Juin 212017
 

Ecrit par l’auteure française Bénédicte Lapeyre. Publié aux éditions Albin Michel le 28 septembre 2016.


Résumé

« De sa mère, Mone a appris les gestes minutieux du métier de repasseuse. Manipuler le linge délicat et les fers est une voie toute tracée pour cette jeune femme discrète qui n’a jamais quitté Senlis. Pourtant, Mone sait tout. Elle sait tout grâce au linge qu’on lui apporte chaque jour. Car si les gens parlent, le linge aussi, des problèmes financiers de l’aristocratie aux secrets d’alcôve, l’intimité se dévoile à travers les étoffes. L’élégante et digne repasseuse traversera les deux guerres, découvrira l’héroîsme et la collaboration, mai 68 et Rachmaninov. Elle connaîtra des amitiés cruelles et des amours éphémères. Mais c’est à l’automne de sa vie que son destin prendra des détours insoupçonnés…Le portrait émouvant et tendre d’une femme en avance sur son temps, chronique subtile des bouleversements du XXe siècle. »


Mon avis

J’étais un peu sceptique face à ce livre dont ni le titre ni la couverture ne m’intéressaient particulièrement. 

Ce récit retrace la vie de Mone, diminutif de Simone. Elle est née en 1900 et a toujours vécu à Senlis en région Haut-de-France. Mone partage son quotidien avec sa mère et sa sœur Marie. Sa maman eut une vie de repasseuse et Mone reprend le flambeau dès qu’elle est en âge de le faire. Elle aide sa mère et devient vite indispensable pour ce travail familial. Elle apprend ce métier et apprend à l’aimer. Sa sœur Marie souffre d’un handicap que l’on qualifierait aujourd’hui d’autisme, elle ne peut travailler mais sa gentillesse et sa douceur impressionnantes. Le papa de Mone est parti un jour sans jamais revenir, avant de partir il avait pourtant assuré à sa famille le confort sommaire d’un logement et d’un travail. Nul ne saura jamais ce qu’il advint de lui.

A travers le repassage du linge des habitants de sa ville, Mone va apprendre la vie car à travers le linge on apprend beaucoup sur la situation financière des uns et des autres, sur leur situation familiale et personnelle. Elle traversera les deux guerres et constatera les bouleversements économiques. Les familles aisées ne le sont plus tant que ça, le beau linge est moins présent, une nouvelle bourgeoisie fait peu à peu son apparition avec de nouveaux tissus. Outre les changements économiques du pays, Mone assistera à l’évolution de la mode. C’est quelques chose qui la passionne beaucoup, elle obtient régulièrement des revues sur ce thème qu’elle feuillette avec amour. On voit l’émergence du coton puis du polyester, le déclin du lin et peu à peu c’est le travail de Mone qui périclite car les nouveaux tissus ne nécessitent plus d’une repasseuse. Les changements interviennent aussi dans la technologie et l’apparition des laveries automatique, moins chères. 

Mone vivre le deuil de plusieurs manières et vivra une grande partie de sa vie seule, vieille fille comme on dirait aujourd’hui. Elle connait l’amour brièvement mais les plaisirs charnels lui seront, pendant presque toute sa vie, inconnus (je dis bien presque !). Alors qu’elle pense finir sa vie ainsi, un changement de situation interviendra alors qu’elle a déjà 70 ans 😉 

Cette vie est une vie simple mais touchante. J’avais peur de m’ennuyer mais en fait les personnages sont attachants et j’avais envie de savoir comment le destin de Mone prendrait fin. Il n’y a pas de rebondissements, mais la plume de l’auteure est belle. J’avais des images en sépias devant les yeux à chaque ligne lue et j’ai trouvé ce roman singulier et intéressant. La fin également m’a surprise et m’a apporté ce qu’il fallait pour ressortir ravie de cette lecture. 

C’est un récit que je conseille pour sa beauté et son originalité, grand paradoxe alors qu’il s’agit d’une vie telle qu’elle aurait pu se dérouler. Je lis beaucoup de romans où les personnages vivent des vies improbables ancrées dans l’imaginaire. Mone est bien ancrée dans le réel. 

  One Response to “La repasseuse – Bénédicte Lapeyre”

  1. Oh, moi j’adore la couverture ! Ca me rappelle un peu les tableaux de Caillebotte qui représentait dans ses oeuvres les artisans et les ouvriers de son temps. Mais effectivement, le sujet n’est pas évident et au premier abord, le roman n’est pas très emballant, en effet.
    Pour autant, je crois que je vais m’y intéresser sérieusement parce qu’il pourrait vraiment me plaire.

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