Avr 072018
 

Ecrit par l’auteure Lyliane Mosca. Publié aux éditions Presses de la Cité le 15 mars 2018.


Résumé

« La vie de Gabrielle Renard est un roman. Un roman vrai et en couleurs qui commence en 1894, quand, toute jeune, elle quitte sa Champagne natale pour devenir bonne à Paris chez les Renoir. Sa beauté simple mais rayonnante lui vaut de poser bientôt pour le célèbre peintre. Egalement nourrice du petit Jean, le futur cinéaste, elle contribue grandement à son éducation. De cette complicité, de cette tendresse, Renoir saisit sur la toile les instants pleins de grâce. Gabrielle suit la famille au gré de ses pérégrinations et de ses secrets, et côtoie de grands artistes : Manet, Degas… Toujours disponible quand le maître la réclame comme modèle, toujours admirative, de plus en plus experte en art…
Ainsi va la vie hors du commun de Gabrielle dans l’intimité de deux artistes majeurs du xxe siècle. »


L’avis de Caïtelhor

Merci aux Editions PRESSES DE LA CITE, collection TERRES DE FRANCE pour me permettre de lire à nouveau Lyliane Mosca. J’avais adoré « Les amants de Maulnes » . J’aime la plume romantique de l’auteure propice à l’évasion, à la découverte. Je suis à nouveau séduite par son écriture et la manière dont elle va décrire la beauté des paysages, des personnages que Renoir peindra tout au long de sa vie, Lyliane Mosca devient l’espace d’un roman sa muse elle aussi beau duo ! J’ai en tête la chanson de Michel Berger qui rend hommage à un autre peintre célèbre cité dans le roman, Cézanne, et dont les paroles collent tellement à cette histoire :

     « Il laisse accomplir le prodige de ses mains, et il éclaire le monde pour nos yeux qui n’voient rien. »

      En quittant sa Champagne et surtout sa ville natale d’Essoyes, Gabrielle Renard se doutait-elle du destin extraordinaire qui l’attendait ? Elle sait qu’elle doit quitter les siens pour la capitale, sa vie est là-bas, elle a seize ans et nous sommes en 1894. Elle s’est fait engager comme bonne dans la famille Renoir, elle est confiante d’ailleurs, Aline Renoir n’est-elle pas d’Essoyes comme elle ? Ils sont un peu de la même famille, gens simples, normaux. Tel est son ressenti. Lorsque le deuxième enfant des Renoir naît, Jean, elle deviendra sa nourrice, l’éduquera, l’aimera comme son fils, toujours. Auguste Renoir capte l’aura de Gabrielle, la lumière sublime qu’elle dégage de son corps, de son visage, l’amour qu’elle donne au petit Jean. Renoir va la peindre, encore et encore. Ils se comprennent sans se parler et elle devient sa muse, sa confidente tout au long de sa vie.

     « Une histoire sans paroles mais une histoire… Une histoire consommée ou juste effleurée ? Tantôt il penche pour la première hypothèse, tantôt pour la seconde et il subodore qu’il n’est pas le seul. » (voilà ce qu’en pense le marchand de tableau Ambroise Vollard en croisant Gabrielle sortant de la chambre de son « patron » en tenue de nuit) .

Renoir

      Elle suivra la famille partout, rencontrera Manet, Degas… deviendra elle-même experte en art. Quand Renoir, souffrant de polyarthrite tombe malade elle sera là, à ses côtés jusqu’au jour où Elise les surprend en pleine confidence et exaspérée la jette dehors. C’est la fin mais aussi le début de sa nouvelle vie avec son amoureux Conrad Stade (adorateur de l’artiste peintre et de sa muse)  lui-même, portrait de Renoir et à qui elle donnera un fils. Pourtant la famille Renoir ne sera jamais loin de leur vie et après avoir été la muse du père elle sera tout le restant de sa vie la figure de LA FEMME dans toute sa splendeur pour Jean qu’elle suivra avec sa famille jusqu’en Amérique.

C’est un roman haut en couleurs (et le mot est faible vu le thème!), un livre pour les vacances, un livre qu’on peut offrir aux romantiques, aux amoureux de la nature et de la peinture. On traverse la vie du peintre grâce à la plume multicolore de l’auteure. J’ai été autant sous le charme de Gabrielle que de Renoir. Bien sûr, Lyliane Mosca dresse le portrait de Gabrielle par le biais de documents (de son petit neveu Bernard Pharisien), d’anecdotes  mais elle y rajoute des scènes imaginées, romanesques qui se fondent parfaitement dans l’histoire. Ce roman est à la hauteur de son peintre, fort, plein d’amour et d’humour grâce au franc parlant de cette magnifique jeune femme qu’est « Ga ». Le résultat est admirable, authentique et d’une telle fraîcheur ! Ode à la nature et à la femme, ça fait du bien :

     « La nature luxuriante avec ses nuances et ses métamorphoses, cette campagne baignée par l’Ource , ses habitations de pierre, ses prairies, ses lavoirs. (-) le naturel et la grâce de ces jeunes personnes dotées d’une sensualité qu’elles ne soupçonnent même pas. »

     Et LA question qu’on se pose, que je me suis posée jusqu’à la fin : Mais alors, Gabrielle et Renoir histoire consommée ou juste effleurée ? Oui, vraiment il faut le lire !!!

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