Jan 192017
 

Ecrit par l’auteur français Fabien Clavel. Publié aux éditions Actu SF le 5 novembre 2015.


Résumé

« Paris, 1872. On retrouve dans une ruelle sombre le cadavre atrocement mutilé d’une prostituée, premier d’une longue série de meurtres aux résonances ésotériques. Enquêteur atypique, à l’âme mutilée par son passé et au corps d’obèse, l’inspecteur Ragon n’a pour seule arme contre ces crimes que sa sagacité et sa gargantuesque culture littéraire. À la croisée des feuilletons du XIXe et des séries télévisées modernes, Feuillets de cuivre nous entraîne dans des Mystères de Paris steampunk où le mal le dispute au pervers, avec parfois l’éclaircie d’un esprit bienveillant… vite terni. Si une bibliothèque est une âme de cuir et de papier, Feuillets de cuivre est sans aucun doute une œuvre d’encre et de sang. »


Mon avis

J’ai acheté ce livre il y a près d’un an et il est toujours resté dans le haut de ma PAL ! Il était temps qu’il en sorte mais je voulais me le réserver pour le bon moment !

Lorsque l’on attend de lire avec impatience un livre, qu’on le sort de la pile avec un amour infini et que la lecture est un échec, quelle immense déception… Rectification : ce roman est un excellent roman policier bien ancré dans son époque. Cependant, celui-ci a voulu se distinguer des autres œuvres steampunk « de gare » si je puis dire, grand mal lui en prit !

Dans sa préface, Monsieur Etienne Barillier écrit : « Est-ce que nous en sommes là, réduits à voir le mouvement se transformer dans sa propre parodie, avec des lunettes de protection sur un chapeau haut de forme ? Fort heureusement, il n’en est rien, ou du moins pas encore. Certes des auteurs exploitent sans vergogne le filon et appliquent la formule, se contentant d’une esthétique rétro-futuriste réduite à sa seule fonction de vernis. Il ne suffit pas de coller des engrenages en laiton sur un pistolet en plastique pour en faire un steamgun redoutable. Cela demande un peu plus d’efforts et de créativité. »

Je me suis sentie attaquée. Comment juger un auteur d’opportuniste parce qu’il met en avant corsets, brumes mystérieuses et robots dans une époque victorienne ? Je pense que les auteurs qui se penchent sur ce courant littéraire le font d’abord avec amour et parce que cela les passionne avant de passionner un potentiel lectorat. Moi j’aime et je recherche cela, des ladies qui cachent des armes complexes sous leurs collants et des chapeau hauts de forme surmontés de bésicles. Je pense que le steampunk est un courant certes parfois un peu bling bling mais les lecteurs aiment ça. En plus d’être un courant littéraire à part entière c’est un mode de vie dont le visuel est excessivement important, d’où l’impression de surenchère dans les livres, on se doit d’imaginer tous ces éléments.

Dans ce roman-ci, le steampunk est très vaguement exploité pendant tout le premier tiers du livre, on évoque la magie sans rien de bien concret. Le « filon » est davantage exploité par la suite lorsque l’on évoque l’éther ou les être surnaturelles. Monsieur Clavel exploite l’ether et non un robot super intelligent, cela fait-il de son oeuvre, une oeuvre plus intellectuelle ? Je ne pense pas. D’autant que le dernier tiers du roman me parait fortement inspiré de Sherlock Holmes et de son ennemi Moriarty. Je ne vois pas non plus ici, où est donc cette originalité qui le distingue d’une oeuvre dotée « d’une esthétique rétro-futuriste réduite à sa seule fonction de vernis ». 

Hormis cela, ce roman est en revanche extrêmement bien construit. Le terme feuillets renvoie très bien à la construction des chapitres sous forme de feuilletons. Un chapitre vaut une enquête et une année. Nous observons l’évolution de notre personnage principal et anti-héros, l’enquêteur Ragon. Ce dernier est un homme triste et bouleversé, atteint d’une obésité morbide il n’en reste pas moins l’un des meilleurs, de ceux qui résolvent des enquêtes rien qu’en observant le contenu d’une bibliothèque. Le livre apparaît presque comme un personnage à part entière, à chaque chapitre on nous présente différentes œuvres et auteurs de l’époque. A chaque enquête ce sont grâce aux livres que Ragon trouvera la clef de du mystère. Malgré toute l’empathie que pourrait susciter ce personnage il ne m’a pas ému et j’ai eu une petite overdose de l’éloge livresque. J’ai cependant beaucoup apprécié les déductions pertinentes malgré le manque de preuves tangibles. Digne pour le coup d’un héros comme Sherlock.

Ce qui me chagrine ce sont les propos de la préface et de l’épilogue. Le roman est tellement mis au dessus des autres que cet espèce d’égo m’a profondément agaçé. Présenté plus humblement, mon ressenti aurait été beaucoup plus élogieux car l’auteur possède une plume très intéressante.

Fabien Clavel

  2 Responses to “Feuillets de cuivre – Fabien Clavel”

  1. J’adore le steampunk, ma ta chronique vient de me faire réaliser que je ne l’ai toujours considérée que sur un plan esthétique, un « vernis » comme dit la préface. Je n’ai jamais plongé dans les entrailles du steampunk, je n’ai jamais particulièrement recherché une mise en scène et une utilisation pertinentes du genre. J’ai pourtant « La Bible du steampunk » à la maison, je devrais peut-être me pencher davantage dessus.
    En tout cas, chronique très intéressante et très bien traitée !

    • Peut-être que justement ce livre-ci t’intéresserait. Le steampunk est présent mais sans artifices. Les éléments sont présents dans l’histoire comme si cela pouvait réellement exister. A voir ! 😉

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