C’est la loi du plus fort, du pouvoir et de l’argent. C’est un maelström où tout se perd, tout disparaît.

Mon avis : On est en plein polar et en immersion totale dans une des villes les plus dangereuses de la planète où les islamistes font régner la terreur.

« Les djihadistes, ils lui faisaient peur. Leur foi était terrifiantes. Ils venaient des franges les plus pauvres de la société. Un homme sans espoir est un homme sans peur. On ne pouvait pas raisonner avec eux. »

C’est la guerre à tout niveau et l’auteur nous en met plein la vue. Prostitution et corruption, magouille, vol, violence. Nos deux protagonistes ne sont pas épargnés et n’ont rien d’autre à faire parfois que de courber la tête. J’ai trouvé ce roman passionnant, l’auteur ne nous épargne pas, tant en description des lieux et des situations, que du ressenti et du mental des hommes. Un petit bémol toutefois car on perd un peu en route notre prisonnier ! Par moment je ne m’en  souvenais même pas ! C’est dommage car les cent dernières pages lui sont consacrées et la tension monte d’un cran. Le suspense est là, puissant, mêlant de l’action et la touche d’humour d’Akbar. J’ai eu envie de dire « encore ! »

« Akbar, plus détendu, alluma une cigarette et regarda le bâtiment par la vitre côté passager. «  – J’y suis allé pour prier ce matin, tu sais ? J’ai même jeté du pop-corn aux crocodiles et Dieu t’a envoyé pour exaucer mes prières. » – « Ferme-là, maudit maulvi. » Constantine ne put s’empêcher de sourire en prononçant ces mots. »

Omar Shahid Hamid

 

  One Response to “Le prisonnier – Omar Shahid Hamid”

  1. Un roman qui me tente depuis sa sortie, plus qu’à se le procurer 😉

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