Avr 062018
 

Ecrit par l’auteure Marie Benedict. Publié aux éditions Presses de la Cité le 8 février 2018.

Je remercie encore et encore les Editions PRESSE DE LA CITE pour leur confiance et leur gentillesse. J’ai reçu avec un immense plaisir Madame EINSTEIN de Marie Bénédict, auteure américaine qui signe de son vrai nom, pour la première fois, ce superbe roman.


Résumé

« Zurich, 1886. Mileva Mari? quitte sa Serbie natale et décide de braver la misogynie de l’époque pour vivre sa passion de la science. À l’Institut polytechnique, cette étrangère affublée d’une jambe boiteuse, seule femme de sa promotion, est méprisée par tous ses camarades. Tous, sauf un étudiant juif farfelu, aux cheveux ébouriffés, stigmatisé par sa religion. C’est Albert Einstein. Les deux parias tombent aussitôt amoureux. Et élaborent ensemble leur pensée scientifique. Mais y a-t-il de la place pour deux génies dans un même couple ? De drames domestiques en humiliations conjugales, Mileva apprend la dure réalité du mariage, passé les premières ferveurs de l’amour. »


L’avis de Caïtelhor

Je dois dire que ce livre m’a immédiatement interpellée pour la simple raison que j’ai lu en 2013 « le cas Eduard Einstein » (Editions Flammarion) de Laurent Seksik (à lire absolument si on aime le personnage qu’était Einstein père !) .Il relate l’histoire du fils cadet d’Albert, surnommé « Tété » qui a sombré dans la démence. D’ailleurs ne disait-il pas de lui-même : « Les gens prétendent que je suis fou… je suis le fils d’Einstein. »

Alors j’ai trouvé intéressant de découvrir qui était la mère d’Eduard et de surcroît la femme d’Albert. La couverture, un buste de femme, cintré dans une robe débordant de formules scientifiques, pas de tête, pas de main … presque pas d’existence. Et pourtant ! Telle Marie Curie qu’elle rencontrera, Mileva était une femme de science, malheureusement dans un monde très masculin, très misogyne. Contrairement à son idole Marie Curie, elle n’obtiendra jamais le soutien de son mari. On ne trouvera aucune trace, aucune signature apposée à côté de celle de son mari, pourquoi ? Le désir d’Einstein d’être l’Unique et le plus grand. Mileva restera dans l’ombre, seule avec ses désillusions et parfois la honte devant l’égoïsme de son homme. «  Humiliée que son nom ne soit pas à côté de celui d’Albert sur le dossier de la Maschinsen : Pourquoi voulez-vous que je sois mentionnée ? Albert et moi sommes EIN STEIN ce qui signifie UNE SEULE ET MÊME PIERRE » .

Mileva est née en 1875 en Serbie. Timide, solitaire et boiteuse, Mileva est une élève brillante frôlant l’excellence. Elle obtiendra les meilleures notes de son établissement et intégrera l’Université de Zurich avec quatre autres garçons dont Einstein. Il se passe quelque chose entre eux rapidement mais elle préférera fuir pour se concentrer sur ses études qui restent sa priorité et son but. Mais l’amour va la rattraper et leur relation amicale va se transformer en une histoire d’amour dont elle portera très vite le fruit : Mileva est enceinte. Personne n’est vraiment satisfait d’autant plus qu’elle est contrainte d’abandonner ses études. Son père qui l’accuse de jeter la Stramota sur la famille et de les déshonorer tous sur plusieurs générations, Albert pas vraiment prêt à la paternité. Leur couple bat vite de l’aile, elle la scientifique reléguée au foyer, c’est une situation qu’elle a du mal à gérer… peut-être aussi à digérer ! Quant à Albert, victime d’antisémitisme et assoiffé du respect de ses pairs, ne sait comment ménager sa femme à qui pourtant il doit tant.

C’est un livre poignant et attachant mais il ne faut pas oublier que l’auteure écrit avant tout un roman comprenant, comme elle le dit, une part de supposition. Le portrait d’Einstein n’est guère à son avantage aussi il ne faut rien laisser au hasard. Nous sommes en 1896 quand même et la misogynie dans les universités et en général reste un fait de société auquel on ne peut pas grand-chose. Les femmes ont un rôle propre. S’occuper de leur foyer et soutenir leurs époux.

On ne peut s’empêcher de soutenir Mileva au charisme exceptionnel, à l’intelligence hors norme, elle n’est pas née à la bonne époque, quel gâchis. L’histoire est complète, magnifiquement écrite mêlant leur histoire d’amour sur fond d’expériences scientifiques, mais à petite dose et personnellement ça ne m’a pas déplu car j’aurais été vite perdu dans les termes « techniques » !  « 2 événements qui semblent simultanés lorsqu’on les observe depuis un point donné ne peuvent plus être considérés comme tels lorsqu’on les observe depuis un autre point en déplacement par rapport au premier. »No comment !

Marie Bénédict ne juge pas, n’affirme pas, ne blâme pas. Elle rend simplement un bel hommage à une femme qui aurait mérité d’être reconnue, d’avoir sa signature apposée à celle de son époux. Une chose est sûre, en lisant ce roman, c’est chose faite. On aura une forte pensée pour Mileva lorsqu’on verra le portrait d’Einstein, lui qui se plaisait à dire à sa femme qu’ils n’étaient qu’une seule pierre et elle de répliquer :

« Si nous sommes une seule et même pierre , ce n’est pas un seul et même coeur qui bat en nous. »


Marie Benedict

 

  2 Responses to “Madame Einstein de Marie Benedict”

  1. Oulah… Belle découverte ! Je ne connaissais pas du tout le nom de sa femme, comme beaucoup et malheureusement tu as raison quand tu dis qu’on devrait la connaître. Ta chronique me donne bien envie de découvrir ce livre. Je le mets tout de suite dans mes listes à lire ! Merci pour la découverte et à bientôt !

  2. Oh la la ça me fait envie ! Mais si c’est trop romancé, j’ai peur de ne pas accrocher… Aaah le dilemme ! Je me laisserai sûrement tenter quand même. Merci pour ta chronique !

 Leave a Reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

(obligatoire)

(obligatoire)

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.