Juin 262017
 

Ecrit par l’auteur américain Chris Bohjalian. Publié aux éditions Charleston le 03 février 2014 sous le titre « Femmes des dunes », puis en poche sous le titre « Filles du désert » le 15 mai 2017.

 Tout d’abord, merci aux Editions Charleston de m’avoir fait découvrir ce roman de Chris BOHJALLIAN.


Résumé

« Alep (Syrie) 1915. 
Une jeune Bostonienne rencontre Armen, rescapé du génocide arménien. New York, 2012, Laura Prelosian entreprend un voyage à travers son histoire familiale et découvre un grand amour, le chagrin et un terrible secret enfoui depuis des générations. »


L’avis de Caïtelhor

Lorsque j’ai lu le résumé de la page 4, il m’a séduit je l’avoue. La couverture aussi d’ailleurs, cette femme de dos face aux dunes. On peut supposer qu’elle attend son amoureux.

La voici, c’est Elizabeth qui arrive en Syrie, nous sommes en 1915, en plein génocide arménien. Elle se lie d’amitié avec Armen ingénieur arménien ou disons plutôt, qu’elle tombe amoureuse de lui, sur le champ. Pourtant, il va quitter Alep  pour s’engager dans l’armée anglaise et à partir de ce jour, il va écrire à Elizabeth sans savoir si ses courriers lui parviendront. Mais il sait qu’il doit le faire car il est lui aussi tombé amoureux de cette jeune femme qui lui rappelle son épouse décédée.

Le livre est divisé en deux époques, la seconde partie se passe en 2012, à Bronxville, petite ville de l’état de New York. J’aime beaucoup ce genre de scénario qui nous fait voyager au fil des ans et des pays. Je découvre ici Laura Pétrosian, petite fille d’Elizabeth et romancière (ses origines arméniennes ne l’ont jamais vraiment interpellé), face à un conflit intérieur. Une amie l’appelle. Elle pense avoir découvert une photo de la grand-mère de Laura dans une exposition au musée de Boston. Laura va entreprendre un voyage personnel qui la conduira à élucider un terrible secret datant de plusieurs générations.

Norikian Krikor , peinture dédiée à l’expression de l’âme arménienne marquée au fer rouge du génocide et de l’exode. Peintre libano-arménien, né à Beyrouthe en 1941.

Je découvre page après page, l’horreur du génocide arménien.  Je connais cet épisode dramatique de l’histoire mais là, c’est l’immersion dans la barbarie. Un des protagonistes dira « Un peuple est en train de disparaître. Un peuple entier. C’est … biblique, les proportions sont bibliques. » Elizabeth tombe elle aussi en plein dedans, dès son arrivée. Elle voit des centaines de femmes marchant nues ou presque, décharnées, à bout de force et mourantes pour la plupart. Elizabeth interroge, mais où sont les hommes ? Ils ont tous été massacrés et elles subiront le même sort, avec plus ou moins de souffrance, selon leur chance… Elle va néanmoins réussir à sauver de ce naufrage une femme, Nevart et une enfant, Hatoun, qui n’aura pas le sort qu’on réserve aux enfants. Les places étantrares et chères à l’orphelinat, on les arrache à leur mère la nuit, on les entasse dans une charrette jusqu’à une grotte puis on enfume la grotte pour qu’ils périssent tous.

Je lis ce livre jusque la fin, avec souvent les larmes aux yeux. Rien à voir en fait avec le résumé, car je n’ai pas vraiment ressenti l’histoire d’amour entre Elizabeth et Armen. Même plus, j’ai eu la sensation d’avoir été « trompée » sur mon choix de lecture. J’ai été prise au piège car j’ai espéré jusqu’au bout une belle fin romantique et surtout apaisante, et bien non.

Laura, la petite fille d’Elizabeth à la recherche de son passé, va retrouver des photos et des documents sur l’histoire de ses grands parents. Elle va percer le terrible secret de sa grand-mère qui pour moi est plus proche d’un mensonge que d’un secret. Mais en se projetant dans l’histoire, aurais-je réagi différemment ? C’était le choix d’Elizabeth pour espérer vivre enfin avec l’amour de sa vie. Avec du recul, je me dis qu’elle a eu raison.

J’ai découvert des épisodes de l’histoire que je ne connaissais pas comme celle des chiens errants (plus de 40 000 !) de Constantinople en 1910, capturés et emportés sur l’île d’Oxia en mer de Marmara…pour y périr. La plume de l’auteur ne fait aucun cadeau, plume de sang, acerbe, tellement.

Chienne d’histoire, peinture de Thomas Azuelos, court métrage d’animation de Serge Avédikina, palme d’or à Cannes en 2010, Sacrebleu production.

Certains passages m’ont choqué par la dureté des mots mais dans un tel contexte que peut-on espérer ? Oui, c’est un livre « inoubliable », certains passages resteront longtemps dans ma mémoire. Je regrette malgré tout que l’histoire d’amour entre Elizabeth et Armen n’ait pas été plus mise en valeur car elle avait sa place dans ce roman.

Pour en savoir plus…

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