Avr 072015
 

Ecrit par l’auteure canadienne Audrée Wilhelmy. Publié en France aux éditions Grasset le 11 mars 2015

Je remercie chaleureusement les éditions Grasset pour ce partenariat !

Résumé

« Un manoir obscur et fascinant, dans une cité hors du temps. Celui qu’on appelle l’Ogre attire à lui des proies presque consentantes pour les aimer puis les tuer. Mais d’où viennent ces femmes ? Pourquoi se donnent-elles à lui ? Elles le racontent dans les carnets qu’elles laissent derrière elles et que Féléor assemble en un curieux livre – ses Sangs.
Mercredi, Constance, Abigaëlle, Frida, Phélie, Lottä, Marie : sept femmes, et autant d’expériences du désir et de la mort, sept écritures qui disent la féminité, le narcissisme, la soumission tantôt feinte, tantôt amusée.
Polyphonique et amorale, poétique et sulfureuse, cette réinterprétation virtuose du conte de Barbe bleue, par Audrée Wilhelmy, n’est pas pour les enfants. »

Mon avis

Décidément, les auteurs canadiens sont faits pour moi ! Toujours de belles découvertes 😉

Ce roman m’intriguait beaucoup, déjà car c’est un conte qui est à la base même de ce roman, et parce que j’avais lu la version d’Amélie Nothomb qui m’avait franchement déçue. J’espérais que la revisite de ce conte version adulte allait m’enthousiasmer et ce fut indéniablement le cas !

Le roman est divisé en sept chapitres, chacun étant le journal intime de l’une des femmes de Féléor Barthélémy Rü. Ces sept récits nous dévoilent de multiples facettes de la nature humaine. Plusieurs sentiments y sont décrits : l’amour, le dégoût, le rejet, la bonne ou mauvaise estime de soi, la crainte, l’envie, l’orgueil…

Nous commençons avec Mercredi Fugère. Son journal évoque l’adolescence, les premiers émois amoureux mais également le mensonge et la folie. Une première mort qui laisse perplexe, le texte est ambiguë et l’on ne saurait dire de qui venait réellement l’envie de cette mort. Ensuite, place à Constance Bloom, la première vraie femme de Féléor. Ce texte une fois de plus évoque la folie et les conséquences que les drogues peuvent avoir sur la santé mentale et la santé physique. Sa troisième femme Abigaëlle Fay fut peut être la première qu’il ait aimé. Un amour né de façon tout à fait écœurante ! Je vous laisse le soin de découvrir la première chose qu’il a pu aimer chez elle… L’orgueil et la jalousie d’Abigaëlle à l’encontre de sa précédente femme seront les éléments décisifs de sa mort. Sa quatrième femme est Frida-Oum Malinovski, et je n’ai pas trop compris ce que faisait ce texte ici. Rien de semblable aux autres textes qui évoquent tous la frénésie sexuelle, les ébats dangereux et pervers. Ce texte nous raconte l’apitoiement de cette femme sur elle-même car elle est ronde et n’accepte pas son image. La folie est un thème récurrent et on le retrouve aussi ici. C’est également la première mort qui n’est pas été préméditée de longue date ni par l’un ni par l’autre. La cinquième épouse de Féléor est Phélie Léanore, jeune curieuse qui connaît bien la réputation de son époux et qui souhaite faire partie de son palmarès. La cruauté de Féléor est ici à son paroxysme. C’est la mort la plus violente, insensée et sanglante de ce roman. Enfin vient sa sixième épouse Lottä Istvan son réel amour, un très joli texte bien que la fin soit aussi triste que les autres. La dernière femme de sa vie ne fut pas son épouse tout comme la première n’était pas son épouse non plus. C’est un peu un concentré de chacune d’elles et la seule qui tenait vraiment à la vie. Il apparaît enfin comme un assassin de sang froid avec cette femme-là.

Les premières morts sont liées à des dérapages de l’esprit vers la folie. Le désespoir est présent chez chacune de ces femmes. Les jeux pervers, tels que la strangulation pendant les ébats, tels que le plaisir à voir une plaie ouverte, emplissent de dégoût le lecteur. C’est un pari osé que d’écrire un livre aussi cru et aussi malsain. Il n’y pas de morale à cette histoire mais on se rend compte que Barbe Bleue n’est pas né cruel, il l’est devenue à cause de toutes ces femmes un peu dérangées qui ont fait partie de sa vie. L’histoire de la porte verrouillée qui abrite les cadavres de ses femmes n’est pas racontée telle quelle ici mais une salle des souvenirs de ses défuntes existe bel et bien !

Je recommande vraiment ce roman aux jeunes adultes et adultes qui aiment les contes revisités. Âmes sensibles s’abstenir !

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BarbeBleue062010BD

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