Juin 152018
 

Écrit par l’auteur Muhammad Ali avec Hana Yasmeen Ali. Publié aux éditions Presses du Châtelet, le 19 octobre 2005.


Résumé

 » Tout le monde connaît le boxeur, hâbleur et arrogant, vainqueur de Frazier et Foreman lors de combats légendaires. Qui connaît le véritable Muhammad Ali ? Refus de participer à la guerre du Vietnam, foi inébranlable en Dieu et en son prochain, prises de position en faveur de l’émancipation du peuple noir… Les combats qu’il mena et mène encore hors du ring sont ceux d’un cœœur pur. Souvenirs, anecdotes, contes, poèmes et aphorismes composent ce récit biographique qui retrace le cheminement d’un homme en perpétuelle quête spirituelle. »


L’avis de Caïtelhor

J’ai eu un immense coup de cœur pour ce roman. On pourrait dire, encore une biographie, une de plus ! Non je ne pense pas. Celle-ci montre la face cachée de ce grand homme qui toute sa vie a voulu faire le bien et donner de sa personne sans rien demander en retour. Il fut en quête perpétuelle de spiritualité et ses actions avaient pour but l’émancipation du peuple noir. C’est un ami qui m’a proposé ce livre, évidemment j’ai accepté ravie de marcher dans les pas de mon idole. Le grand Muhammad Ali est mort la veille du ramadan le 03 juin 2016, c’est important de le rappeler. « Ramadhan » est pour les musulmans le « mois saint par excellence », car il constitue le mois de jeûne (saoum) et contient Laylat Al-Qadr, la nuit du destin.

Pourquoi une telle introduction, penserez-vous ? Pour deux raisons très importantes à mes yeux. Tout d’abord, nous sommes le 4 juin 2018, au 19e jour du ramadan. Voilà, même période deux ans presque jour pour jour après son envol, tel un papillon. « Danse comme le papillon, pique comme l’abeille » telle était sa devise. Cette chronique est un hommage à un boxeur que j’adorais. Je l’ai découvert dans les années 1975, son nom était Cassius Clay/Muhammad Ali, j’étais adolescente et je le trouvais tellement beau !

Ma seconde raison est mon respect pour un homme qui s’est converti à l’Islam en 1964. Il raye ainsi son nom d’esclave Cassius Clay pour celui de Muhammad Ali. Pas facile à cette époque, nous sommes dans les années cinquante en Amérique (et comme aujourd’hui au vu des événements dramatiques de ces dernières années) les musulmans étaient et sont souvent caricaturés. Pourtant, il représentera le vrai visage de l’Islam, pacifique et universel. D’ailleurs, il dira : « L’Islam a changé ma vie de bien des manières. Il m’a élevé et purifié en tant qu’être humain. »

Je le cite à nouveau, car la religion l’a métamorphosé tel un coup de poing reçu en pleine figure :  « L’islam m’a appris que mener une existence saine sur les plans physique, mental et spirituel élève l’esprit et permet de voir le monde sous un jour nouveau. Certains sont prisonniers de la haine, de la vengeance et de leurs préjugés. Mais vient un temps dans la vie où l’on n’a pas d’autre choix que de pardonner si l’on ne veut pas être consumé par l’amertume. »

 » J’aimerais que l’on se souvienne de moi comme d’un homme qui remporta plusieurs fois le titre de champion du monde des poids lourds, qui avait de l’humour et se comportait bien avec autrui. Un homme qui ne regarda jamais de haut ceux qui l’admiraient et qui aida le plus de gens possible. Un homme qui n’hésita jamais à se battre pour ses croyances. Un homme qui essaya de rassembler l’humanité tout entière autour des valeurs de foi et d’amour. »     

Cette biographie est très particulière, car elle est écrite par Muhammad Ali accompagné de sa fille Hana Yasmeen Ali. Une partition à quatre mains, émouvante. Lui, ouvre la voie par le récit de son enfance, de sa jeunesse, de sa gloire. Il était le meilleur avant même d’être monté sur le ring, ne l’oublions pas !! Mais lorsque ses poings d’acier cèdent la place à des mains tremblantes et malhabiles, c’est elle Hana qui ferme la porte sur cette vie bien remplie en le remerciant de tout ce qu’il lui a apportée et de tout l’amour dont il l’a entourée. Sale maladie de Parkinson.

Les chapitres sont courts, deux voire trois pages, ils sont ponctués d’anecdotes en forme de poèmes ou soulignés par des citations de sagesse soufie, de proches et de lui-même. La gloire lui est tombée dessus à 18 ans. Il devient champion olympique à Rome, pourtant rien ne le prédestinait à un tel destin. À la base, c’est par vengeance, car on lui a volé sa bicyclette rouge toute neuve. Il décide de franchir la porte de la salle de boxe pour mettre une raclée au voleur ! Il ne l’a jamais fait par contre, la boxe est devenue son exutoire, sa passion, toute sa vie.

On découvre aussi le côté « show man » arrogant, orgueilleux, imbu de sa personne. D’ailleurs, il se décrit ainsi, sa devise « float like a butterfly and sting like a bee » sa description « le plus grand » à la beauté insolente. La boxe « une chorégraphie » et sa respiration « une musique ».

Mais au-delà de cette image médiatique importante et nécessaire, il restera toujours présent pour ses neuf enfants, fera en sorte qu’ils ne brisent jamais le lien entre eux. Ils gardent de leur père sa bonté, sa compassion, sa générosité et son amour des autres et de la vie. Il nous offre là une magnifique leçon d’humanité et nous en avons bien besoin !

Je retiens une phrase du grand Muhammad Ali qu’il est bon à mes yeux de conserver et de donner à nos enfants : « Le soir, quand je me couche, je me dis :  « je ne me réveillerai peut-être pas demain, puis-je être fier de ce que j’ai accompli aujourd’hui ? »

À lire sans modération.

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