Juin 232017
 

Ecrit par l’auteur Pierre Rabhi. Réédité aux éditions Albin Michel poche le 24 avril 2017 puis aux éditions France Loisirs.


Résumé

« Pierre Rabhi est un homme en marche. Vers plus de solidarité, plus de fraternité. Vers ce point d’équilibre où l’humanité et le cosmos, les peuples du Nord et ceux du Sud, les sociétés qui meurent de leur gaspillage et celles qui s’éteignent dans la misère, devraient retrouver l’harmonie. Déchiré, dans son enfance algérienne, entre une origine musulmane et une éducation à l’occidentale, il fut le témoin de ces populations écartelées entre leurs traditions séculaires et la modernité. Travailleur immigré confronté au racisme et à l’absurdité de l’univers urbain, il parvint en compagnie de sa femme à exploiter une petite ferme cévenole, réalisant ainsi son rêve de retour à la terre. Fort de cette réussite, il chercha dès lors à transmettre son savoir-faire agronomique et lança en France, en Afrique noire et au Maghreb, de nombreuses initiatives visant à fertiliser les terres arides, à promouvoir une réconciliation entre les hommes et la Terre-Mère, et à inaugurer une autre éthique dans les échanges internationaux. Aujourd’hui devenu le prophète d’une « spiritualité concrète », ce pionnier d’une révolution écologique tranquille s’adresse aussi bien aux hommes en lutte contre la désertification de leurs terres qu’à ceux qui découvrent la désertification de leur âme. »


L’avis de Caïtelhor

          Auteur, philosophe et conférencier, Pierre Rabhi est l’initiateur du mouvement COLIBRIS. Il est reconnu expert international contre la désertification et est l’un des pionniers de l’agriculture biologique en France. Ce qu’on dit de lui : « De ses propres mains, Pierre Rabhi a transmis la vie au sable du désert. Cet homme très simplement saint, d’un esprit net et clair, dont la beauté poétique du langage révèle une ardente passion, a fécondé des terres poussiéreuses avec sa sueur, par son travail qui rétablit la chaîne de vie que nous interrompons continuellement (Yehudi Menuhin) ».

          Rabha Rabhi est né en 1938 dans une famille musulmane de Kenadsa en Algérie. Sa mère meurt de tuberculose alors qu’il n’a que 4 ans, Rabha sera confié par son père à un couple de français et c’est à l’âge de 16 ans qu’il se convertira au christianisme et sera baptisé du prénom de Pierre. « Et lorsque tous les signes de mes origines auront disparu, semblable à un animal rétif, je serai apaisé, rassuré et enfin complètement docile à la main de ma destinée. »

          Au travers de ce livre, on va suivre le parcours atypique de cet enfant qu’est Pierre, tiraillé entre deux mondes, deux cultures, deux religions. Il ne mangera pas de porc, ne boira pas de vin mais s’émerveillera devant le Père Noël, les voitures ou le tram ! On devient adulte avec lui, sa vie à Paris, sa rencontre avec Michèle et leur phénoménal projet : Créer une ferme biologique dans les Cévennes ! Quel volonté, quel courage, quelle obstination ! Un parcours qui mérite le respect, bel exemple !

J’ai lu ce livre avec beaucoup de bonheur car en plus de son parcours exemplaire, on découvre l’âme philosophique de Pierre Rabhi.  Comme beaucoup d’auteurs étrangers arabes, la plume devient légère, mélancolique et surtout explose de couleurs orientales. Chaque étape de sa vie, chaque situation vécue  a été pour moi une source de sentiments puissants. J’ai adoré la description faite de sa relation avec sa femme Michèle « Dans notre aventure, si j’ai donné le mouvement à la grande roue, Michèle a assuré la solidité de l’axe. Si j’ai été la voile, elle a été le mât. La femme est un principe rythmique, l’homme est la danse ». Je ressens l’écriture de Khalil Gibran, c’est magnifique.

          Il aborde aussi des sujets tels que l’agriculture organique, véritable combat de toute sa vie décrit avec tellement de passion mais aussi une journée de jeune en période de ramadan, du lever d’un soleil de plomb jusqu’à la rupture du jeune qui se termine par un thé à la menthe servi respectueusement comme il se doit. Il se voit confronté à l’abattage d’une bête (lorsqu’il doit nourrir sa famille bien sûr)  « Le regard de l’animal semble interrogateur, le couteau mord la peau qui s’ouvre, parfois un cri, un éclair de panique, puis viennent de longs soupirs avec le raidissement final ».  Il dira « J’ai tenu à donner ces détails car je ne peux accepter les horripilantes simagrées de ceux qui veulent donner des leçons de sensibilité, refusant de vivre cette inconfortable réalité mais sans se priver pour autant d’entrecôtes… » Il aura la même sensibilité pour parler de la naissance de ses chevreaux « Et voici que ce petit être qui, tout à l’heure, était captif d’une énorme glaire sur laquelle s’affairait sa mère avec sa langue et son souffle, est maintenant debout, lui-même affairé après une mamelle généreuse », la vie ou la mort, c’est avant tout la vie en soi.

          A lire pour les amoureux de la terre et de la poésie  tant par la qualité et la richesse des propos que par la plume de l’auteur. C’est un beau coup de cœur.

 

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