Juin 032017
 

Ecrit par l’auteur américain Shulem Deen. Publié aux éditions Globe le 01 mars 2017.

Un grand merci à la maison d’édition pour cette lecture.


Résumé

« Shulem Deen a été élevé dans l’idée qu’il est dangereux de poser des questions. Membre des skver, l’une des communautés hassidiques les plus extrêmes et les plus isolées des États-Unis, il ne connaissait rien du monde extérieur. Si ce n’est qu’il fallait à tout prix l’éviter. Marié à l’âge de dix-huit ans, père de cinq enfants, Shulem Deen alluma un jour un poste de radio – une première transgression minime. Mais sa curiosité fut piquée et le mena dans une bibliothèque, puis sur Internet, et ébranla les fondements de son système de croyances. Craignant d’être découvert, il sera finalement exclu pour hérésie par sa communauté et acculé à quitter sa propre famille. Dans ce récit passionnant, il raconte ce long et douloureux processus d’émancipation et nous dévoile un monde clos et mystérieux. Une expérience qui a propulsé l’auteur dans une remarquable carrière littéraire. »


Mon avis

Ce n’est pas évident de chroniquer ce type de récit, c’est un témoignage très fort mais c’est difficile d’aborder ce type de sujet de façon totalement neutre. Mon ressenti n’est bien sur que le mien et n’engage personne d’autre. 

Nous faisons la rencontre d’un jeune homme, membre de la communauté hassidiques des Skver. Cette communauté est considérée par les français (ailleurs je ne sais pas) comme une secte, tout comme la communauté Satmar. Elles font partie des communautés juives les plus extrêmes, nous sommes ici dans un quartier isolé à une heure de New York. Avant ce témoignage je ne connaissais absolument pas ces communautés et j’avais peine à croire que des quartiers tels que ceux-ci puisse exister. 

A 13 ans, Shulem Deen n’a plus eu le droit de s’adresser à une fille jusqu’à son mariage. Cela fait parti des règles très strictes que doivent respecter les membres de ces communautés. Parmi elles il y a le fait d’appliquer à la lettre la Torah et le Talmud ainsi que la parole transmise par les Rebes. Ils doivent évidemment manger casher et bannir de leur vie le quotidien des goy : ici, les américains lambda. Pas de télévision, d’ordinateur, de livre (hors livres religieux admis par la communauté), pas de remise en question sur ce qui est enseigné, pas de contraception, le droit de faire l’amour deux fois par semaine à sa femme, dans le noir le plus total et de façon très rapide, pas de plaisirs charnels fantasmés (même avec sa femme)… Ces hommes et ces femmes voient leur ligne de vie dictée par la communauté. Pas de jean ou de t-shirt, pas de musique impure, exit le Baseball…

©Aline Bureau

Mais Shulem va aller outre ces lois. Il va regarder la télévision, se connecter à internet et lire les livres interdits. Il va s’ouvrir au monde et comprendre qu’il n’y a pas une seule et unique façon de penser. Il va désirer cette nouvelle liberté et perdre peu à peu la foi.

Sa femme Gitty éprouve un peu de curiosité mais reste ferme, elle ne veut transgresser aucune loi. Elle va perdre confiance en son mari et redouter la pente sur laquelle il pourrait entraîner leurs cinq enfants. Ils sont mariés depuis 10 ans, puis 15 ans, ils ne s’aiment pas mais éprouvent beaucoup d’affection l’un pour l’autre. Shulem le confiera à une journaliste, s’il devait refaire les choses, il n’épouserait pas Gitty. C’est une mère formidable mais elle est aux antipodes de ce qu’il devient.   

Les événements se précipitent lorsque Shulem créé son propre blog. Il se dévoile, dévoile ses pensées et constate que d’autres Skver pensent comme lui, ils veulent s’émanciper, ne croient plus aux principes religieux enseignés. Lorsque son identité est découverte, il se retrouve banni de sa communauté. Au départ sa femme le suit avec ses enfants et puis leur relation s’étiole. Ils devront entreprendre des choix difficiles pour leur famille jusqu’au chaos qui régnera ensuite dans le cœur de Shulem. 

Ce récit est bouleversant, le parcours de Shulem vers la liberté est semé de nombreuses embûches. Longtemps il se demandera quelle place est alors la sienne dans la réalité du monde qu’il idéalise tant. Car il faut bien gagner son pain. De plus, le manque de ses enfants, aujourd’hui encore, reste la pire de ses épreuves. Malgré tout, il n’a jamais regretté.

J’ai été touché par son témoignage et j’ai adoré apprendre tout ce que ce récit nous offre de connaissances sur les mondes qui nous entourent. Une très belle lecture et une merveilleuse découverte. 

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