Mai 122016
 

Ecrit par les auteures françaises Vanessa Terral, Sophie Dabat et Morgane Caussarieu. Publié aux éditions du Chat Noir le 01 avril 2015.

Je remercie chaleureusement les éditions du Chat Noir ainsi que le forum Babelio pour cette lecture

Résumé

« Il existe des territoires où le progrès n’a pas encore éradiqué les vieilles croyances et leurs pratiques. L’Afrique, berceau de l’humanité, en fait partie.
Chamans, Mambos, Sangomas… Autant de sorciers qui œuvrent dans l’ombre à protéger les fidèles, mais aussi à réveiller les anciens Dieux, démons et loas.
Magie blanche ou magie noire, en dehors des frontières de ce continent, tel un serpent, discret et insinueux, elle se répand.
Ainsi, le jeune punk Mika sera initié malgré lui aux secrets du vaudou, en plein carnaval de la Nouvelle-Orléans, et devra composer avec l’esprit des morts, le terrible Baron Samedi et son armée de gamins buveurs de sang.
À Marseille, des meurtres rituels obligent le capitaine Dilaniti à renouer avec ses racines, le Swaziland, un pays sous dictature militaire où règnent encore les traditions liées au Muti, culte tribal qui vampirise la population.
Au Maghreb, les djinns, esprits nés d’un feu sans fumée, peuvent posséder les vivants. La grossesse avait chassé celui qui résidait en Leila. Entourée de son fils et de son mari, la jeune femme devrait être heureuse. Pourtant, un regard brûlant pèse sur son âme.
Trois auteurs reconnues de la nouvelle génération s’associent pour vous conter ces légendes africaines… À leur manière… Trois romans courts, violents et sans concessions, aux accents sauvages de ce continent insoumis. »

Mon avis

Ce livre me faisait vraiment envie depuis un long moment alors quand je l’ai vu en service de presse sur le forum Babelio lors de sa #massecritique du mois… Je n’ai pas hésité ! Debout à 7h pour voter et j’ai eu la chance d’être tiré au sort ! Encore merci !

Ce roman se divise en trois récits, ayant comme points communs les forces occultes, le mysticisme et la magie noire… Une grande première pour moi qui n’ai absolument jamais abordé ces thèmes en littérature.

Le premier texte est celui de Vanessa Terral, L’ivresse du Djinn.

L’auteure nous emmène ici au Maroc à la rencontre d’une belle jeune femme, Leila. Celle-ci, dans ses pensées va à l’encontre des rituels de sa famille, elle refuse le mariage, refuse d’être l’objet d’un homme. Elle rêve d’indépendance et de liberté. Un soir, lors d’un rituel avec sa tante elle fait une rencontre malfaisante avec un esprit, un Djinn. De là commence la déchéance de la jeune femme. Contrainte au mariage et à porter l’enfant de cet époux qui la viole chaque nuit, le Djinn en elle va s’affirmer de plus en plus. Cet esprit, né d’un feu sans fumée, veut posséder Leila et la posséder seul. Il se dressera contre chaque homme sur son chemin, mari ou enfant, en prenant possession de l’esprit de Leila. Elle agira de façon choquante et violente envers les siens allant jusqu’au bout de cette folie. Alors que l’internement ne lui sert à rien pour se débarrasser de cet esprit en elle, elle décide de fuir. Nous rencontrerons ainsi un autre personnage, Ouarda, une jeune chanteuse de cabaret.

J’ai vraiment aimé cette histoire, c’est très sombre, très provoquant. La plume est cruelle et nous montre la folie dans ce qu’elle a de pire. Le texte est très fort et nous apprend beaucoup de choses sur ces esprits, les Djinns. J’en suis ressortie chamboulée et mal à l’aise car on imagine mal ce genre de fléau à notre époque. La fin est assez inattendue voire touchante, l’auteure accorde le dernier point de vue à un personnage secondaire tandis que les aventures (mésaventures ?) de Leila perdurent par delà le désert… Le récit est très dépaysant et met notre imagination à rude épreuve ! Un coup de cœur !

Le deuxième texte est celui Sophie Dabat, La danse des roseaux.

Ici, direction Marseille aux côtés de Hlengiwe Dilaniti, capitaine de Police. La jeune femme originaire du Swaziland, au passé torturé se retrouve confrontée de nouveau au pire : un meurtre rituel. Une grand-mère est laissée pour morte, la langue coupée avec dans ses bras le cadavre d’un bébé d’à peine six mois, démembré, aux organes prélevés. Une horreur, du jamais vu dans la ville. Alors que ses camarades, tout comme son patron ne la prennent pas au sérieux quant à la nature de ce meurtre, elle se retrouve missionnée au Swaziland pour enquêter sur un crime identique. Un lien existe-t-il entre les deux ? De retour dans son pays natal, une vraie chasse à l’homme débute, confrontée à ses démons elle va tout faire pour faire cesser la tragédie qui pèse sur les descendants du roi.

Ce récit, tout comme l’autre est très fort, très cru. Les meurtres sont vraiment décrits d’une façon réaliste, trop réaliste ? C’est proche du gore mais j’imagine fort bien qu’un meurtre rituel s’accompagne d’une bonne dose d’hémoglobine. Encore une fois, on se sent mal. Gêné de fermer les yeux sur une forme de barbarie qui existe dans un grand nombre de pays, et peiné que l’actualité n’en parle jamais non plus. On découvre dans ce récit des traditions africaines qui font froid dans le dos. Chaque pays renferme bien sur son lot d’horreurs malheureusement. Ce texte est un vrai coup de cœur car il m’a fait faire des cauchemars ! Depuis Stephen King cela ne m’était pas arrivé !

Enfin, le dernier texte est celui de Morgane Caussarieu, Les enfants de Samedi.

J’ai cru au début qu’il serait celui qui me plairait le moins, peut être parce que comparé aux deux autres, l’intrigue avance plus lentement. Cependant ce ne fut pas le cas et au même titre que les deux précédentes histoires, celle-ci à aussi été un coup de cœur, peut-être même plus. Nous nous retrouverons à la Nouvelle-Orléan, plus grande ville de l’état de Louisiane, en compagnie d’un jeune punk qui rend visite au dernier membre de sa famille : une vieille tante aigrie et raciste dont il ignorait l’existence. Dans ce nouvel environnement il va découvrir le quotidien d’une population afro-américaine et la vie de sa tante au sein d’une plantation qui profitait jadis des esclaves. Il va se lier d’amitié avec une jeune femme qui va vite devenir une partenaire sexuelle de qualité. Cependant, le mauvais œil est sur lui et à ses dépends, il va aussi découvrir ce qu’est le vaudou et les mambos, des êtres liés à des esprits.

Le texte comporte des passages pour public averti ! Le langage sexuel est très osé mais cela renforce ce côté dérangeant qu’est le culte des esprits et les sacrifices humains qui lui est associé. Le Bawon Samdi est l’esprit qui prend possession de Mika, agréable avec les enfants noirs qu’il souhaite épargner, mais sans pitié envers les adultes, surtout si cela peut lui permettre d’assouvir des fantasmes érotiques et cruels. Les personnages m’ont ici davantage touché que dans les deux autres récits et j’ai beaucoup aimé la façon dont nous est dépeint cette ville très liée aux cultes obscures.

5_coeurs

En somme, ces trois auteures ont chacune été de véritables découvertes, j’ai vraiment envie de lire leurs autres parutions ! Première expérience de lecture également avec cette maison d’édition, je ne compte pas m’arrêter là désormais ! 😀

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