Juil 012018
 

Ecrit par l’auteur français Joël Raguénès. Publié aux éditions Calmann-Lévy le 07 septembre 2016.


Résumé

« 1788. Marie, orpheline, quitte à dix-huit ans la ferme de son frère aîné ; elle fuit un destin tout tracé, au pis celui de domestique, au mieux celui de paysanne soumise à un mari et à un seigneur. Elle a pour elle deux atouts : le premier est de savoir lire et compter, suffisamment bien pour devenir préceptrice dans la famille d’un négociant morlaisien ; le second est d’être jolie, ce qui lui vaut d’être courtisée par plusieurs bourgeois célibataires. Elle convole avec l’un deux, un marchand toilier aisé qui lui apporte honorabilité et sécurité. Éclate la Révolution, qu’elle accueille avec espoir jusqu’à ce que surgisse la Terreur, qui se répand dans toute la France et frappe sa famille. Son époux est arrêté pour avoir caché un oncle réfractaire ; emprisonné, il est jugé, condamné et bientôt guillotiné.

Ruinée, réprouvée, veuve avec un enfant en bas âge, Marie puisera dans son courage la force et l’envie de renaître en s’appuyant sur son sens inné des affaires, sur son charme et son impétuosité… »

 L’avis de Caïtelhor

Le premier mot qui me vient à l’esprit est « l’authenticité » de la plume de Joël Raguénès. J’avais lu il y a quelques années « le pain de la mer » et j’avais été séduite, car on ne lit pas seulement Raguénès, on ressent. On vit son amour de la Bretagne, ses racines. Alors pour peu qu’on soit Breton… Dans « les trois saisons de la vie », il conjugue parfaitement la partie historique à la vie quotidienne compliquée de l’époque. On s’attache immédiatement aux protagonistes, Marie, sa famille, ses amis chacun à sa place dans ce récit. Soixante années vont défiler sous nos yeux, pas de temps mort, tout s’enchaîne au rythme de la vie. L’écriture est fluide et souvent amusante lorsqu’il décrit des situations cocasses.

« Encore heureux que sa tante lui ait dit que c’était son lit, se dit-elle en pouffant, sinon elle aurait vainement cherché un lit clos dans cette chambre qui n’en contenait pas ! »

Marie jeune orpheline quitte la ferme familiale avec comme seul bagage… son savoir. À l’époque, nous sommes au XVIIIe siècle, rares, voire inexistantes, étaient les jeunes filles de la campagne sachant lire, écrire ou compter. C’est pourtant le cas de Marie qui compte bien s’en servir pour arriver à autre chose que de finir domestique ou soumise à un mari qu’elle n’aura même pas pu choisir !

« Des petites paysannes, plus instruites que l’une de nos demoiselles ! Comment s’étonner ensuite que tout parte en quenouille dans notre pauvre France ? »

Marie est non seulement instruite, mais c’est aussi un joli brin de fille tout ce qu’il faut pour passer du statut de préceptrice dans une famille aisée à celui d’épouse d’un bourgeois aisé. Mais cette fin de siècle n’est pas propice à la plénitude et rien n’épargnera Marie et les siens, ni la mort de son époux guillotiné, ni la disparition de plusieurs de ses enfants. Chaque épreuve la rendra plus forte, plus belle et la guidera vers la quatrième saison de sa vie. Que doit-elle transmettre ? Que doit-elle laisser derrière elle ? Bart, son petit fils lui soufflera l’idée…

Les amoureux du terroir et de surcroît de notre belle Bretagne seront séduits. Ce roman est une manière de s’imprégner de la Bretagne d’avant. En ce qui me concerne j’ai été agréablement séduite, car ayant revu l’an passé avec mon fils cette période historique française, la revivre « côté Bretagne » m’a bien plu. Et puis il y a Marie la battante prête à tout pour échapper à sa vie modeste et aux conditions injustes auxquelles sont confrontées les femmes vivant à la campagne. Malgré tout, elle prouve qu’il ne faut jamais baisser les bras, qu’il faut avancer, qu’il faut continuer à vivre et à aimer. « Elle s’aperçut étonnée, qu’avec lui elle était heureuse d’être aimée et curieusement elle l’aima de l’aimer ».

Si comme moi vous aimez notre belle région, laissez vous surprendre. Vous allez la survoler au travers de l’histoire de France, de la Révolution à Napoléon, c’est enrichissant et apaisant, car l’auteur a une écriture riche en style, mais relaxante dans la lecture. C’est aussi le plaisir d’entendre citer des villes chères à nos cœurs comme Morlaix, Brest et redécouvrir des mots bretons tels que mamig ou ad hoc que je ne connaissais pas et qui m’a fait penser au Capitaine Haddock dans Tintin ou l’Ankou signifiant « la faucheuse » ! Oui, j’ai passé un bon moment, merci beaucoup, Mr Raguénès !

 Leave a Reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

(obligatoire)

(obligatoire)

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.