Août 052016
 

Ecrit par l’auteur français Benoît Séverac. Publié aux éditions La Manufacture de Livres le 18 mars 2016.

Résumé

« «Vous devriez faire attention à vous, docteur Ollard. Vous pensez avoir tout compris à la condition des Maghribïnes en France parce que vous avez rencontré une gamine et sympathisé avec elle ; mais nous, ça fait des années qu’on est au courant de ce qui se passe dans les cités, c’est notre métier. Nous savons qui fait quoi, et qui représente un réel danger». Sergïne Ollard est vétérinaire à Toulouse. Une adolescente désemparée, Samia, lui demande d’examiner un chien souffrant d’un mal mystérieux que son frère aîné, Nourredine Den Arfa, cache dans une cave. Dans ce quartier gangrené par le trafic de drogue et travaillé par l’islamisme radical, la jeune vétérinaire va se trouver embarquée malgré elle dans un combat entre deux camps qui partagent la même culture de violence. Le roman noir de la France d’aujourd’hui. »

L’avis de Caïtelhor

Une nuit comme tant d’autres au quartiers des Izards à Toulouse, au nord de la ville rose,  Samia observe de la fenêtre de l’appartement familial les allées et venues de son frère Nourredine Ben Arfa. Jusqu’au moment où de sa BMW sortent deux rottweilers, dont un plutôt mal en point. Son frère le fait avancer à coup de pieds, il n’en faudra pas plus à Samia pour se sentir concernée.  Elle a  14 ans, elle est la sœur d’un dealer (et indic), du caïd de la cité, Nourredine  et sœur aussi de Mustapha, son petit frère de 12 ans, déjà « chouffeur ». Elle va enfreindre toutes les lois du milieu pour récupérer le chien. Mais Sergine la vétérinaire chez qui elle l’emmène n’est pas dupe. Il a une occlusion intestinale, c’est une Mule et son ventre est rempli de capsules de drogue.

Plongée immédiate dans le 21ième siècle. Attention nous sommes en pleine fiction…ou pas…les protagonistes existent ou pas…Samia et Sergine vont faire une descente aux enfers par le biais de deux bandes rivales. Trafic de drogue contre islam radical.  Car pour Hamid et Nejib Omane, deux frères prêts à mourir pour le jihad, la drogue c’est haram.

Benoît Séverac est toulousain, connait sa ville et l’aime, ça c’est sûr. Il ne fait pas de politique mais s’en sert bien dans son roman pour nous faire comprendre et même nous impliquer car il ne faut plus fermer les yeux. Nous n’avons plus d’excuses car nous savons.  Nous savons comment les flics ferment les yeux sur le trafic pour traquer le gros gibier, nous savons comment les djihadistes  par le biais du trafic de drogue aussi financent leurs attentats, nous savons comment les dealers glissent vers l’islam radical non pas par une révélation de foi mais plutôt  pour protéger leur pouvoir économique illicite et nous savons que le terrorisme est à notre porte. Mais nous, que pouvons nous faire ? Que peuvent faire les gens des cités qui pour certains ne demandent qu’à vivre paisiblement ? Je cite l’auteur qui résume tellement bien cette triste constatation :

« Au nom de la lutte contre les trafiquants de grande envergure, la hiérarchie laisse une poignée de petits dealers pourrir la vie de centaines de pauvres gens ; les médias ne s’intéressent qu’aux faits divers et les politiques s’en lavent les mains, parce que ces gens-là ne votent pas ou mal ». Ces gens-là n’intéressent personne.

Pour moi,  bien avant de découvrir ce magnifique opus, c’est la couverture d’un premier coup d’œil qui m’a immédiatement interpellée. Une rapide lecture du résumé et le nom de l’auteur ; je connais déjà sa plume, je suis conquise. Livre brûlant pour actualité brûlante. J’avais suivi d’ailleurs un petit reportage à la TV qui relatait ces histoires de chiens lâchés (et bien dressés) avant la frontière, que les propriétaires récupéraient ensuite. Ils les tuaient, prenait les capsules et jetaient les dépouilles dans des terrains vagues. Incroyable. Séverac trouve le ton, les mots, pas de demi-mesure, tout le monde en prend plein la face…flics, dealers, djihadistes… Pas de cadeau mais une pure vérité qu’il faut accepter de regarder en face. C’est un livre brut avec une âme omniprésente dans tout le roman, celle de Sergine,  émouvante et juste humaine qui ne lâche rien, à ses risques et périls. Elle nous tire vers le haut et nous laisse espérer que malgré le fait que  l’humain soit capable du pire il est aussi capable  du meilleur.

Il y a des auteurs qui ne déçoivent pas, Benoît Séverac en fait partie, en ce qui me concerne bien entendu. Le chien arabe est un polar  difficile et dur mais on n’oublie pas que c’est une fiction…ou pas. A lire expressément.

5_coeurs

Benoît Séverac

  One Response to “Le chien arabe – Benoît Séverac”

  1. Je n’en avais jamais entendu parler, mais il a l’air vraiment d’être un bon livre, même si le sujet est un peu difficile.
    Bon week-end !

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