Juin 142017
 

Ecrit par l’auteure Wednesday Martin. Publié aux éditions Globe le 05 avril 2017.

Un grand merci aux éditions Globe pour cette lecture !


Résumé

« Wednesday Martin débarque de son Midwest natal dans l’Upper East Side, le quartier le plus huppé de Manhattan, avec son mari et ses deux enfants. Le rêve se transforme rapidement en cauchemar.
Wednesday est sur le territoire des primates les plus riches de la planète. Une enclave hostile peuplée de femmes au foyer
surdiplômées, glamour, mariées à des patrons de hedge funds et totalement dévouées à la réussite de leur progéniture.
Armée d’un calepin et d’un crayon, Wednesday Martin consigne, à la manière de la célèbre primatologue Jane Goodall,
les rites, les mœurs, les contradictions et les peurs de ces mères richissimes en quête obsessionnelle de perfection. »


Mon avis

J’étais très curieuse de découvrir ce roman ! Quand je l’ai reçu je venais juste de finir mes 6 saisons de la série Gossip Girl crée par Josh Schwartz et Stéphanie Savage et inspirée de la saga éponyme de Cecily von Ziegesar. L’auteure fait elle-même des clins d’œil aux romans, notamment à Lily Bart, l’une des protagonistes phares de cette série. 

Wednesday Martin

Ce récit est un mélange entre le reportage et l’autobiographie. Wednesday Martin nous raconte son propre vécu mais étudie les comportements autour d’elle comme le ferait une journaliste, voilà pourquoi j’utilise le terme de reportage. Wednesday vivait au sud de Manhattan avant son déménagement, un quartier chic et riche mais où l’apparence n’était pas à ce point fondamentale, où les habitants pouvaient encore vivre librement si je puis dire, sans trop faire attention aux répercutions de leur comportement. Lorsqu’elle emménage au nord, updown, dans l’Upper East Side, elle ne s’attendait pas à un tournant aussi radical. 

Elle prend conscience des règles tacites qui existent dans cette communauté extrêmement fermée, où il est extrêmement difficile de s’intégrer surtout lorsqu’on est pas la plus riche des plus riches. Wednesday et sa famille vivent évidemment très bien, ils ont les moyens de s’offrir un joli appartement dans l’une des ville les plus inaccessibles et huppée, mais parmi leurs congénères ils sont un peu en deçà.

Elle nous décrit, à la façon des primatologues qu’elle cite beaucoup et qu’elle admire tout autant, comment font ces mamans et futures mamans pour gérer leur maternité dans une ville où la liberté de mouvements n’existe pas. Wednesday est anthropologue, elle étudie les communautés du monde entier et c’est parmi celle-ci qu’elle aura le plus de difficultés à s’intégrer.  Elle nous relate son quotidien, les énormes problèmes qu’elle rencontre pour louer un logement tant les critères de sélection sont impensables, son parcours du combattant pour inscrire son fils dans une école maternelle (publique en plus !) et ses problèmes d’intégration auprès des autres mamans. Elle et son enfant sont considérés comme des parias et aucune maman n’accepte les invitations à jouer de cet enfant-là, personne pour l’inviter non plus. 

Wednesday vivra de longs mois dans le stress doré de ce quartier où elle doit pourtant apprendre à vivre. Elle lutte au quotidien pour être une bonne mère, pour que son garçon puisse avoir des copains en dehors de l’école. La chance lui sourira par petites touches jusqu’à l’intégration semi-complète au cœur de cette tribu comme elle l’appelle. Tour à tour elle nous expose les problèmes quotidiens de ces femmes rongées par le stress, leur souci de l’apparence et du moindre gramme superflu, leur comportement extrême lorsqu’un nouveau sac à main arrive sur le marché, la chasse aux chaussures et aux vêtements hors de prix. Tout cela, même pas dans le but de plaire aux hommes. Elle aborde cette façon qu’ont les hommes et les femmes de vivre séparément : un coin pour chaque lors des réceptions et aucune d’entre-elles ne voudraient que cela change. Elles sont parfaites mais ne font quasiment jamais l’amour, juste pour avoir des enfants pour certaines. 

On ressent dans cette lecture l’angoisse affolante qui étreint ces mères de famille qui ont pourtant tout pour être heureuse. Malgré tout cela, Wednesday s’acclimatera et se fera des amies, ses enfants s’épanouiront et son mari lui restera dévoué et fidèle. Elle aura cependant son lot de malheurs, parfois minimes parfois à vous fendre le cœur. 

Cette femme m’a beaucoup ému, son récit est vraiment intéressant et enrichissant quant à notre façon de voir le monde et de considérer nos voisins. Car, aussi superficielles qu’elles peuvent l’être, ces mamans de l’Upper East Side n’en restent pas moins des femmes sensibles. Elles m’ont vraiment touché, j’ai parfois fait les yeux ronds tellement j’étais surprise et ahuri de constater que tout ce qui nous est raconté est vrai. On n’imagine même pas jusqu’où leur quotidien peut aller. Et puis cela change un peu de laisser la jeunesse dorée de Manhattan de côté pour nous consacrer aux adultes et aux bébés 🙂 

Je recommande vraiment cette lecture à ceux que le thème intéresse déjà et aux curieux du monde qui les entoure. 

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