Mai 122017
 

Ecrit par l’auteure française Sophie Carquain. Publié aux édition Albin Michel le 01 mars 2017.


Résumé

«  »Engraisser les autres, c’est ce que tu sais faire de mieux ! »lance Sandra à sa mère Luisa lorsqu’elle lui présente sa nouvelle compagne. C’est Rose, ravissante cochette d’élevage destinée à finir en chair à pâté, si vive et si affectueuse que, toute honte bue, Luisa la couve de mille attentions. Tout semble en effet opposer Sandra, brillante psy parisienne soignant de jeunes anorexiques, et Luisa, retirée depuis peu dans son Algarve natale. L’une est dure comme la pierre, l’autre trop bonne. Rose saura-t-elle les réconcilier si toutefois elle échappe à son triste sort ? Sophie Carquain évoque à travers ce récit aux allures loufoques et tendres notre rapport à l’animalité à l’humanité, et au deuil. »


Mon avis

Au départ, comme beaucoup je pense, ce roman m’a attiré car j’apprécie énormément les intrigues qui mettent en leur cœur le règne animal. Notre rapport aux animaux et aux espèces vivantes en général est un sujet qui m’intéresse vivement. J’avais déjà lu un livre, 180 jours, de Isabelle Sorente qui aborde les abattoirs et les porcs et j’avais adoré. Pensant être de nouveaux dans ce type de d’intrigue, je n’ai pas hésité !

Hors, ce roman n’est pas du tout un hymne à l’animalité. Rose, petite cochette, est bien là du début à la fin. C’est un personnage à part entière qui met en avant les deux personnages principaux de ce roman : Luisa et sa fille Sandra.

Luisa est une maman débordante d’amour, envahissante, trop peut-être ? Mais d’une incroyable gentillesse. Un peu extravagante, quand elle aime elle ne fait pas semblant ! Sa plus grande satisfaction ce sont ces invités ou sa famille, qui ressortent repus de table. Sandra est une jeune art-thérapeute parisienne. Elle s’occupe d’adolescents ayant un rapport dangereux avec leur corps : anorexie, boulimie, scarification. Mais peu à peu, elle devient comme eux. Elle cesse de se nourrir, maigrit beaucoup trop et devient de plus en plus mauvaise. Elle entretient avec sa mère un rapport complexe, elle l’aime mais ne lui montre pas. Elle a toujours pour elle des phrases ironiques, des moqueries. C’est un personnage hautain et méchant auquel je n’ai pas réussis à m’attacher.

Sandra a été confiée à sa grand mère de 0 à 2 ans à la ferme avant que ses parents, enfin bien établis, viennent la chercher pour la ramener dans leur petit nid douillet. C’est une déchirure pour Sandra, une violente séparation d’avec sa mamie qui l’a élevé. Un deuxième drame viendra frapper la famille quelques années plus tard, un point de non-retour.

L’écriture est belle et l’auteure a exploré en finesse la psychologie de ces deux personnages tourmentés. L’anorexie est le thème phare de ce roman. Le cochon est un peu là pour nous rappeler le personnage de Sandra : une enfant souriante et potelée qui comprendra que derrière tant de nourriture se cache une fin violente. Sandra a ce rapport avec les aliments, comme si sa fin était proche au contact de ceux-ci.

Des personnages secondaires et attachant se greffent autour d’elles : le mari de Luisa, le compagnon de Sandra, ses collègues et surtout l’une de ses patiente : Karen. Une jeune fille aux allures de squelettes qui frôle la mort chaque jour tant elle est maigre.

Nous ressentons beaucoup de tensions dans ce roman et on ne ressort pas le sourire aux lèvres de nos pages lues. C’est triste et mélancolique. L’anorexie est abordée mais également le deuil, l’un des thèmes récurrent de ce livre. Malheureusement, alors qu’on s’attend à une fin plus joyeuse, on tombe sur une fin qui n’en ai pas une. L’intrigue est interrompue trop rapidement. Je n’ai rien contre les fins ouvertes mais là on a vraiment l’impression qu’un tome 2 va paraître alors que ce n’est a priori pas le cas. J’ai donc été déçue alors que dès le départ cette lecture s’avérait vraiment prometteuse.

« Luisa avait appris que certains enfants s’affament, se dépensent pour « chasser la mère qui est en eux », la mère caressante, étouffante. Celle qui engraisse. Quelle idée intéressante, avait-elle pensé. Et aussitôt, elle avait fait le parallèle avec la détermination de Sandra, la volonté féroce qu’elle plaçait en tout. Mais quelle mère cherchait-elle dont à chasser ? »

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