Mai 182018
 

Ecrit par l’autrice française Hortense Dufour. Publié aux éditions Presses de la Cité, collection Terres de France, le 03 mai 2018.

Un immense merci aux éditions Presses de la Cité pour cette belle lecture !


Résumé

« Tout commence dans un hameau au cœur des marais charentais au sein d’une famille d’agriculteurs aisés. La naissance tardive du benjamin, Michel, d’une beauté d’archange, va briser l’apparente harmonie des choses, des lieux, des êtres…

Loin, loin du hameau.
Loin.
Là où il naîtrait à part entière.

Cet enfant si beau, si singulier, a semé le trouble dans cette famille de propriétaires terriens. Le malheur d’être né trop tard…. Pendant son enfance, Michel, baptisé  » Bel Ange  » par Tante Didine, ne connaîtra l’affection, la douceur, la poésie des choses qu’auprès d’elle ; et le bonheur à l’ombre d’un acacia où il s’adonne à sa passion du dessin. Plus tard, il rompt avec le hameau pour suivre ses études près de La Rochelle. Un  » nouveau monde « . Là, il habite chez Rose, une vieille dame adorable, éprouvée par la vie, malmenée par son entourage. Comme Didine… Alors Bel Ange, par son esprit rebelle, son inclination pour les plus fragiles, son insolente jeunesse, va bousculer l’ordre des choses. Et faire souffler un vent de liberté dans l’existence de celle qui est devenue sa protégée…. « 


L’avis de Caïtelhor 

Un nouveau coup de cœur avec ce joli roman reçu des Éditions Terres de France que je remercie ainsi que Hortense Dufour. C’est le deuxième livre que j’ai le plaisir de lire de cette auteure, le premier étant « Port-des-Vents » que je recommande vivement pour celles et ceux qui aiment les portraits de femmes. Hortense Dufour dressait là l’histoire de cinq générations de femmes dans une lutte quotidienne, difficile, mais gardant toujours l’espoir d’un lendemain meilleur.

Je découvre ici Michel, dit « Bel Ange » qui est le dernier né d’une famille d’éleveurs de poules dans les marais charentais. C’est un bel enfant, mais c’est l’enfant de trop, celui qu’on n’attendait plus, celui qu’on ne veut pas.

                             « La vie un don ? Un méchant prêt remboursé par la mort. »

Il va enrayer la machine bien rodée de la famille Thomas, leur quotidien, leur travail, TOUT en fait. Il va le payer cher, il ne sera jamais aimé des siens, il sera le « ravisé » pour tous les membres du clan ; seule sa tante, « Didine-Divine » comme la nommera toute sa vie Bel Ange, l’idolâtrera, le vénérera tel l’Archange Michel qui veille sur elle. Il sera son « enfant Roi » elle, dont le ventre est sec. Elle lui donnera tout.

       « Qui pouvait voler la joie de Didine ? Donner n’est rien, tout donner à un vrai sens.

 C’est ainsi que pensait sa tante.

Le labeur de la terre n’est pas pour lui. À l’ombre de l’acacia, jamais loin de sa Didine-Divine, il dessine, il « croque » les gens et leurs expressions, les transforme, les embellit ou les ridiculise au gré de ses humeurs. Il part à 18 ans loin de ses rustres, mais jamais il n’oubliera sa Didine-Divine.

          « Le jour du départ, elle lui avait murmuré qu’il était sans cesse dans son cœur. »

      Il va loger chez Rose, près de La Rochelle pour étudier. Rose est une veuve de 64 ans qui a été elle aussi malmenée par la vie et par les siens. Épiée par sa voisine, détestée par son père, négligée par ses enfants, elle survit comme elle peut ! Bel Ange va transformer sa vie ; sa présence, son regard vont porter Rose, lui faire prendre des décisions dont elle ne se serait jamais crue capable. Il va distribuer des clés, elle ouvrira ses portes, son destin va basculer du néant vers la lumière.

Charmant, frais, agréable à lire, émouvant, un moment de pure douceur. J’ai beaucoup aimé le chapitre 1 ou la « naissance » du hameau et de ses habitants aux yeux bleus. On remonte dans le temps jusqu’au XIe siècle avec Eliénor d’Aquitaine, les invasions, les exécutions, la terreur, et aussi Jehanne « la Pucelle » jusqu’aux anglais aux yeux clairs et aux cheveux rouges. Comme le dit si bien l’auteure « le brouet du temps ».

On s’attache à Didine qui est la seule dans cette famille à formuler les choses, les autres sont des « taiseux » (ils préfèrent laisser un mot sur la barrière « je suis aux poules », des bosseurs quoi ! Le gain est le seul but de leur vie. La plume de l’auteure est douce et poétique, elle ne juge pas les gens, chacun est comme il est et on fait avec. J’ai adoré certaines scènes de vie (beaucoup pour être honnête !) et par exemple, la comparaison et la description entre Bel Ange et l’Archange Michel.

 « Beauté faite d’un insolite mélange de splendeur virile et de grâce féminine ».

Mais aussi l’histoire de Catherine, la mère de Bel Ange et de l’affection qu’elle porte à ses vaches (qui malgré tout finissent à l’abattoir…) qu’elle délaissera après la naissance de son enfant indésiré. On se replonge un peu dans « La ferme des animaux », c’est triste.

La transition est parfaitement orchestrée lorsque Bel Ange pose ses valises chez Rose. Il est adulte et montre une autre facette de sa personnalité. Il veut faire le bien. Il devine immédiatement le mal-être de Rose et on va suivre avec amusement sa stratégie habile pour faire réagir Rose, il y a de la rébellion dans l’air ! L’auteur charge tous ses protagonistes d’émotions, de sentiments, d’envie ou de désespoir, d’amour ou de haine. Savant mélange dont on se délecte !

J’ai pris un réel plaisir à lire ce roman. C’est un livre qui sent l’été, la farniente au soleil, à lire pourquoi pas à l’ombre d’un acacia ?

Hortense Dufour

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