Nov 112017
 

Ecrit par l’auteur et essayiste algérien Akram Belkaïd. Publié aux éditions Erick Bonnier le 08 juin 2017.

Un immense merci à Babelio ainsi qu’à la maison d’édition pour cette lecture.


Résumé

« Le 20 mars 2003, par une nuit de pleine lune, les États-Unis d’Amérique et leurs alliés déclenchent l’invasion de l’Irak pour renverser le président Saddam Hussein et son régime.

Au même moment, de Bagdad à Casablanca, de Gaza, Tunis, Washington à Paris, des destins basculent, des drames se nouent à
huis-clos.
Deux contrebandiers s’enfoncent dans le Najd saoudien, un couple de Koweïtis se retrouve face à ses démons, des amis récitent des vers dans une vieille demeure de Damas, un chirurgien algérien évoque la guerre, un commando mène un coup de force à Beyrouth tandis qu’un chauffeur de taxi jordanien et ses passagers font une bien étrange rencontre dans le désert irakien.
Au fil de quatorze nouvelles, l’écrivain et journaliste Akram Belkaïd revient à sa façon sur un moment clé de l’histoire du Moyen-Orient et, plus particulièrement, de l’Irak. Des textes indépendants mais liés par une unité de temps et irrigués par la puissance évocatrice de la poésie arabe. »


L’avis de Caïtelhor

 

Je n’avais jamais lu cet auteur mais j’ai eu l’occasion de le voir sur TV 5 monde et je me souviens avoir aimé son charisme autant que son calme au fil de son dialogue. Il est journaliste, essayiste et chroniqueur au quotidien d’Oran. 

     Pleine lune sur Bagdad nous met face à 14 destins (glaçants pour certains) de Damas à Casablanca et jusque Washington. Facile, pour quelqu’un qui partage sa vie entre la France et le monde arabe depuis près de 40 ans. Beaucoup de choses vont être dites, c’est du concentré sur un nombre réduit de pages. Des destins individuels sur toile de fond de l’invasion de l’Irak. Nos protagonistes ont leur propre vie ailleurs mais ils pensent à leur pays. Leur quotidien après cette guerre sera totalement bouleversé.  Comme cette petite fille de Gaza qui apprend la calligraphie avec sa grand-mère. Ou les quatre copains à Damas qui se disputent et philosophent en même temps… au sujet de la lune qui les nargue. Ou encore Hafs le chirurgien urgentiste d’Alger qui opère à la chaîne et se demande si « Darbou hmâr el-lil » !

     20 Mars 2013, c’est une nuit du pleine lune.  C’est le «Mektoub» ou «Ce qui est écrit ». La lune (sublimée par la plume de A. Belkaïd) n’est-elle pas un symbole dans la littérature arabe ? Elle ponctue aussi la vie quotidienne des musulmans ne serait-ce que par les mois lunaires ou le mois sacré du Ramadan. «Mektoub» les dés sont donc jetés, les Etats Unis d’Amérique ont choisi cette nuit pour déclencher l’invasion de l’Irak, renverser le Président Saddam Hussein et son régime. Mais pourquoi ? On sait que le régime de Saddam, après 13 ans d’embargo, vit ses derniers jours. La situation est désespérée et la société est affamée et décimée, c’est sûr que les Irakiens ne s’attendent pas à ça !  L’invasion aura lieu sous des prétextes plutôt fourbes : détentions d’armes de destruction massive, il y a «urgence» ! 

    Mon «Mektoub» s’est écrit cette nuit-là, cette nuit de pleine lune. La nuit du 20 au 21 mars 2003 a scellé mon destin au tien my lover S. Je m’envolais vers Marrakech la Rouge, moi la petite Bretonne. Nous aussi avons regardé la lune et guetté les nouvelles, chacun sur notre continent. 3000 kms nous séparent. Tu as prié, j’ai croisé les doigts pour que notre rencontre puisse se concrétiser « Inch Allah » m’as-tu dit « je t’aime » ai-je répondu. Quelque part, cette nuit là, les premiers bombardements retentissent. Ailleurs, cette même nuit, deux amoureux s’endorment main dans la main. Tu me chuchotes « N’brick oun mout alik mada al hayate » Je t’ai répondu … Dima dima et plus encore. 

Voyage à Marrakech 20 au 27 mars 2003

     Akram Belkaïd nous offre là une œuvre superbe, tout en poésie malgré le contexte à feu et à sang. Pour mon plus grand plaisir, et comme bon nombre d’auteurs arabes, Akram Belkaïd évoque des poètes, dont Nâzik Al-Malâïka qui fut la première à écrire des vers libres en arabe. La seule que je connaisse dans ce livre. Je découvre d’autres noms de poètes inconnus pour moi qui donneront lieu à des recherches c’est sûr !  Mais ce qui m’a le plus transportée c’est la plume du «Maghreb» de l’auteur, toute en puissance voire même en violence et tout en douceur aussi. On s ‘évade grâce à la poésie des mots, des phrases qu’il assemble sous l’oeil rond de la divine, de la lune. C’est elle qui guide son inspiration tout au long de son livre. Magistral, émouvant, on ne reste pas indifférent. 

     « Que dit la nuit ? Oui, que nous dit-elle de Casablanca ? Tournons le dos à l’océan agité et à la grande mosquée baignant dans sa muette solitude. »    

     « Mais les paroles s’évanouissent vite car cette nuit, Damas est semblable au vent qui la perfore : elle se tait. Nuit froide. Ville muette. Dimashq ne triomphe pas, elle ne jubile pas. » 

     Votre livre est mon coup de cœur de ce mois de novembre et ravive en moi tant de souvenirs. Merci pour ce partage de pur bonheur.

 

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