Mar 242015
 

Ecrit par l’auteur pakistanais Nadeem Aslam. Il s’agit de son premier roman (1993) publié le 05 février 2015 aux Editions Seuil. D’autres romans postérieurs à celui-ci ont déjà été traduits chez cette maison d’édition.

Un grand merci aux Editions Seuil pour ce partenariat !

Résumé

« 1982. Une bourgade anonyme du Pakistan, à l’ombre de deux mosquées concurrentes, est secouée par deux événements simultanés : le meurtre du puissant juge Anwar, et la réapparition mystérieuse d’un sac postal égaré dix-neuf ans plus tôt dans un accident de chemin de fer. Quels secrets depuis longtemps enfouis ces lettres bientôt distribuées vont-elles révéler ? Quel rapport auraient-elles avec la mort du juge ? Nadeem Aslam nous plonge dans un monde sans âge, où les rites traditionnels de la vie ordinaire se déroulent sur un fond inquiétant de guerres civiles lointaines, d’assassinats, de bouleversements et corruptions politiques, de tensions religieuses. Alors que la mousson approche et que la touffeur moite se fait de plus en plus écrasante, les passions se déchaînent au sein de la petite communauté, menaçant de la faire éclater, laissant ses différents acteurs troublés et désemparés. »

Mon avis

Précédemment, j’avais lu Le jardin de l’aveugle de cet auteur que j’avais trouvé absolument remarquable. J’avais été marqué par cette écriture poétique et tellement sensible alors qu’il racontait la guerre… J’avais été extrêmement émue. Quand j’ai su que ce roman était sorti, bien évidemment je n’ai pas hésité, mon seul objectif était de me ruer dessus ! Malheureusement, j’ai compris pourquoi ce premier texte avait été traduit et publié en France 22 ans après sa sortie en anglais.

Le contexte historique

L’intrigue se situe dans un petit village pakistanais au début des années 80. J’ai fais quelques recherches pour essayer de comprendre le réel contexte historique de cette période qui m’a paru floue dans le roman, bien qu’on en ressente son importance.

A cette époque le pays était sous la présidence du Général Muhammad Zia-ul-Haq. En 1977 il a renversé son prédécesseur pour prendre le pouvoir. Il y restera de 1977 à 1988, année de sa mort. Si son prédécesseur prônait la laïcité, Zia veut créer un Etat Islamique et ainsi radicaliser son peuple : aumône obligatoire, châtiments publics, obligation des femmes à se voiler à la télévision, instaure une loi sur le blasphème… Il voulut même instaurer de nouveau le califat. Il fut considéré comme un dictateur et le pays a connu une forte islamisation.

Je trouvais important de vous communiquer ces quelques informations car le roman m’a paru assez fade et dénué de l’intérêt de son écrivain. On nous parle de lettres mystérieusement disparues 19 ans auparavant et d’un meurtre mais ni l’un, ni l’autre ne sont approfondis.

L’intrigue

L’intrigue est peu creusée ici, il ne faut pas s’attendre à un roman policier riche en mystères et en rebondissements. L’histoire des lettres et celle du meurtre sont deux affaires peu traitées dans ce roman et dont le dénouement n’en est pas vraiment un. L’essentiel de ce livre parle de la mousson dans ce petit village, des humeurs et ragots dans la ville et de l’avancée de l’islamisation sous les traits du Maulana Afeez.

Je pense que si le résumé du livre avait été un peu moins aguicheur sur l’aspect policier, et s’était révélé plus réaliste : la vie d’une petite communauté dans un pays en proie à une dictature, j’aurais été moins déçue.

Les personnages

Ils sont nombreux ! Heureusement, au début du roman vous avez la liste de ceux-ci et de leurs fonctions.

Malgré que l’aspect psychologique de chacun ne soit pas approfondit, j’ai quand même beaucoup apprécié ces personnages. Je l’ai ai trouvé attachants, humains et en phase avec le contexte dans lequel ils évoluent. Ont vie avec eux leurs joies et leurs souffrances. On expérimente le deuil, la consternation et l’infidélité mais le roman est aussi ponctué de passages en italiques : le point de vue innocent des enfants. On vit aussi l’amour et l’affection au sein des familles.

En bref, c’est une très jolie lecture qui m’aurait beaucoup plus touchée si son aspect enquête policière n’avait pas été autant mise en avant. Autre point faible, c’est une histoire sans fin, ceux qui liront comprendront ! 🙂 Je le recommande néanmoins aux amateurs de la littérature arabe comme moi car le roman nous apprend beaucoup sur le pays et ses habitants.

La définition d’une enfant sur les étoiles filantes…

« La femme de l’imam dit que ce sont des flèches de feu lancées par Allah contre les mauvais djinns qui essaient d’atteindre les cieux inférieurs pour surprendre la conversation des anges »

3_coeurs

  One Response to “Le cri de l’oiseau de pluie – Nadeem Aslam”

  1. ce livre me plait bien, l’histoire parait intéressante et surtout l’endroit où se déroule le récit promet une belle découverte

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